Le regard de Georges Brassens

28/10/11 à 16:40 - Mise à jour à 16:40

Vu à travers les yeux de Brassens, voire de ses proches, ce film d'archives personnelles lève un joli coin du voile.

Le regard de Georges Brassens

© RTBF

Trois décennies maintenant qu'il s'en est allé fumer sa pipe ailleurs, loin des mesquineries humaines et de la célébrité qu'il honnissait tant. Trente ans après que la Camarde lui a fermé la porte au nez, Georges Brassens a évidemment droit aux éloges qu'il mérite: poète majeur de la chanson française, il aura marqué la seconde moitié du XXe siècle par son goût des mots et par son sens aigu de la liberté. Dans ce joli petit film, la réalisatrice Sandrine Dumarais fait le pari d'évoquer Brassens essentiellement par lui-même. En lui laissant la caméra. L'ancien petit voyou de Sète avait, en effet, pour habitude de filmer ses proches. Lesquels ne se gênaient pas pour retourner la caméra vers leur ami moustachu. Et la magie opère. Parce qu'on découvre un Brassens rieur, taquin, joueur. Plus encore que le téléfilm qui lui a été récemment consacré (La mauvaise réputation, avec Stéphane Rideau dans le rôle titre), ce documentaire nous permet d'entrer dans l'intimité du chanteur, d'en sonder les principales inspirations. La Jeanne et Marcel, par exemple, prennent réellement corps dans ces images tournées à l'emporte-pièce par leur hôte: Jeanne et Marcel, ce seront tout simplement l'hôtesse et l'Auvergnat de la chanson éponyme, ceux qui donnèrent à Georges 4 bouts de pain, quand dans sa vie il faisait faim. Jeanne, La Jeanne, avait 3 décennies de plus quand elle recueillit un Brassens parti loin de Sète, où il avait commis de menus larcins. Leur histoire d'amour, sous les yeux approbateurs d'un mari aussi bon qu'alcoolique (la prestation de Bruno Lochet dans le téléfilm susmentionné mérite quand même le détour), fait assurément partie de la légende. Tout comme la soif de liberté de cet anarchiste convaincu, qui a vécu de rien, sur le dos des autres, durant des années: à quoi bon louer sa force de travail à un patron, quand on sait que sa vocation n'est pas là et que son talent finira par payer? C'est lui qui le dit. Ça se défend, non?

Guy Verstraeten

Le regard de Georges Brassens, documentaire de Sandrine Dumarais. ***
Ce samedi 29 octobre à 21h30 sur La Trois.

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