Cannes, le film du jour (4): Mademoiselle de Park Chan-Wook, virtuose et sensuel

Park Chan-Wook. © AFP
Jean-François Pluijgers
Jean-François Pluijgers Journaliste cinéma

Avec Mademoiselle, du Coréen Park Chan-Wook, le cinéma de genre s’est invité dans la compétition cannoise, sous la forme d’un thriller érotique de la meilleure veine.

Situé dans les années 30, pendant l’occupation nippone, le film s’ouvre alors que Sookee, une jeune Coréenne, entre au service d’Hideko, une riche Japonaise vivant avec son oncle dans un manoir à l’écart du monde. Servante naïve en apparence, Sookee a toutefois d’autres desseins : pickpocket, elle a été engagée par un escroc se faisant passer pour comte afin de l’aider à abuser sa maîtresse et faire main basse sur sa fortune. ..

Adapté du roman Du bout des doigts, de Sarah Waters, Mademoiselle s’insinue au coeur de la relation unissant bientôt les trois personnages. Virtuose, la mise en scène sensuelle et racée de Park Chan-Wook dévoile un monde de faux-semblants, et si l’issue de l’affaire ne fait guère de doute, le jeu de manipulation(s) y conduisant est tout ce qu’il y a de plus délectable. Soit, traversé de tension sexuelle mais encore d’humour et de violence – on est chez Park Chan-Wook, après tout -, un thriller aussi élégant que jouissif. Et un film qui pourrait bien valoir au réalisateur coréen de figurer une troisième fois au palmarès, après le Grand Prix de Old Boy en 2003 et le Prix du jury de Thirst six ans plus tard.

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La piste aux étoiles

Du côté de Screen, c’est toujours Sieranevada, du Roumain Cristi Puiu, qui domine le classement du panel de critiques internationaux, avec une moyenne de trois étoiles (sur un maximum de quatre). Ma Loute, de Bruno Dumont, a pour sa part les faveurs de la presse hexagonale, qui lui octroie quatre palmes, deux de plus que Rester vertical, d’Alain Guiraudie, et I, Daniel Blake, de Ken Loach.

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