Critique | BD

La BD de la semaine: Swan – T. 3, Le Déjeuner sur l’herbe

3,5 / 5

Néjib, éditions Gallimard

Swan - T. 3: Le Déjeuner sur l’herbe

200 pages

3,5 / 5
Colin Bouchat Journaliste BD

On ne se rend plus compte du chemin parcouru par les artistes depuis le milieu du XIXe siècle pour se libérer des convenances. Cela dit, le scandale qu’a provoqué dernièrement la censure opérée par Facebook suite à la publication sur son réseau de L’Origine du monde de Gustave Courbet tente à démontrer que le combat n’est pas fini. Mais quelle était la situation des artistes en France à cette époque bouillonnante? Pour être reconnu comme peintre officiel et pouvoir exposer dans les institutions, il fallait être talentueux… et être un homme. Swan possédait la première “qualité”, mais pas la deuxième. Pour Scottie, son frère, c’était l’inverse. Ils intègrent pourtant ensemble la noble institution, Swan déguisée en homme.

Il ne sera pas fait ici mention des différentes intrigues ni de la raison de la présence à Paris de la fratrie new-yorkaise car un résumé très complet ouvre ce troisième et dernier tome. Cet ultime opus démarre avec l’arrivée d’outre-Atlantique du père qui, mis au courant du stratagème, décide de tout mettre en œuvre pour que Swan puisse remporter le fameux prix de Rome. Comme tout père (très) ambitieux, les moyens mis en œuvre sont tels qu’ils étouffent la jeune femme. Gravitent autour de ce trio fictif des peintres bien réels qui, par leurs actions rebelles, ont contribué à l’émancipation de la peinture. L’auteur et dessinateur franco-tunisien Néjib jongle habilement entre fiction et réalité avec une économie de moyens tout à fait remarquable, et ce, sans couleur! Les différentes (més)aventures vécues par les protagonistes offrent un très beau témoignage de cette période riche pour l’Histoire de l’art qui a vu naître la peinture moderne.

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