Les larmes du seigneur afghan

06/04/12 à 17:35 - Mise à jour à 17:35

L'Afghanistan est un pays dont on soupçonne à peine la complexité. Une complexité interne qui se couple, depuis plus de trois décennies, aux effets de l'ingérence étrangère et aux guerres qu'elle charrie.

LES LARMES DU SEIGNEUR AFGHAN, DOCUMENTAIRE DE PASCALE BOURGAUX. ***
Ce lundi 9 avril à 21h05 sur La Trois.

Les larmes du seigneur afghan

© RTBF

L'Afghanistan est un pays dont on soupçonne à peine la complexité. Une complexité interne qui se couple, depuis plus de trois décennies, aux effets de l'ingérence étrangère et aux guerres qu'elle charrie. Echelonné sur une dizaine d'années, le documentaire de Pascale Bourgaux, l'une des figures les plus impressionnantes du grand reportage en Belgique, tente vaille que vaille de détricoter ce noeud d'enjeux nationaux, religieux, belliqueux, internationaux. Via le seigneur de guerre Mamour Hasan, qu'elle suit depuis 2001. Rallié au commandant Massoud (assassiné par Al-Qaïda quelques heures avant le 11 septembre), Mamour Hasan a impliqué son armée personnelle dans le conflit intestin contre les Talibans. "Je comprends que cet Afghan, profondément religieux, n'a pas fait la guerre au nom de nos valeurs occidentales, mais au nom de sa conception de l'islam", commente alors la chaude voix de Pascale Bourgaux. Année après année, la journaliste suit, à travers l'exemple du patriarche et de son imposante famille, l'évolution de la société afghane. Avec le nouveau gouvernement, la donne change. Et elle déstabilise les anciens équilibres. Les seigneurs de guerre sont priés d'abandonner leur mainmise sur des territoires désormais administrés par Kaboul, en liaison avec les forces occidentales. La transition ne se fait pas sans mal. Elle poussera d'ailleurs, face à ce nouveau sentiment d'ingérence, certains alliés de Massoud à soutenir in fine la cause talibane...

Au-delà de ces aspects sociétaux, Pascale Bourgaux pénètre également dans le quotidien des familles afghanes, et singulièrement dans celui des femmes. Elle en tire un documentaire fort, fait de puissants instantanés.

Guy Verstraeten

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