L'enfer de Guillaume Depardieu

20/04/10 à 09:41 - Mise à jour à 09:41

De par son histoire familiale et sa relation conflictuelle avec son père, Guillaume Depardieu a toujours eu la sensibilité aiguisée comme une lame de cutter.

L'enfer de Guillaume Depardieu

© Elise Depardieu

DOCUMENTAIRE DE VALENTIN THURN.
Ce mardi 20 avril à 21.35 sur ARTE.

Archétype de l'écorché vif, le premier enfant du gros Gégé, né en 1971, est passé par la case prison avant même d'avoir atteint la majorité: une méchante addiction pour la blanche conjuguée à des envies de trafics et de bastons avec la police l'emmèneront plus souvent qu'à son tour compter les barreaux de cellule.

A 24 ans, quand son terrible accident le frappe, ses démêlés avec la justice continuent à noircir le papier glacé mais il a, trois ans auparavant, lancé pour de vrai -avec Tous les matins du monde, d'Alain Corneau-, la carrière d'acteur à laquelle son talent naturel semblait le vouer. Puis il y a cette valise qui se décroche de la voiture qui le précède, dans le tunnel de Saint-Cloud. Guillaume Depardieu chute de son scooter et s'encastre violemment dans un mur, au point d'écrabouiller un genou qu'il faudra opérer rapidement. C'est durant cette intervention, à l'hôpital Raymond-Poincaré, qu'il contracte deux staphylocoques dorés au niveau de l'os du genou. Opérations à répétition, morphine, incapacitéà juguler le mal: le calvaire, la douleur, le désespoir ne font que commencer.

FLEUR DE PEAU

Valentin Thurn, l'auteur de ce poignant documentaire, a choisi de retracer ce parcours du combattant, ce véritable soulèvement que va entreprendre Depardieu pour éteindre la douleur et pour conscientiser la population face aux maladies nosocomiales. Notamment via la création d'une fondation dans laquelle il va s'investir tête baissée. On le voit souffrir le martyr, parler suicide, alimenter les conversations dans les talk-shows, où il se présente parfois éméché. Le grand blond, remarqué et primé pour son rôle dans l'excellent long métrage de Pierre Salvadori, Les Apprentis, va mal, très mal.

Après 8 années de souffrance, il décide de s'alléger du fardeau qu'était devenue sa jambe. L'amputation le libèrera, mais la mort, qu'il chipotait de près ou de loin depuis si longtemps, va finir par l'enlever pour de bon à ses proches et à sa fille Louise: en octobre 2008, sur un tournage en Roumanie, l'échalas contracte une pneumonie qui le tuera trois jours plus tard, dans un hôpital de Paris. On peut difficilement ne pas éprouver d'empathie face à ce portrait un peu foutrarque mais à fleur de peau. L'hommage le plus cohérent qu'on pouvait lui rendre...

Guy Verstraeten

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