Une enfance volée: l'affaire Finaly

05/12/11 à 11:55 - Mise à jour à 11:55

En 1944, Robert et Gérard Finaly sont tous deux cachés dans une crèche de Grenoble, alors que leurs parents, réfugiés juifs autrichiens, meurent en déportation.

UNE ENFANCE VOLÉE: L'AFFAIRE FINALY, TÉLÉFILM DE FABRICE GÉNESTAL. AVEC CHARLOTTE DE TURCKHEIM, PIERE CASSIGNARD, ELIZABETH MACOCCO. ***

Une enfance volée: l'affaire Finaly

© Fleur Arens Prod

En pleine Seconde Guerre, à Grenoble, une famille de Juifs autrichiens tente d'échapper aux brimades de l'occupant. Ce sont les Finaly. Se sentant -à raison- menacés, les parents confient leurs 2 tout petits garçons à une amie, qui les remettra à un couvent. Celui-ci ne pouvant s'occuper d'eux, décide de les confier à une résistante notoire, directrice de crèche et catholique fervente, Antoinette Brun. Arrêtés par la gestapo et déportés à Auschwitz, Fritz et Annie Finaly mourront avant la fin de la guerre.

Lorsque la paix revient en Europe, la tante des garçonnets souhaite les récupérer, et les emmener vivre en Israël. C'est sans compter sur l'attachement (réciproque) d'Antoinette Brun à ses bambins ad interim, qui s'opposera farouchement à leur expatriation. D'abord en les faisant baptiser selon le rite catholique, ensuite en se mettant hors-la-loi en refusant de les présenter à la justice.

La société civile est en émoi, elle se positionne pour ou contre "maman Brun", le clergé s'en mêle, l'affaire prend une dimension nationale et même internationale.

Le rôle de sa vie

Très classique dans sa mise en images, ne s'éloignant pas sensiblement des canons du téléfilm français (linéaire, chronologique, dépouillé d'effets), Une enfance volée: l'affaire Finaly a au moins 2 mérites. Il rappelle en effet à notre bon souvenir un pan de l'Histoire étonnant qui a vu s'affronter juifs et catholiques au sortir de la guerre. Et il offre à une Charlotte de Turckheim méconnaissable ce qui est peut-être son meilleur rôle.

Sous les traits arides d'une vieille dame dont l'obstination confine à l'acharnement thérapeutique à propos d'une cause perdue, la comédienne démontre qu'elle n'est pas qu'une amuseuse friande de navets; mais également une actrice qui sonne juste, simplement, sobrement.

Myriam Leroy

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