Les Rêves dansants

15/06/12 à 16:33 - Mise à jour à 16:33

On n'a pas fini de regretter la disparition de Pina Bausch. Heureusement, il reste des documentaires comme celui-ci, remarquable, pour garder en vie l'oeuvre de la bouleversante chorégraphe allemande.

Les Rêves dansants

© Ursula Kaufmann

Les Rêves dansants, documentaire d'Anne Linsel, Rainer Hoffman. ***
Ce mercredi 20 juin à 20h35 sur Arte.

Sous-titré Sur les pas de Pina Bausch, ce remarquable documentaire complète idéalement le magnifique et bouleversant Pina de Wim Wenders pour rendre un hommage vibrant à celle qui fut une des artistes contemporaines les plus marquantes. Décédée précocement le 30 juin 2009, à l'âge de 68 ans, la grande chorégraphe allemande laisse une oeuvre extraordinaire de pertinence et de beauté, de poésie et en même temps d'ancrage dans l'humanité de son temps. Les "rêves dansants" dont il est question dans le film sont ceux de jeunes lycéens allemands, âge de 14 à 18 ans, et que Pina Bausch a conviés à réinterpréter un de ses plus anciens et fameux spectacles: Kontakthof. Nous faisons leur connaissance, nous partageons tour à tour leur curiosité, leur gêne, leur enthousiasme, leur retenue, puis finalement le bonheur pris par ces adolescents dont aucun n'avait précédemment vécu la moindre expérience théâtrale ou chorégraphique.

On les voit accueillis par les collaboratrices de Pina Bausch, pour une première approche du travail et de l'oeuvre. Puis la directrice de la compagnie les rejoint, affichant un supplément d'exigence mais aussi de générosité. Les jeunes observent, répètent, tâtonnent et enfin se lancent. Et l'harmonie se fait peu à peu, dans un échange tel que souhaitait en créer la chorégraphe. Laquelle a toujours émis le désir de poser dans son travail la question de "ce qu'est la vie à notre époque". Lumineuses, émouvantes, les images offertes par le film d'Anne Linsel et Rainer Hoffman témoignent de cette humanité profonde qui habitait Bausch et infiltrait ses méthodes, même si la rigueur n'en était jamais absente. On est reconnaissant à Arte d'avoir programmé ce précieux documentaire à une heure de grande diffusion, fidèle en cela à ses ambitions de grande chaîne culturelle.

Louis Danvers

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