Critique | Cinéma

Amsterdam: les folles années 30

3,5 / 5
AMSTERDAM © 2022 20th Century Studios. All Rights Reserved.
3,5 / 5

Titre - Amsterdam

Genre - Drame/Polar

Réalisateur-trice - David O. Russell

Casting - Christian Bale, Margot Robbie, John David Washington

Sortie - A partir du 28/12 sur Disney +

Durée - 2h15

Jean-François Pluijgers
Jean-François Pluijgers Journaliste cinéma

Margot Robbie, Christian Bale et John David Washington brillent dans Amsterdam, polar loufoque de David O.Russell dont le climax se situe dans les années 30 pour mieux résonner avec le présent.

Sept ans séparent Joy, le dernier film de David O. Russell, de Amsterdam. Entre-temps, c’est peu dire que le paysage cinématographique a sensiblement évolué, et c’est en streaming exclusivement que le public belge (à l’inverse du français par exemple) est invité à découvrir ce nouvel opus. Et cela, en dépit de son casting de luxe – dominé par le trio Christian Bale – Margot Robbie – John David Washington, aux côtés desquels l’on retrouve encore Robert De Niro, Anya Taylor-Joy ou… Matthias Schoenaerts -, et d’une mise en scène appelant le grand écran, support tout désigné pour la vaste fresque à laquelle s’attèle le réalisateur de Silver Linings Playbook.

L’histoire débute à New York en 1933, quand Burt Berendsen (Christian Bale) et Harold Woodman (John David Washington), un chirurgien et un avocat s’étant connus au front pendant la Grande Guerre, sont invités de manière pressante par une jeune femme à faire l’autopsie de son père, le général Meekins, sous les ordres duquel ils avaient servi. Elle ne peut croire à sa mort naturelle en effet, mais à peine veut-elle leur en expliquer les raisons qu’elle est poussée en-dessous d’une voiture, les deux hommes se voyant pour leur part soupçonnés du meurtre et pourchassés par une mystérieuse « organisation ». Le point de départ d’une intrigue tortueuse à loisir, que Russell va infuser de flash-backs lorsque, rescapés de la boucherie de 14-18, Burt et Harold rencontraient Valerie (Margot Robbie), une infirmière avec qui ils allaient nouer une amitié indéfectible dans l’insouciance joyeuse d’Amsterdam. Et celle-ci de resurgir à point nommé alors que leur enquête les plonge bientôt au coeur de la haute société new-yorkaise et de ce qui ressemble à un complot contre l’Amérique, sur arrière-plan d’une Europe en proie à la montée du fascisme…

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The Business Plot

S’il y a mêlé des éléments fictifs de son cru, David O. Russell s’est inspiré, pour Amsterdam, d’un complot avéré survenu en 1933 et connu sous l’appellation The Business Plot, qui avait vu de richissimes hommes d’affaires américains aux sympathies fascistes fomenter un coup d’Etat pour renverser le président Roosevelt. Un épisode ahurissant dont le réalisateur fait son miel, en restituant les tenants et aboutissants avec un décalage assumé, tout en instruisant un parallèle évident avec un passé très récent et une autre tentative de « Coup ».

Réjouissant, le résultat n’est pourtant pas totalement à la hauteur des ambitions affichées. Polar loufoque empruntant avec élégance à l’esthétique du film noir, Amsterdam a aussi tendance à s’éparpiller, au risque parfois de la confusion. Russell charge la barque à l’excès et son film, rutilant mais foutraque, flirte plus que de raison avec le déséquilibre. Mais sans y sacrifier pour autant son charme délicieusement vintage…

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