Eastbound & Down - Saison 2

23/12/11 à 15:06 - Mise à jour à 15:06

Kenny Powers est le plus beauf des (ex) joueurs de baseball américains. Mais son portrait, par Danny McBride, prend des tournures plus incisives qu'attendu. Une saison 2 jouissive.

EASTBOUND & DOWN - SAISON 2, UNE SÉRIE HBO, CRÉÉE PAR BEN BEST, JODY HILL, DANNY MCBRIDE. AVEC DANNY MCBRIDE, STEVE LITTLE, ANA DE LA REGUERA.

Dès ce lundi 26 décembre à 19h40 sur BE 1.

Eastbound & Down - Saison 2

© Be TV

Au début de l'histoire, Kenny Powers (l'humoriste américain Danny McBride, qui a coécrit la série) est une star du base-ball. Un sportif mythique de son vivant, par ailleurs saint patron de tous les beaufs avec tout l'attirail de rigueur, excès de bidoche abdominale, coupe mulet, langage ordurier et manières qui ne le sont pas moins.

L'état de grâce prend fin alors qu'on découvre qu'il se dope aux stéroïdes. Le voilà contraint de revenir vivre chez son frère, dans sa ville d'origine, et de prendre un job de prof de sport dans une école secondaire. La première saison (6 épisodes), entre grandeur et décadence, a fait le récit de cette chute vertigineuse. La seconde, qui débute ce soir sur Be TV, voit Kenny prendre le large et s'installer au Mexique, où il a tout le loisir de laisser s'exprimer le raciste ordinaire qui vit en lui.

Reconverti dans le combat de coqs, il tente de faire oublier Kenny et se rebaptise Steve. Il se tresse les cheveux comme Sean Paul, porte des t-shirts de basket et s'entoure de quelques sbires avec lesquels il trempe dans des combines pourries à peine rémunératrices. Très vite cependant, l'équipe locale va lui faire de l'oeil et Steve retrouvera sa tignasse wasp pour arpenter à nouveau les terrains.

Coproduite par l'humoriste américain star Will Ferrell, cette drôle de comédie est une énigme, tant son personnage principal est difficile à lire, à faire entrer dans une case. On la croit d'abord idiote (il faut dire qu'elle ne fait pas dans la dentelle et que son fonds de commerce se situe quelque part entre la vulgarité et la muflerie), mais en filigrane, il s'y dessine une réflexion sur le repli identitaire de l'Américain (et, par la bande, de l'Occidental) moyen, ses bassesses, l'étroitesse de son esprit. Quelques punchlines bien senties achèveront de séduire les plus résistants aux motherfuckers et bitches.

Myriam Leroy

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