Spécial Takeshi Kitano

08/04/10 à 16:02 - Mise à jour à 16:02

Ca frustre... Mais ce n'est que partie remise -en supposant qu'Arte gomme le couac pour ce soir - : lumineuse et bien urbaine, l'idée de la chaîne franco-allemande de nous envoyer en primeur son Tracks spécial Kitano s'est évidemment révélée bien moins folichonne en l'absence de... sous-titres.

Spécial Takeshi Kitano

© Bandai Visual

23.45 sur ARTE

L'inimitable voix du maître tokyoïte a beau véhiculer de grands raisonnements et de franches émotions, soyons honnêtes: notre connaissance très sommaire (pour ne pas dire complètement transparente) du japonais nous a fait rater l'essentiel du discours de l'extraordinaire "Beat" Takeshi. Cela frustre donc... D'autant qu'avec Sonatine , Dolls , Zatoichi, ou Hana-Bi , Kitano le protéiforme s'était de longue date incrusté profond dans nos cinéastes favoris.

FAKE?

Qu'à cela ne tienne, Tracks part à la rencontre de cet artiste forcené et pressé, peintre et animateur télé, acteur et écrivain, metteur en scène de génie aussi enthousiasmant que productif: on se rappelle d'une interview (traduite, celle-là) où Kitano prétendait qu'il ne perdait jamais de temps sur un tournage, et que quand un acteur n'arrivait pas à livrer l'émotion attendue, il le filmait tout simplement... de dos.

Le magazine culturel croque ce parcours atypique de superstar adoubée par la critique, complètement potache à ses heures et grave, touchante ou visionnaire à d'autres. Le personnage Kitano fait office de fil rouge dans une émission qui, sur un pic de bois embrasé, compile une brochette assez inouïe d'artistes japonais plus contestataires, subversifs ou dingues les uns que les autres.

Le portrait du photographe Nobuyoshi Araki vaut, à ce titre, assurément le détour: atteint d'un cancer incurable, l'un des papes de l'érotisme sur pellicule se marre à grandes dents de sa maladie, traitant au passage Kitano de "fake" couvert d'un masque qui cache la vérité. Ou comment, au Japon, concilier un formalisme professionnel plutôt plus extrême et une créativité rentre-dedans vachement interpellante.

Guy Verstraeten

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