Quai des Belges - Marc Moulin: Comme à la radio

18/08/10 à 16:00 - Mise à jour à 16:00

Le portrait fluide et soigné qu'ARTE Belgique consacre à Moulin, dans ce numéro spécial de Quai des Belges met les nombreux témoins devant le même micro pour raconter le trajet d'un homme réellement hors du commun.

Quai des Belges - Marc Moulin: Comme à la radio

© Philippe Mathijs

23.25 sur LA DEUX - DOCUMENTAIRE DE SERGE BERGLI.

"Il voulait casser un peu les frontières académiques, je l'entendais aussi dans les harmonies qu'il utilisait." Ainsi parle Bert Joris, trompettiste intégréà la dernière partie de la carrière de Marc Moulin, celle des 3 albums jazz-soul sortis chez Blue Note entre 2000 et 2007. La première (carrière), c'est quand l'étudiant universitaire qui découvre Oscar Peterson à "sept, huit ans", réalise que le jazz va être, de fait, l'un des grands amours de sa vie. L'autre sera évidemment la radio à laquelle sa superbe voix basse, intime et enrôleuse, semble naturellement destinée. Il ira de l'un à l'autre, emmenant ses rêves musicaux dans des émissions qui rénovent la radio des années 60-70 (Cap de Nuit, King Kong) et finissent mêmepar imposer avec Radio-Cité un nouveau type de programmation transgénérationnelle.

Un type qui doute

Le portrait fluide et soigné qu'ARTE Belgique consacre à Moulin, dans ce numéro spécial de Quai des Belges (il s'agit ici d'une rediffusion du film programmé en septembre dernier), met les nombreux témoins devant le même micro -radiophonique- pour raconter le trajet d'un homme réellement hors du commun. Le genre de personne qui "va amener la culture noire à la RTBF", comme le précise Michel Gheude, renvoyant clairement à une époque où celle-là a encore une véritable vocation de service public. Moulin était éclectique de nature et ce doc d'une heure et quart rend parfaitement bien sa nature polymorphe.

Celle-ci est musicale et radiophonique -on l'a dit- mais s'attaque aussi aux moeurs contemporaines via des billets pour Moustique, des pièces de théâtre et de saillantes croisades humoristico-sémantiques au Jeu des dictionnaires et à La Semaine infernale. "C'est un type qui doute vraiment beaucoup", dit Jacques Duvall, l'un de ses amis. Dans ce cas-là, c'est sûr, le doute a -magnifiquement- payé.

Philippe Cornet

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