Ancien chercheur au FNRS, Serge Louis a en toute logique le besoin de comprendre chevillé au corps. Qu'il écrive un ouvrage sur la musique électronique ou le rap bruxellois, c'est plus fort que lui, il démonte tout afin que rien ne lui échappe. Pareil pour l'art urbain. Un beau jour -ou était-ce une nuit?-, son regard est attiré par une oeuvre réalisée au pochoir, sous-catégorie du street-art. Muet, ce ...

Ancien chercheur au FNRS, Serge Louis a en toute logique le besoin de comprendre chevillé au corps. Qu'il écrive un ouvrage sur la musique électronique ou le rap bruxellois, c'est plus fort que lui, il démonte tout afin que rien ne lui échappe. Pareil pour l'art urbain. Un beau jour -ou était-ce une nuit?-, son regard est attiré par une oeuvre réalisée au pochoir, sous-catégorie du street-art. Muet, ce territoire graphique peu théorisé a tout pour lui plaire: il décide donc de remonter à la source, c'est-à-dire aux artistes qui se cachent derrière. De son propre aveu, l'affaire n'est pas simple, avec ses contours d'illégalité. Nombreux sont les pochoiristes qui le prennent pour "un flic déguisé". Qu'à cela ne tienne, il s'entête, et pas seulement à Bruxelles. Il va voir aussi ce qui se fait à Paris ou à New York. Tant et si bien qu'il réunit une matière conséquente, soit une véritable somme sur le sujet croisant l'oeuvre de 17 artistes avec plus de 270 photographies illustrant cette pratique. Les murs ont la parole? Sans aucun doute. Louis tend le micro et se fait fort de livrer les mots, les idées de ces talents qui sont habitués à s'exprimer au travers des images. Impossible pour l'intéressé de ne pas publier, en autoédition s'il vous plaît, les confessions intimes de ces désobéissants qui choisissent " de se confronter au monde, de livrer des hypothèses" là où il est beaucoup plus facile de penser seul dans son coin. Le tout livre les contours d'un champ d'expression à mi-chemin entre le graff -dont les codes sont souvent hermétiques- et le tag -un genre maudit généralement associé au vandalisme. Bref, une sorte de troisième voie urbaine qui, en plus d'avoir l'avantage de la lisibilité, a ceci de spécifique qu'elle abouche la décharge d'adrénaline, en prise directe sur la réalisation in situ, à un temps plus long, celui de la préparation en amont de la matrice. L'auteur commente ici quatre oeuvres tirées de l'ouvrage.