Main basse sur le riz

13/04/10 à 08:50 - Mise à jour à 08:50

On ne s'y est pas trompé en janvier dernier au Festival international des programmes audiovisuels (FIPA): les auteurs de Main basse sur le riz sont repartis chez eux avec la couronne dans la catégorie Grands reportages et faits de société.

Main basse sur le riz

© P.G.

Documentaire de DE JEAN-PIERRE BORIS ET JENA CREPU . Ce mardi 13/04 à 20-35 sur ARTE

Sans point de comparaison, difficile de juger si la palme est méritée, mais intrinsèquement, le film dispose d'assez d'atouts pour être qualifié, à tout le moins, de remarquable. Car il décortique avec une minutie saisissante les mécanismes corrompus d'offre et de demande qui aboutirent, au printemps 2008, aux fameuses émeutes de la faim en Egypte, au Maroc, ou encore en Indonésie. Soit le soulèvement dans la violence de populations menacées par la famine.

Manifestement, et cela se ressent dès les premières secondes, les auteurs ont pénétré dans un marché ultra opaque, assez mal connu du grand public. Pourtant, le riz, cultivé en grande partie dans le Sud-Est asiatique, nourrit un être humain sur deux: aucun autre produit alimentaire n'est aussi essentiel à la survie de la population mondiale.

Le triangle exportateur-tradeur-importateur fascine par le pouvoir qu'il s'arroge sur l'assiette des consommateurs finaux: des petits arrangements entre Etats aux spéculations initiées à chaque niveau de la chaîne, les auteurs réussissent à clarifier ce négoce international encouragé par le FMI et la Banque mondiale. Lesquelles décidèrent, il y a plusieurs décennies, que l'Afrique devrait s'approvisionner en riz sur le marché mondial, en négligeant ses cultures propres.

Mais devant les ravages que causèrent les politiques de l'exportateur Thaïlande ou de l'importateur Philippines -flambée des prix, corruption, gestion totalement immorale des stocks-, des pays comme le Sénégal ou le Mali ont décidé de prendre leurs rizières en main et de jouer la carte de l'autosuffisance. Et ça fait chaud au coeur, même si le chemin reste semé d'embûches.

Guy Verstraeten

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