Devoir d'enquête: Justice à la belge - Le droit chemin

03/04/12 à 09:50 - Mise à jour à 09:50

Le droit chemin, second volet d'un triptyque dédié à la justice belge, participe à un éclairage bienvenu sur celle-ci, et au dévoilement de l'humanité de son visage.

DEVOIR D'ENQUÊTE, MAGAZINE PRÉSENTÉ PAR MALIKA ATTAR. ***
Ce mercredi 4 avril à 20h20 sur La Une.

Devoir d'enquête: Justice à la belge - Le droit chemin

© RTBF

Elle est ultra-maquillée, très blonde, coquette. La juge Isabelle Cabus n'a pas tout à fait le profil de l'emploi. Toute petite bonne femme (qui dit qu'elle va devenir bleu Schtroumpf à cause du froid dans la salle d'audience, "J'en ai déjà la taille"), mais dotée d'une sacrée poigne, elle préside les trois chambres du Tribunal correctionnel de Liège.

Avec un vocabulaire bien à elle: elle parle de "pondre un jugement", elle lance "on est go?", avant de se mettre au travail... Elle engueule les prévenus comme des gamins, ce qu'ils sont parfois.

Des gamins ou des adultes diminués, on trouve de tout sur le banc. Et surtout, beaucoup d'alcool et de drogue. Comme cette femme suspectée d'avoir mis le feu à son logement social, qui s'avalait 3 bouteilles de pékèt par jour, mais prétend n'avoir bu que 5-6 verres à ce moment-là. Comme ce type à qui une révocation de sursis pend au nez, qui pleure en racontant l'alcoolisme de sa mère, dont il se serait imprégné.

"La justice des films, ce n'est pas la justice d'ici", explique Isabelle Cabus à des étudiants en sciences sociales venus visiter le tribunal.

Effectivement, pas de maillet, d'objection ni la plus petite once de glamour ici. Beaucoup de misère affective, comme souvent, et des addictions qui mènent aux larcins, violences et trafics divers et variés. Le droit chemin, second volet d'un triptyque dédié à la justice belge -qui a globalement mauvaise presse-, participe à un éclairage bienvenu sur celle-ci, et au dévoilement de l'humanité de son visage. Erik Silance y oeuvrait déjà dans ses formidables documentaires pour Be TV et RTL. Aujourd'hui c'est la RTBF qui y va de sa grande fresque. Philippe Dutilleul et Gilles Remiche signent ici un portait très sobre, une succession de tranches de vie parfois drôles, parfois émouvantes, toujours interpellantes.

Myriam Leroy

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