Mort d'un président, en l'occurence Pompidou

12/04/11 à 09:16 - Mise à jour à 09:16

L'un des présidents les plus méconnus de la cinquième République, Georges Pompidou, livre ici ses secrets, ceux d'une fin de règne minée par la maladie et les jeux de pouvoir qui ont succédé à sa mort.

Mort d'un président, en l'occurence Pompidou

© Jacques Morell / FTV / GMT Productions

Sur un écran de télé, un film déroule calmement son intrigue quand soudain, un bandeau funèbre se met à défiler au bas de l'image: le président Georges Pompidou est mort. On est en 1974, le 2 avril, et le fidèle compagnon du Général de Gaulle s'est éteint d'une longue maladie du sang. Que les Français ignoraient tous, à quelques exceptions près. Dès mai 1973, son visage, marqué par la cortisone, avait éveillé les soupçons, mais Pompidou n'avait distillé la gravité de l'information qu'à quelques privilégiés triés sur le volet, selon ses intérêts politiques et dans l'optique de sa succession.

La maladie de Pompidou et les guerres de clan qui s'en nourriront placent ce téléfilm d'excellente facture tant sur le terrain de l'intime que sur celui du jeu politique pur. On y voit un président confronté à l'inéluctable et aux souffrances que lui cause son état. Jean-François Balmer, grimé et grossi pour l'occasion, livre une prestation exemplaire dans ce biopic télé aussi âpre que fidèle aux événements: dépouillé de ses petits regards ironiques, qui polluaient ses dernières apparitions télé, Balmer prouve qu'il a sa place dans les tout bons acteurs de sa génération.

A ses côtés, le casting a été choisi avec beaucoup de pertinence. Il en fallait pour désigner ceux qui se glisseraient dans la peau de Jacques Chirac, de Jacques Chaban-Delmas, d'Edouard Balladur, de Valery Giscard d'Estaing ou des deux conseillers de Pompidou, Marie-France Garraud et Pierre Juillet. Lesquels se livreront, dans l'ombre, à de véritables jeux de marionnettes destinés à asseoir leur influence au plus près des cénacles de pouvoir. Comme on le sait, Giscard d'Estaing est finalement monté sur le trône après la disparition de Pompidou, mais relater dans une fiction la manière dont cette succession s'est opérée dans le temps méritait bien le traitement sérieux qu'en fait Pierre Aknine. Une réussite, primée pour son scénario à Luchon, et qui sera suivie par un débat dans le formidable talk-show Ce soir ou jamais.

Mort d'un président, 20.35 sur France 3.

Téléfilm de Pierre Aknine, avec Jean-François Balmer, André Marcon, Evelyne Buyle.

Guy Verstraeten

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