Netflix booste sa production de séries européennes

02/03/17 à 10:58 - Mise à jour à 11:09

Source: Afp

La plateforme américaine de vidéos en ligne accélère sa production de séries en Europe, leur offrant une audience encore plus grande en dehors du Vieux Continent, a expliqué mercredi à Berlin son patron, Reed Hastings.

Netflix booste sa production de séries européennes

Las chicas del cable (Cable Girls), série originale Netflix espagnole. © Manuel Fernandez-Valdes/Netflix

"Quand nous produisons un contenu européen, il ne trouve pas seulement une audience importante en Europe, mais plus des deux tiers des visionnages se font en dehors de l'Europe: en Amérique du Nord, en Amérique latine, en Asie", a expliqué Reed Hastings, venu présenter les dernières productions européennes du groupe.

Celui qui a fondé il y a 20 ans Netflix, au départ un système de location de DVD, s'est réjoui de "créer une audience mondiale pour des productions locales".

C'est notamment le cas pour la série française Marseille, portée par Gérard Depardieu et dont le tournage de la deuxième saison doit débuter le 18 avril avec de nouveaux personnages, dont "une jeune femme d'extrême droite, membre du 'Parti Français'", indique Netflix.

Après avoir été récompensé aux Oscars pour le documentaire Les Casques blancs, Netflix mise plus que jamais sur la production de séries, films, spectacles ou documentaires avec un budget dédié de 6 milliards de dollars pour 2017.

Connu pour les séries House of Cards, Orange Is the New Black ou Narcos, le groupe a investi depuis 2012 1,75 milliard de dollars en Europe dans des productions ou co-productions originales ou dans des achats de droits.

Le nombre de productions originales européennes s'élève à plus de 90, avec à venir la première série allemande du groupe Dark, attendue pour décembre, l'italienne Suburra et l'espagnole Las chicas del cable, dont une deuxième saison est déjà annoncée. "Et nous commençons tout juste", a assuré Reed Hastings.

Outre des co-productions avec BBC One (Troy: Fall of a City) et BBC Two (Black Earth Rising), Netflix a annoncé aussi sa première co-production avec Canal+ pour The Spy.

"Les contenus locaux sont clés pour le succès de Netflix", a soutenu Irina Kornilova, analyste du cabinet IHS Markit, qui prévoit qu'en 2021, 60% des abonnés à la plateforme seront hors des Etats-Unis, contre moins de 50% actuellement.

En plus des productions propres s'ajoute la programmation croissante de co-productions européennes, incluant Marcella (ITV), Kiss Me First (Channel 4), Watership Down (BBC), La catedral del mar (Antena 3), Rita (TV2 Denmark) et El ministerio del tiempo (RTVE), mais aussi des acquisitions de séries, parmi lesquelles La Trêve (RTBF), Nobel (NRK), Cannabis (Arte), Bordertown (YLE), Une chance de trop (No Second Chance) (TF1), Dix pour cent (Call My Agent!) (France 2), Case (RUV), Beau séjour (VRT) et The Same Sky (ZDF).

Le patron de Netflix lui ne veut pas faire de pronostic au-delà des 5,20 millions de nouveaux abonnés qu'il espère encore gagner au premier trimestre 2017. "Il y a beaucoup de place pour croître si l'on fait de bons contenus", a déclaré Reed Hastings à des journalistes.

Pourtant, la compétition est de plus en plus forte. Nombre de plateformes veulent produire leurs propres programmes, et Amazon Prime est en train d'accélerer son développement à l'international. Mais le patron de Netflix parie sur le fait que les gens prendront plusieurs abonnements en fonction des contenus.

Devenu plate-forme de streaming il y a dix ans, Netflix revendique fin 2016 plus de 93 millions d'abonnés dans plus de 190 pays. En 2017, le roumain et le grec seront ajoutés aux treize langues déjà disponibles.

Nos partenaires