Le parfum: Histoire d'un meurtrier

12/10/12 à 15:31 - Mise à jour à 15:31

Best-seller de premier ordre, le riche et foisonnant roman de Patrick Süskind avait la réputation d'être inadaptable... et il la conserve aujourd'hui.

Le parfum: Histoire d'un meurtrier

© PG

UN DRAME DE TOM TYKWER. AVEC BEN WHISHAW, DUSTIN HOFFMAN, ALAN RICKMAN. 2006. **
Ce dimanche 14 octobre à 20h45 sur France 2.

Best-seller de premier ordre, le riche et foisonnant roman de Patrick Süskind avait la réputation d'être inadaptable... et il la conserve aujourd'hui. C'est donc à une gageure que s'est attaqué le très doué réalisateur allemand Tom Tykwer (Cours Lola, cours, The Princess and the Warrior) en ayant l'audace de se lancer dans sa transposition à l'écran. Avant lui, Stanley Kubrick, Martin Scorsese, Milos Forman, Tim Burton et Ridley Scott avaient travaillé à une adaptation, avant de renoncer pour une raison ou une autre. Tykwer, ne se laissant pas impressionner par cette prestigieuse galerie de maîtres ayant déclaré forfait, captive d'emblée par son introduction. Il nous fait pénétrer de stupéfiante et mémorable façon cet univers du XVIIIe siècle où naît Jean-Baptiste Grenouille, gamin solitaire promis à une vie de mépris et d'exploitation. Il expose en images frappantes la découverte de son don particulier (un odorat phénoménal), qui changera son destin. Mais dès que commence la quête d'absolu qui emmènera Grenouille vers une trajectoire de tueur en série, collectionnant les parfums naturels de ses victimes, les choses se gâtent un peu, puis beaucoup. Un héros antipathique, une obsession plus qu'ardue à restituer par l'image, une apothéose versant dans le grotesque, ont raison d'un film que seul son excellent prologue (en particulier la scène de la naissance de Grenouille, en plein marché aux poissons) éloigne de la simple illustration. L'interprétation est solide, le trop rare Dustin Hoffman y rappelant notamment quel remarquable acteur de composition il peut faire.

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