Unité 42, Burn After Reading, Le travail a-t-il un sexe?... 11 choses à voir à la télé cette semaine

17/11/17 à 14:15 - Mise à jour à 14:28

Source: Focus Vif

Des films, des séries, des documentaires... Le point sur ce qui vaut le détour à la télé, du 18 au 24 novembre.

CÉRÉMONIE DU PRIX DES INDÉS

Cérémonie présentée par Leïla Kaddour. ***

Samedi, 18/11, 23h30, France 4.

Unité 42, Burn After Reading, Le travail a-t-il un sexe?... 11 choses à voir à la télé cette semaine

© DR

Après une édition inaugurale l'an dernier qui avait ramassé à juste titre une volée de bois vert, les premières récompenses françaises exclusivement dédiées à la musique indépendante avaient déjà un peu plus d'allure cette année. Prix de l'album à Camille, prix de l'audace à Group Doueh et Cheveu, du live à Rone et du petit label (moins d'un million de chiffre d'affaires et de neuf employés) à Born Bad... Désolé pour le suspense. L'événement, sans doute pas assez ronflant (même pour la télé de service public), a eu lieu le 16 octobre à La Cigale et aura droit d'antenne ce... 18 novembre en fin de soirée sur France 4. Beaucoup de remerciements, des interviews sans grand intérêt et pas nécessairement la grande fête, mais quelques moments magiques aussi. Babx, prix du Jury, qui joue seul au piano son Alpiniste. Et Forever Pavot qui présente sa Soupe à la grolle. L'occasion de rappeler que les labels 100% indépendants comptent pour 80% de la production musicale française.

J.B.

THE BLACK PASS: BENOÎT DEBIE

Documentaire. ***

Samedi 18/11, 18h55, Plug RTL.

Benoît Debie

Benoît Debie © RTL

Une émission culturelle sur RTL qui laisse le temps aux gens de s'exprimer? C'est possible. Ça s'appelle The Black Pass et c'est sur Plug que ça se passe. Soit un magazine d'entretiens "qui fait la part belle aux personnalités coups de coeur" et profite des rencontres pour visiter les lieux qui sont chers à ses invités. Après s'être attardé sur le cas de Simon LeSaint, de Roscoe ou de Coralie Barbier (Mosaert), c'est aujourd'hui au tour de Benoît Debie (que nous rencontrions l'an dernier) d'être mis à l'honneur. En une petite demi-heure, le directeur photo belge qui a fait ses armes chez Megamix évoque sa trajectoire qui l'a conduit à travailler avec les plus grands, de Gaspar Noé à Harmony Korine, en passant par Ryan Gosling, Rihanna ou Nick Cave. De quoi donner de l'inspiration à tous les apprentis cinéastes du pays. À noter que tous les épisodes de The Black Pass sont également disponibles sur le site de Plug RTL.

K.D.

BURN AFTER READING

Comédie d'espionnage de Joel et Ethan Coen. Avec George Clooney, Brad Pitt, Frances McDormand. 2008. ****

Dimanche 19/11, 20h55, France 2.

Un analyste de la CIA (John Malkovich) est renvoyé. L'homme prend très mal la chose et entreprend d'écrire ses mémoires, potentiellement chargées de révélations. Comment un CD chargé d'informations destinées au livre tombera aux mains d'un duo travaillant dans le domaine du fitness (Brad Pitt et Frances McDormand), comment aussi un policier (George Clooney), amant de l'épouse de l'ex-agent de la CIA, se retrouvera mêlé à l'imbroglio qui suivra, Burn After Reading nous le narre sur le mode du plaisir le plus débridé. Rarement comédie d'espionnage aura réjoui comme celle des frères Coen, décidément imprévisibles et toujours aussi talentueux. Joué à merveille par des comédiens complices, une histoire de fous qui fait (beaucoup) rire, tout en posant un regard satirique sur un univers parano, absurde, où les secrets ne sont pas forcément bien gardés.

L.D.

UNITÉ 42

Série créée par Charlotte Joulia, Annie Carels et Julie Bertrand. Avec Patrick Ridremont et Constance Gay. ***(*)

Dimanche 19/11, 20h55, La Une.

Unité 42, Burn After Reading, Le travail a-t-il un sexe?... 11 choses à voir à la télé cette semaine

© RTBF

Plusieurs éléments nous permettent de nous réjouir de la diffusion d'Unité 42. Tout d'abord, c'est l'indice d'une bonne santé d'une fiction télé belge francophone qui commence doucement à prendre son envol, tout en restant ancrée dans des problématiques concrètes -pour le cas qui nous occupe, la cybercriminalité. Elle confirme également l'avènement d'une écriture collective (comme dans le cas de La Trève et Ennemi public) et -c'est important- pour le coup complètement féminine (Charlotte Joulia, Annie Carels et Julie Bertrand au scénario). Enfin, située à Bruxelles, la série suit les enquêtes en mode anti-héros de Samuel Leroy, flic veuf désoeuvré qui intègre une unité spécialisée en cybercriminalité, aux côtés d'une jeune idéaliste et hackeuse repentie, Billie Vebber. Patrick Ridremont dans le rôle de Sam et Constance Gay dans celui de Billie forment un duo contrasté dans la tradition des buddy cop movies. Lui, un peu empâté, qui aurait laissé griller Galilée sans sourciller, elle qui incarne les eaux troubles du Net et cette génération invisible qui hacke le monde et les individus du réel depuis leurs écrans et leurs codes cryptés. À mesure que les cas se succèdent, quelque chose prend forme au sein de ce binôme, dont l'évolution relationnelle est un des points forts d'une série qui n'en manque pas.

N.B.

THIRTEEN

Série créée par Marnie Dickens. Avec Jodie Comer, Aneurin Barnard, Valene Kane, Richard Rankin. ****

Lundi 20/11, 20h55, France 2.

Ivy Moxam vient de passer treize années prisonnière d'un kidnappeur fondu, récidiviste et dans les radars de la police, prénommé Leonard. La moitié de sa vie. La scène d'ouverture de cette série anglaise produite par la BBC, écrite par la jeune prodige Marnie Dickens, annonce un drôle retour à la vie. Paumée, blafarde, en nuisette, Ivy (Jodie Comer) marche pieds nus dans une rue résidentielle des plus banales. Puis se met à courir, à la recherche de secours. Disparue à treize ans, la voilà de retour à 26. Où aller, qui retrouver? Comment se reconnecter aux êtres perdus dont on ne sait plus rien, si ce n'est les bribes d'une mémoire douloureusement enfouie et périmée? Vraisemblablement inspirée par l'affaire Natascha Kampusch, proche dans sa philosophie de Rectify (qui raconte le retour d'un repris de justice après 19 ans de réclusion), Thirteen est un objet sidérant qui évoque de manière symbolique, métaphorique, les transformations de l'adolescence, souvent abruptes, fulgurantes et incompréhensibles pour l'entourage. Quand ce n'est pas avant tout pour l'ado concerné. Les curseurs de la vie intérieure d'Ivy, propulsée vers la liberté dans un corps de femme, sont resté calés sur ses treize ans. Elle traverse les premières affirmations, les premières incursions dans le monde de l'interdit et de l'exploration toujours prise entre ses deux âges. Son petit ami de l'époque s'est marié. Sa soeur ne croit pas qu'elle est qui elle prétend et exige un test ADN. Le périple initiatique qui attend chaque jeune lui a été dérobé, un autre lui a été imposé. Comment faire pour rattraper ce temps et ces expériences perdues? Effet miroir inévitable, la situation est également questionnante pour les adultes, qui ne peuvent s'empêcher de se demander si eux aussi ont franchi le seuil correctement, sans renier ce qu'ils étaient, leurs aspirations, se demander dans quelle mesure ils se sont compromis, ont renoncé. Recommandé.

Nicolas Bogaerts

LA FAMILLE ADDAMS

Comédie fantastique de Barry Sonnenfeld. Avec Anjelica Huston, Raul Julia, Christopher Lloyd. 1992. ***(*)

Lundi 20/11, 21h35, AB3.

Belle soirée consacrée à la plus monstrueuse et réjouissante des familles sur AB3, avec aussi -à 23 heures 15- le très réussi Les Valeurs de la famille Addams! Adapté des dessins du génial Charles Addams, La Famille Addams revenait dans l'actualité au début des années 90 sous la direction de Barry Sonnenfeld, brillant chef opérateur des frères Coen passant lui-même avec bonheur à la réalisation. Avec une Anjelica Huston spectaculaire en Morticia, la mère de famille, et le suave Raul Julia dans le rôle du père, Gomez, la maisonnée accueille aussi deux enfants (dont la précoce Mercredi, jouée par une Christina Ricci épatante) et quelques personnages secondaires mais mémorables comme un oncle prénommé... Fétide (Christopher Lloyd) et aussi La Chose, qu'il vaut mieux ne pas tenter de décrire. Amateurs d'humour noir et décalé, ne manquez sous aucun prétexte un régal de soirée!

L.D.

LE TRAVAIL A-T-IL UN SEXE?

Documentaire de Martin Meissonnier. ***(*)

Mardi 21/11, 22h10, La Une.

Unité 42, Burn After Reading, Le travail a-t-il un sexe?... 11 choses à voir à la télé cette semaine

© DR

"Bien sûr, les femmes doivent gagner moins que les hommes. Elles sont plus faibles. Elles sont plus petites. Elles sont moins intelligentes. Elles doivent gagner moins. C'est tout." Bienvenue dans l'Âge de pierre. Et bienvenue aussi à la tribune du Parlement européen. Ces mots sont du député polonais Janusz Korwin-Mikke et datent seulement du 1er mars dernier. Le flippant bonhomme a été suspendu pendant dix jours, privé d'un mois d'indemnités et ne peut représenter l'institution pendant un an. En attendant, l'histoire en dit long sur une époque où parité, mixité et égalité professionnelles sont encore de gros mots. "On est en train de demander aux hommes qui sont logés depuis toujours sur la plus haute branche du plus grand arbre de la forêt, qui ont la plus belle vue sur la savane, de soit couper la branche, soit la partager", explique un psychologue. Le changement ne se fera pas sans mal. Il existe pourtant une forte corrélation entre la présence d'une femme dans le top management d'une entreprise et ses bénéfices financiers. Ce passionnant documentaire de Martin Meissonnier (Le Bonheur au travail) interroge Stephanie Shirley, une Anglaise qui a lancé son entreprise informatique dans les années 60 (elle se faisait appeler Steve et a inventé le télétravail) et a engagé des femmes diplômées alors inemployables parce que mères de famille. Mais aussi la chef d'orchestre Claire Gibault ou encore un père au foyer... La révolution est en marche.

J.B.

HISSA HILAL. UNE VOIX DERRIÈRE LE VOILE

Documentaire de Stefanie Brockhaus et Andreas Wolff. ***(*)

Mercredi 22/11, 22h30, Arte.

Unité 42, Burn After Reading, Le travail a-t-il un sexe?... 11 choses à voir à la télé cette semaine

© DR

Sur la chaîne publique des Émirats arabes unis, l'émission Million's Poet investit l'argent du pétrole dans la cadence et les rimes. Ce programme, sorte de télé-réalité de la métrique littéraire, rassemble plus de 70 millions de spectateurs, unanimement ébaubis devant l'envoûtant art ancestral de la poésie Nabati, cette expression spontanée de la parole publique pratiquée dans tout le désert arabique. Tout droit venue de l'Arabie saoudite, où le système de tutelle imposé aux femmes reste sévèrement d'actualité (conduire, travailler ou étudier sans l'autorisation d'un homme est banni), Hissa Hilal a osé croquer le fruit défendu de la poésie et a fait de sa participation un engagement politique résolument moderne. Son art, éloquent, éclairé et instruit, au mépris de virulentes et rétrogrades polémiques et menaces de tous bords, a littéralement déraciné quelques certitudes profondément ancrées dans l'opinion. Ce providentiel et inspirant documentaire de Stefanie Brockhaus et Andreas Wolff nous rappelle combien quelques mots résolument acérés demeurent la plus effilée des lames.

M.U.

QUAND LES DIGUES SE BRISENT

Série créée par Johan Nijenhuis. Avec Gijs Scholten van Aschat, Janni Goslinga, Simone Milsdochter, Daisy van Praet. ***(*)

Jeudi 23/11, 21h00, Be 1.

Unité 42, Burn After Reading, Le travail a-t-il un sexe?... 11 choses à voir à la télé cette semaine

© VRT

Co-produite par la VRT, cette chronique d'une tempête biblique annoncée colle avec notre période de bouleversements climatiques. Alors qu'Hollywood se saisit régulièrement de cette arlésienne de fin du monde, la série néerlandaise applique la philosophie glocal ("local is global") et observe la Flandre et les Pays-Bas se faire avaler par la marée du siècle, prévue depuis belle lurette par la communauté scientifique. Toute la zone côtière est menacée et la population est prise entre les tergiversations politiques, le cynisme des opérateurs touristiques qui hésitent entre sauver des vies ou 17 millions de manque à gagner, et l'illusion que le plan Delta, imaginé aux Pays-Bas après la grande tempête de 1953, retiendra la fureur des flots. Tout se joue en quelques heures, au cours desquelles les scénaristes varient les points de vue, posent des questions humaines essentielles et montrent une galerie de personnages saisissante de diversité. La catastrophe est rendue avec un réalisme étonnant au vu des moyens modestes prévus pour les scènes plus classiques.

N.B.

FRANCE-BELGIQUE

Finale de la Coupe Davis.

Vendredi 24/11, 13h30, La Deux.

Unité 42, Burn After Reading, Le travail a-t-il un sexe?... 11 choses à voir à la télé cette semaine

© DR

Fin de saison historique pour la Belgique du tennis. Alors que David Goffin devenait il y a quelques jours notre premier représentant à entamer les Masters (il y avait disputé une seule petite rencontre l'an dernier en remplacement de Gaël Monfils, blessé), l'équipe dirigée par Johan Van Herck affrontera ce week-end la France à Lille en finale de la Coupe Davis. Battue au dernier stade de l'épreuve par le Royaume-Uni en 2015, comme ça avait déjà été le cas en... 1904, nos représentants parviendront-ils enfin à soulever le saladier d'argent? Pour y arriver, dans un stade Pierre Mauroy surchauffé (27 000 places, 10 % de Belges), face aux Tsonga, Gasquet, Pouille et autre Benneteau, David Goffin devra justifier sa toute fraîche 8e place mondiale et Steve Darcis sans doute créer l'exploit, lui qui a toujours été capable de se transcender sous le maillot national. Un excitant week-end de tennis en perspective.

J.B.

DOUBLE VIE: PETITE HISTOIRE DE LA SEXUALITÉ EN URSS

Documentaire d'Inara Kolmane. ***(*)

Vendredi 24/11, 22h30, La Une.

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© DR

Le communisme a souvent fait preuve de méfiance et même d'hostilité face au libre exercice de la sexualité. Inara Kolmane se demande comment le système de reproduction et la vie érotique ont survécu durant 70 années d'Union soviétique. Elle remonte à la révolution d'Octobre dans le premier pays à décréter l'égalité entre les hommes et les femmes ("au départ, tout était à tout le monde, en ce compris la beauté du corps, exposée à tous vents") pour, de Riga à Kiev en passant par Saint-Pétersbourg, raconter la vie sexuelle des Russes. Masturbation, adultère, avortement et homosexualité hors la loi sous Staline (le corps tout entier devait être au service du communisme). Dégel avec Khrouchtchev, protestation par le sexe sous Brejnev et révolution sexuelle à l'ère Gorbatchev: sexologue, historien spécialiste de la mode, scénariste cinéaste, philosophe journaliste, gynécologue, photographe, musicien ou encore éditrice de journaux érotiques lèvent le voile sur une histoire tumultueuse, souvent absurde et parfois barbare...

J.B.

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