Ces derniers jours, une marionnette géante appelée Little Amal effectuant un voyage de la Turquie au Royaume-Uni a marché à Bruxelles pour sensibiliser la population au sort des réfugiés. Dans les jours qui viennent sera rendu le jugement d'un procès en appel où un policier demande l'acquittement, policier dont la balle a tué une petit fille lors d'une course-poursuite entre la police et une camionnette transportant des migrants, et condamné à un an de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Mons ...

Ces derniers jours, une marionnette géante appelée Little Amal effectuant un voyage de la Turquie au Royaume-Uni a marché à Bruxelles pour sensibiliser la population au sort des réfugiés. Dans les jours qui viennent sera rendu le jugement d'un procès en appel où un policier demande l'acquittement, policier dont la balle a tué une petit fille lors d'une course-poursuite entre la police et une camionnette transportant des migrants, et condamné à un an de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Mons en février dernier. Et ces jours-ci, Marie-Aurore D'Awans et Pauline Beugnies créaient au KVS Mawda ça veut dire tendresse, un éclairage théâtral très documenté sur l'affaire Mawda, toujours en cours donc, sur ses causes et ses conséquences.Soufiane Chilah, Aicha Cissé, Mieke De Groote, Thierry Hellin, Deborah Rouach, Leopold Terlinden, Melodie Valemberg, Sayf et Zakaria Hamdard (en alternance): ils sont huit sur scène, jeunes et moins jeunes, Flamands et francophones, de diverses origines, pour retracer les faits, depuis le Kurdistan irakien dont Shamdin et Phrast, les parents de Mawda, sont originaires, ayant fui leur pays où leur amour était interdit, jusqu'à chez nous, en Belgique, restituant des bribes du procès et livrant des extraits de PV, d'interviews et de déclarations dans les médias. Dans cette reconstitution, avec tous les acteurs et le public à leur suite embarqués dans la camionnette blanche, Mawda ça veut dire tendresse met particulièrement en évidence la manière dont la criminalisation -la déshumanisation, comme le souligne maître Selma Benkhelifa, dont les fils portent la parole sur scène - des migrants a pu influé sur le tir d'un policier ("tirerait-on sur un conducteur en état d'ivresse qui ne veut pas s'arrêter?") et sur la première version publique des faits, celle de l'enfant-bélier et de l'enfant-bouclier. Une version mensongère dénoncée par The Guardian et ensuite démentie officiellement, le substitut du procureur du roi reconnaissant enfin que "le décès a bien été occasionné par une arme à feu". Des collines lointaines au JT d'ici, de l'asphalte couvert de sang aux salles d'audience, le spectacle offre un autre regard, centré sur l'humain, sans s'interdire l'humour, pour qu'on tire les leçons, à tous les niveaux, de la mort d'une petite fille qui n'aurait jamais dû se produire.