Critique | Séries/Télé

Critique série : le tant attendu The Lord of the Rings : The Rings of Power

4 / 5
Ⓒ Ben Rothstein
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Titre - The Lord of the Rings : The Rings of Power

Réalisateur-trice - John D. Payne et Patrick McKay

Quand et où - Amazon Prime Video

Casting - Morfydd Clark, Robert Aramayo, Owain Arthur

Nicolas Bogaerts Journaliste

L’adaptation des récits antérieurs au Seigneur des Anneaux était attendue. Les premiers épisodes de The Rings of Power préfigurent une saga grandiose, servie par une réalisation époustouflante.

Depuis le temps qu’elle est annoncée, la série tirée de l’œuvre de J. R. R. Tolkien -déjà abondamment traitée au cinéma dans les deux trilogies de Peter Jackson, Le Seigneur des anneaux et Le Hobbit- a inspiré les pires augures. Mais ce Lord of the Rings: The Rings of Power, qui plonge dans la genèse de la saga, tient la promesse d’un récit épique, profus, maîtrisant la tension dramatique et les exigences d’un monde mythologique et héroïque scruté depuis des années par ses adeptes. Du moins sur la foi des deux premiers volets -la série se découvrira ensuite au rythme d’un épisode par semaine.

The Lord of the Rings: The Rings of Power

La tradition fantasy respectée

Après avoir défait Morgoth, le Seigneur des Ténèbres, les Elfes qui sont entrés en Terre du Milieu se méfient de la présence invisible des Orcs. À la tête d’une compagnie de guerriers elfes intrépides, la jeune Galadriel découvre que ces terribles ennemis arborent désormais le symbole de leur nouveau maître, Sauron. Si les oreilles en pointe se taillent la part du lion dans les premiers instants -le Haut Roi Gil-galad et Elrond sont notamment introduits-, la galerie de personnages et d’intrigues que présente la série signée John D. Payne et Patrick McKay (Star Trek Beyond) est foisonnante: Nori, Pied-velu qui rêve d’aventure; le prince nain Durin IV, les descendants de l’île disparue de Numeror, Elendil et Isildur -au rôle déterminant dans le destin futur de l’Anneau… Tous ont leur rôle à jouer dans le combat inévitable entre les forces de l’ombre et de la lumière, qui se déploie ici en détail, fidèle à la tradition fantasy. La présence au générique de la scénariste Gennifer Hutchison (Better Call Saul) explique en partie l’équilibre subtil entre fantastique, politique, bellicisme, humour, romances et autres trivialités composant cette fresque portée par un casting capable d’explorer en profondeur les arches complexes des personnages.

Les craintes d’avoir affaire à une série pompeuse sont très vites dissoutes. Grâce aussi à une réalisation majestueuse, la série tient le rythme imposé par l’immensité de l’œuvre de Tolkien, alternant plans contemplatifs, palabres garnis d’aphorismes, humour de prout et scènes d’action époustouflantes. Au final domine un spectacle visuel et narratif de l’ordre du grandiose. De fait, chacun des épisodes est un défi permanent à l’idée qu’une série puisse se contenter d’un téléphone ou d’une tablette. La stature de celle-ci ne pourrait par ailleurs s’inscrire dans l’étroitesse d’une consommation fugace.

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