Tant qu'il y aura des hommes

30/08/10 à 10:48 - Mise à jour à 10:48

Eté 1941. Un ancien boxeur est affecté dans un régiment de Pearl Harbour. Son supérieur lui demande de remonter sur le ring, mais il refuse, traumatisé d'avoir rendu aveugle un ancien adversaire. Il devient alors la tête de turc de ses camarades.

Tant qu'il y aura des hommes

© Columbia Pictures

Injustement oublié aujourd'hui, Fred Zinnemann fut en son temps un cinéaste considéré comme majeur. Et ce grâce essentiellement à deux films aussi marquants que populaires: un western, Le Train sifflera trois fois (avec Gary Cooper, en 1952), et un mélodrame de guerre qu'Arte a eu la bonne idée de programmer ce soir.

Tant qu'il y aura des hommes nous emmène à Honolulu, à l'été 1941, celui qui verra l'attaque japonaise sur Pearl Harbour et l'entrée des Etats-Unis dans la seconde guerre mondiale. Ex-boxeur professionnel, Robert Prewitt est appelé sous les drapeaux et rejoint son régiment stationné sur l'île du Pacifique. Warden, son sergent instructeur, va vouloir le faire remonter sur le ring, mais il refusera, trop marqué qu'il est par la cécité d'un adversaire, qu'il a involontairement provoquée durant un combat, et qui l'a poussé à raccrocher définitivement les gants. Pour résultat, il se retrouvera en butte à des brimades, tandis que son ami de garnison Maggio sera carrément persécuté par un autre sous-officier sadique...

Le film montre comment un homme moralement blessé subit une réalité dégradante, qui le fera finalement réagir violemment, avant que l'agression nippone ne le ramène à son devoir de soldat et une autre forme de violence, collective celle-là... Un propos interpellant, scénarisé de remarquable manière par Daniel Taradash (adaptant le roman de James Jones) et mis en scène avec force par un Zinnemann jouant de cordes parfois ouvertement mélodramatiques.

Pluie de récompenses

Tant qu'il y aura des hommes remporta la bagatelle de huit Oscars: meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur script, meilleur montage, meilleure image, meilleur son, meilleur acteur dans un second rôle (Frank Sinatra) et meilleure actrice dans un second rôle (Donna Reed). Sa très belle distribution reste un des atouts majeurs du film, avec un Sinatra poignant dans le rôle de Maggio, face à l'agressivité bestiale du Sergent Judson (Ernest Borgnine). L'introverti Montgomery Clift joue un Prewitt meurtri de façon intense et très Actor's Studio, tandis que Burt Lancaster déploie sa puissance et sa présence dans le rôle de Warden. Côté féminin, Deborah Kerr vibre à l'unisson du personnage de Karen, épouse d'officier supérieur et maîtresse du sergent Warden, Donna Reed campant joliment Alma, une "hôtesse" de bar. L'ensemble a sans aucun doute quelque peu vieilli, mais reste un spectacle captivant.

Tant qu'il y aura des hommes, 20.35 sur Arte.

Drame de Fred Zinnemann, avec Burt Lancaster, Deborah Kerr, Montgomery Clift. 1953.

Louis Danvers

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