Critique | Cinéma

Buzz l’Éclair : que vaut le spin-off de Toy Story sur l’agent intergalactique ?

3 / 5
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Titre - Buzz l'Éclair (Lightyear)

Réalisateur-trice - Angus MacLane

Durée - 1h40

Nicolas Clément
Nicolas Clément Journaliste cinéma

La franchise Toy Story s’offre un spin-off de science-fiction qui prend la forme d’un divertissant cocktail d’humour et d’action. Sans plus.

Chez Pixar, c’est sûr, on a de la suite dans les idées. Il y a six ans, après avoir coréalisé Finding Dory, la suite de Finding Nemo, Angus MacLane, grand fan de science-fiction devant l’Éternel, pitche au fameux studio d’animation californien l’idée de construire un film entièrement autour de Buzz l’Éclair, personnage phare de la saga Toy Story. Le concept, à vrai dire, n’a rien de neuf. Dès 2000, en effet, Pixar et Disney sortent directement en vidéo le film Buzz Lightyear of Star Command: The Adventure Begins, spin-off qui servira lui-même à l’époque de pilote à une série télévisée (62 épisodes diffusés entre octobre 2000 et janvier 2001 sur UPN et ABC). Une grosse vingtaine d’années plus tard, MacLane réexploite donc exactement le même filon sous la forme d’un long métrage destiné cette fois au grand écran. Le principe est simple mais malin. Dans le premier Toy Story (1995), le jeune Andy recevait le jour de son anniversaire une figurine articulée d’astronaute dérivée de son film préféré. C’est précisément ce film choyé par l’enfant que MacLane s’est amusé à imaginer et réaliser. Dans Lightyear, Buzz l’Éclair n’est donc plus (ou plutôt pas encore) une simple figurine, mais bien un vrai héros de science-fiction. De chair et d’os, il n’en reste pas moins le jouet d’un destin pour le moins capricieux. En légendaire ranger de l’espace, il s’acharne à corriger le tir d’une mission ratée sur une planète hostile située à des millions d’années-lumière de la Terre. Flanqué d’une véritable équipe de bras-cassés, il doit en outre faire face au grand méchant Zurg et son armée de robots impitoyables…

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Manque de profondeur

Angus MacLane ne s’en cache pas: l’objectif premier de ce Lightyear est de rendre un hommage énamouré aux gros divertissements pop-corn de science-fiction dont il est particulièrement friand, de Star Wars à Armageddon. En ce sens, mission plutôt accomplie, le film trouvant le bon dosage entre humour et action au cœur d’une intrigue qui reste au fond très linéaire, jouant timidement des paradoxes temporels. En sauveur solitaire obnubilé par l’idée de réparer ses erreurs, Buzz s’y fait plus d’une fois voler la vedette par Sox, amusant chat-robot de compagnie. Peut-être aussi parce que son obsession butée pour la réussite amène Lightyear à développer un rapport assez répétitif et plaintif au concept même d’échec. Cherchant sans surprise à vanter les valeurs et la force du collectif face au spectre stérile de l’individualisme, le film se traîne un peu avant d’inverser enfin la tendance, invitant alors à apprendre à accepter ses faiblesses et la vie comme elle vient -pas comme on la planifie. Ce sursaut narratif tardif apporte du relief et du cœur à un ensemble qui en manquait jusque-là cruellement. Mais le problème demeure: en déficit de profondeur, Lightyear ne possède pas l’ampleur émotionnelle propre aux Toy Story. «Vers l’infini et au-delà», donc, mais pas trop quand même.

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