Dans une vidéo postée sur son compte Instagram, l'artiste célèbre pour ses pochoirs satiriques ou subversifs, s'est glissé dans le manteau, et sous le chapeau, d'un peintre ambulant installant tréteaux et chevalet sur le quai d'un canal vénitien, sous l'oeil intrigué des badauds et des touristes.

Peu à peu, l'inconnu dévoile une série de neufs toiles qui, une fois réunies, représente un paquebot qui se fraye un passage au milieu de gondoles rappelant un Canaletto... Un anachronisme baptisé "Venice in oil" (Venise dans l'huile) qui semble vouloir dénoncer le tourisme de masse et les navires géants qui envahissent la Sérénissime.

L'artiste n'a pas été bien accueilli dans le Cité des Doges. La vidéo, déjà vue plus de deux millions de fois, montre ainsi l'arrivée de plusieurs policiers qui lui intiment l'ordre de déménager son installation: "Vous avez l'autorisation, ou vous partez", explique l'un d'eux. Banksy admet que son installation est illégale, le même policier lui dit alors: "Vous ne pouvez pas rester ici." Le dernier plan de la vidéo montre l'artiste poussant un gros caisson de bois, dans lequel sont rangés les morceaux détachés de son oeuvre. Au même moment, se dessine en arrière-plan un paquebot, bien réel cette fois, voguant en plein milieu du bassin de Saint-Marc, à 100m des quais.

L'artiste lance au passage une petite pique aux organisateurs de la Biennale de Venise, rendez-vous d'art contemporain qui s'est ouvert le 11 mai. "Bien qu'étant l'événement artistique le plus grand et le plus prestigieux au monde, je n'ai jamais été invité pour une raison quelconque", ironise-t-il dans son post.

Mais le plus connu des "streets artists" anonymes a, semble-t-il, marqué son passage dans la Cité des Doges par une autre de ses oeuvres: un graffiti apparu ces derniers jours sur un mur de la ville représentant un enfant migrant portant un gilet de sauvetage et brandissant une fumée de détresse rose.

Comme d'habitude, l'artiste n'a pas signé son oeuvre mais pour les internautes qui connaissent son travail l'identité de son auteur ne fait aucun doute, d'autant qu'il a laissé, là encore, une vidéo sur son compte Instagram pour l'authentifier.

Célèbre pour ses provocations, Banksy avait jeté le trouble dans le monde de l'art en octobre dernier en faisant s'autodétruire sous les yeux du public l'une de ses oeuvres juste après son acquisition pour 1,042 million de livres (1,185 million d'euros) chez Sotheby's, à Londres.