The Killing

23/09/11 à 14:15 - Mise à jour à 14:15

Adaptée sur AMC pour les besoins du marché américain, cette intense série, danoise à la base, garde tout son sel de l'autre côté de l'Atlantique

The Killing

© BeTV

Question: en 2011, a-t-on encore le droit de fabriquer des séries policières sans renouveler le genre? Réponse, oui, et même parfois, c'est très bien. C'est le cas de l'excellente surprise The Killing (AMC), l'adaptation d'un feuilleton danois auréolé d'un Bafta (les Golden Globes britanniques) de la meilleure série, devant les valeurs sûres Boardwalk Empire, Mad Men et Glee. The Killing est une sorte de mix entre Twin Peaks (pour l'intrigue), Rubicon (pour l'obscurité), The Wire (pour la multiplication des points de vue) et 24 heures chrono (pour le suspense). Un cocktail diablement addictif, qui donne envie de rogner sur ses heures de sommeil. Ingrédient de base: Rosie, 17 ans, lycéenne de Seattle, qui disparaît un soir de bal avant d'être retrouvée ligotée et noyée dans un coffre de voiture.

La police mène l'enquête, et c'est Sarah Linden qui prend l'affaire en charge. Elle était censée prester son dernier jour à la crim', elle voulait juste donner un coup de main, mais ce cas va l'avaler toute entière. Jusque-là, rien de bien exceptionnel ni sur le fond, ni sur la forme. Sauf que l'on va vite se rendre compte que Rosie n'est peut-être pas l'enfant de choeur dépeint par ses proches, que pas mal de monde avait intérêt à ce qu'elle disparaisse, et qu'on va s'intéresser non seulement à l'investigation policière, mais aussi aux dommages collatéraux de ce meurtre sur la famille de l'adolescente, ainsi qu'à ses répercussions politiques.

Sacrée gueule

Un récit bâti par cercles concentriques qui balaye tous les aspects d'un drame. C'est un thriller, c'est un mélo, c'est un jeu de pouvoir... Le Cluedo est d'une rare subtilité. Et le colonel Moutarde, le docteur Olive et les autres sont tout à fait remarquables. Cependant, un personnage leur fait de l'ombre, la fliquette Sarah Linden, interprétée par Mireille Enos, une rouquine avec une tronche incroyable, une vraie gueule cassée (vue notamment dans Big Love sur HBO), qui devrait connaître la gloire (rien de moins) grâce à ce rôle.

Jouée à la perfection par des comédiens fascinants, esthétiquement très travaillée -dans des tonalités de gris-, brillamment sonorisée, la série fait dresser les poils et courir des frissons sur l'échine. Une petite merveille appelée à connaître une suite: une deuxième saison est en préparation. Espérons qu'elle s'attachera à répondre aux questions laissées en suspens par le stupéfiant final de la première.

Myriam Leroy

THE KILLING, UNE SÉRIE AMC. AVEC MIREILLE ENOS, BILLY CAMPBELL, JOEL KINNAMAN. ****

Ce lundi à 20h50 sur BE 1.

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