Devoir d'enquête: Les pétasses se rebiffent

21/11/11 à 17:02 - Mise à jour à 17:02

À la Centrale du Crédit, dans la région de Huy, les journées de travail sont stressantes et finissent souvent mal. Les 29 employées qui ont travaillé là disent avoir vécu l'enfer.

Devoir d'enquête: Les pétasses se rebiffent

© RTBF

Déjà, il y a le titre. Les pétasses se rebiffent, admettez que c'est bien trouvé. Et que ça donne envie de se plonger dans le reportage de Françoise Berlaimont et Daniel Remi. Lesquels se sont intéressés à une affaire peu banale (comme souvent dans Devoir d'enquête, c'est un peu le principe) dénouée en janvier dernier, dans la région de Huy. Une cheffe d'entreprise y était en effet condamnée à 6 mois de prison (avec 3 ans de sursis) pour harcèlement moral envers ses employés. Si l'exemple de France Telecom a récemment démontré (et démontre encore) que le travail peut être une source de stress si intense qu'on finit par y succomber, on parle moins des plus petites entreprises. Là où l'ambiance est censée être plus humaine et familiale. On était loin du compte à la Centrale du Crédit, société spécialisée dans les crédits en contentieux. La patronne, self-made-woman dans toute sa splendeur, y engageait du personnel non-qualifié, souvent via l'Onem et ses plans Activa: sitôt les avantages liés à ces embauches de main-d'£uvre arrivés à terme, les travailleurs sautaient comme des mines, remis sur le marché du travail après avoir subi bizutage, insultes, brimades, humiliations et autres joyeusetés.

Des choses comme ça

Ce n'est pas un hasard: 29 employés se sont ligués pour attaquer leur ancienne patronne en justice. Dans le reportage, l'ex-mari de "l'accusée" pédale un peu dans la semoule, à l'heure d'apporter à son ancienne épouse des armes pour se défendre: "On a commencé à engager des choses comme ça", dit-il à propos de la main-d'oeuvre non-qualifiée, avant de se reprendre d'un fébrile "ou des personnes comme ça, pardon". On imagine que les journalistes ont demandé à la principale intéressée d'intervenir dans leur enquête, pour s'expliquer. Et qu'elle n'a pas donné suite. C'est évidemment ce qui manque le plus à ce reportage: le point de vue de celle que 29 plaignantes ont réussi à faire condamner. En élargissant le simple fait divers au cas de société: il existe des petits chefs tyranniques partout, mais dans les petites entreprises, les garde-fous manquent parfois pour les juguler. L'autre sujet du magazine sera consacré aux prix des métaux.

Guy Verstraeten

DEVOIR D'ENQUÊTE, MAGAZINE PRÉSENTÉ PAR MALIKA ATTAR. ***
Ce mercredi 23 novembre à 20h20 sur La Une.

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