"2018, année de la contestation"

01/10/18 à 10:45 - Mise à jour à 11:03
Du Le Vif Focus du 27/09/18

Cinquante ans après Mai 68, ce slogan ne sent-il pas le moisi? Non. Réactivé, le désir de s'opposer, inscrit à l'affiche de nombreux lieux de culture, culmine dans un événement phare programmé à la Centrale: Résistance.

"2018 marque les 50 ans de Mai 68. À cette occasion, nous lançons une année thématique inédite sous le nom de "2018, année de la contestation", l'occasion d'interroger, par le biais de la culture, l'héritage de Mai 68 et, surtout, les formes que prend la contestation aujourd'hui et ce qu'il en reste." Signée par l'Échevinat de la Culture de la Ville de Bruxelles, cette très officielle communication méduse. Dans le genre injonction paradoxale, "double bind" en anglais, difficile de trouver mieux. On connaissait "Soyez spontané!", il faut désormais compter avec "Révoltez-vous!". En mai dernier, l'artiste Laurent d'Ursel pointait déjà ce paradoxe par le biais d'une oeuvre qui s'avançait sous la forme d'une affiche: "Il est interdit de ne pas se révolter." Ambiance. Le tout accompagné d'un cartel pas piqué des vers. "La même Ville de Bruxelles réprime avec brutalité une nano manifestation pour le droit au logement le 21 mars 2018 (par exemple) et claironne 2018 "année de la contestation". Pire, elle orchestre dans ce cadre la "révolte" et de manière fort racoleuse: en faisant miroiter aux artistes une place dans l'exposition REVLT! . Moralité: toujours se demander comment, au moment d'un événement (en l'occurrence Mai 68), se fussent comportés ceux qui, après, surfent dessus", ironisait ce plasticien basé à Saint-Gilles.
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