Dans Rize, son documentaire de 2005, le photographe de mode et clippeur David LaChapelle dressait le parallèle esthétique, en juxtaposant des images de krumpeurs afro-descendants, dans leurs mouvements rageurs et leurs pantalons baggy, et celles de danseurs africains ornés des parures et peintures traditionnelles, et soulignait par ce rapprochement une généalogie marquée par l'oppression et la souffrance.

Ce lien, Awoulath Alougbin le donne elle à voir en danse, de manière plus apaisée sans doute -nous sommes à Bruxelles, et pas dans les quartiers chauds de L.A.- dans Aro Ilè ("la couronne de la maison", vu en générale) et dans une belle complicité entre les générations. La danseuse et chorégraphe d'origine yoruba, qui a fait partie du Ballet National du Bénin et qui a tourné à travers le monde en prenant part au fameux Sacre du Printemps noir de Heddy Malem, convie en effet ici deux jeunes danseurs de krump, Brandon Likiyo, alias MVFASA, et Femi Akanho, pour mettre leurs savoir-faire côté à côte.

Devant un écran où sont projetées des images de vagues et des voyages de synthèse jusqu'au coeur d'un arbre, sur la musique en live d'un Angelo Moustapha aussi à l'aise au miniclavier qu'à la batterie et au tama (le "tambour parleur" porté sous l'aisselle), le dialogue se noue entre l'ancestral et l'urbain contemporain, entre le sacré et le profane.

Et si les transitions mériteraient d'être affinées et que la tension retombe très brutalement après le climax énergétique, le chant épuré, la danse virtuose et la solidarité affirmée réchauffent sans faillir. Un spectacle se complète de trois courts métrages de Vinco Zierowan, visibles ici.

Aro Ilè : les 27 et 28 octobre au KVS, Bruxelles, www.kvs.be

Dans Rize, son documentaire de 2005, le photographe de mode et clippeur David LaChapelle dressait le parallèle esthétique, en juxtaposant des images de krumpeurs afro-descendants, dans leurs mouvements rageurs et leurs pantalons baggy, et celles de danseurs africains ornés des parures et peintures traditionnelles, et soulignait par ce rapprochement une généalogie marquée par l'oppression et la souffrance. Ce lien, Awoulath Alougbin le donne elle à voir en danse, de manière plus apaisée sans doute -nous sommes à Bruxelles, et pas dans les quartiers chauds de L.A.- dans Aro Ilè ("la couronne de la maison", vu en générale) et dans une belle complicité entre les générations. La danseuse et chorégraphe d'origine yoruba, qui a fait partie du Ballet National du Bénin et qui a tourné à travers le monde en prenant part au fameux Sacre du Printemps noir de Heddy Malem, convie en effet ici deux jeunes danseurs de krump, Brandon Likiyo, alias MVFASA, et Femi Akanho, pour mettre leurs savoir-faire côté à côte.Devant un écran où sont projetées des images de vagues et des voyages de synthèse jusqu'au coeur d'un arbre, sur la musique en live d'un Angelo Moustapha aussi à l'aise au miniclavier qu'à la batterie et au tama (le "tambour parleur" porté sous l'aisselle), le dialogue se noue entre l'ancestral et l'urbain contemporain, entre le sacré et le profane. Et si les transitions mériteraient d'être affinées et que la tension retombe très brutalement après le climax énergétique, le chant épuré, la danse virtuose et la solidarité affirmée réchauffent sans faillir. Un spectacle se complète de trois courts métrages de Vinco Zierowan, visibles ici.