Lost in Translation

23/12/11 à 15:10 - Mise à jour à 15:10

Sofia Coppola fait honneur à sa naissante réputation dans cette excellente chronique d'un décalage horaire partagé. Aérien et émouvant.

LOST IN TRANSLATION, COMÉDIE DRAMATIQUE DE SOFIA COPPOLA. AVEC BILL MURRAY, SCARLETT JOHANSSON, GIOVANNI RIBISI. 2003. ****

Ce mardi 27 décembre à 20h40 sur Arte.

Lost in Translation

© MVH - Artdesign / Barum

Révélée 4 ans plus tôt avec le subtil, fascinant, émouvant Virgin Suicides, Sofia Coppola sut confirmer son grand talent avec ce Lost In Translation promis à un beau succès tant critique que public. La fille de Francis, réalisateur du Parrain et d'Apocalypse Now, y prend pour personnage principal un acteur américain qui séjourne au Japon pour y tourner une publicité vantant les mérites d'une marque locale de whisky. Bob Harris (joué par Bill Murray) n'est pas à un sommet de sa carrière, un parcours en dents de scie que le passage des années et l'âge mûr n'ont pas rendu plus serein. S'il a accepté ce contrat publicitaire, c'est pour l'argent, certes, mais aussi pour avoir un prétexte lui permettant de s'éloigner de sa femme. Dans l'hôtel de Tokyo où il traîne son ennui et ses désillusions, incapable de s'adapter au décalage horaire en attendant le moment du tournage, Bob va faire la connaissance de Charlotte, insomniaque comme lui. La jeune femme, qui accompagne son mari photographe, s'ennuie elle aussi... Récit d'une drôle de rencontre, Lost In Translation allie sens de la dérision et tendresse envers ses personnages. Sofia Coppola y installe une atmosphère très particulière, s'attachant avec délicatesse à faire évoluer les rapports de 2 êtres un peu perdus, littéralement décalés, sur fond de choc des cultures. Bill Murray est magnifique, Scarlett Johansson attachante. L'ensemble démontrant les qualités de cinéaste d'une jeune artiste respirant la confiance et manifestant un clair talent pour la peinture de caractères et l'interaction entre personnalités. Dommage qu'ensuite un Marie-Antoinette plus ambitieux mais aussi creux que décoratif soit venu quelque peu tempérer l'enthousiasme pour Coppola Junior...

Louis Danvers

Nos partenaires