Critique | BD

Easy Breezy, une nouvelle belle pioche des éditions Çà et Là

3,5 / 5

Yi Yang, Çà et Là

Easy Breezy

184 pages

3,5 / 5
Olivier Van Vaerenbergh
Olivier Van Vaerenbergh Journaliste livres & BD

Le petit Yang Kuaikuai, bien que surdoué, n’a vraiment pas de bol. Il est déjà le martyr de sa classe et de ce sale petit voyou de Li Yu (devoirs un jour, baffes le lendemain), le voilà qui devient le seul témoin du vol d’une camionnette commis par le même Li Yu et son margoulin d’oncle Y, et se fait embarquer par le duo pour éviter de jacter. Et comme si tout ça ne suffisait pas, la camionnette a en plus été volée à un vrai criminel et kidnappeur qui à son tour les prend en chasse: la petite Yun Duo était encore dans la camionnette… Le quatuor se retrouve embarqué dans une folle course-poursuite de 184 pages dans les rues de Ben Xi, “petite” ville au nord-est de la Chine dont Yi Yang, autrice de ce premier roman graphique complètement ébouriffant, est originaire.

Installée à Bologne, en Italie, depuis ses études, elle mixe ici avec brio et beaucoup de singularité sa fougue, son goût du roman graphique alternatif européen et ses origines, marquées par sa ville, les mangas de Taiyô Matsumoto (Amer béton entre autres) et le traitement graphique des lianhuanhua chinois traditionnels. Un mix très moderne, qui s’avère ici particulièrement explosif et surtout haletant, construit sans le moindre temps mort. Les lecteurs, comme les protagonistes, auront du mal à y reprendre leur souffle tant ça court, ça dézingue, ça gicle, ça jure et ça crie littéralement dans tous les sens. Car autant prévenir: à la lecture d’ Easy Breezy, les ayatollahs de la lisibilité, de la ligne claire et du découpage en gaufrier risquent la crise d’épilepsie! Les autres apprécieront cette nouvelle belle pioche, à la fois alternative et internationale, des éditions Çà et Là.

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