Salvador Dali, génie tragi-comique

18/01/13 à 15:11 - Mise à jour à 15:11

Nous avions déjà parlé de ce documentaire voici quelques semaines. Mais sa programmation, à une heure très matinale sur France 5, nous laisse penser qu'une séance de rattrapage pourrait se révéler fort utile. C'est ce que propose La Trois, avec cet essai sur cet étrange personnage.

Salvador Dali, génie tragi-comique

© DR

De François Lévy-Kuentz. Ce samedi 19 janvier à 21.05 sur la Trois.

Un peintre d'exception, certes, mais un être humain aussi farfelu que difficilement cernable. Le parcours de Dali nous est ici exposé sur la douce voix tombante de Michael Lonsdale, laquelle se balade à travers d'intenses images d'archives. Intenses, parce que Dali l'était furieusement. A la limite de la folie d'ailleurs. Auteur de quelques-uns des tableaux les plus impressionnants du XXe siècle, le fantasque Catalan a largement dépassé le statut d'artiste pour embrasser celui largement plus casse-gueule, de freak médiatique. Devenu une sorte de bête de foire télévisuelle sur les dernières décennies de son parcours, Dali a fini par lasser. Et si, dans le chef d'un tel génie de la peinture, on peut difficilement parler de "perte de crédibilité", son image s'en est trouvée quelque peu écornée. Tout porte à croire, cela dit, qu'il s'en moquait un brin: anarchiste et maître provocateur, Dali n'a eu de cesse, de son adolescence (il explique qu'il se jetait dans les escaliers pour attirer l'attention) à ses derniers souffles, de se faire remarquer. Par tous les moyens. Notamment le plus noble, l'art.
Ce documentaire classique mais dynamique nous entraîne un peu partout dans sa vie, de ses débuts avec Buñuel (Un chien andalou, gros coup de poing artistique) à l'engagement surréaliste, en passant par sa passion frénétique pour Gala, "chipée" à son ami Eluard. Un quart de siècle après sa disparition, cette évocation de l'un des plus formidables personnages de l'art moderne méritait qu'on s'y attarde.

GUY VERSTRAETEN

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