De la nouvelle série de David Simon à T2 Trainspotting, 14 choses à voir à la télé cette semaine

En télé, en VOD ou en Blu-ray, voici quatorze films, documentaires et séries à ne pas rater dans la petite lucarne, du 9 au 15 septembre.

De la nouvelle série de David Simon à T2 Trainspotting, 14 choses à voir à la télé cette semaine

The Deuce © HBO

1. À la télé

THE DEUCE

Série créée par David Simon et George Pelecanos. Avec James Franco, Maggie Gyllenhaal, Emily Meade, Gbenga Akinnagbe. ****(*)

Dimanche 10/9, 3h00, BE 1.

The Wire, Treme, Show me a Hero. En trois oeuvres majeures, David Simon a raconté, avec l'aide de George Pelecanos, des mondes complexes et intriqués de personnages, de lieux, d'institutions, de rapports de force ou de pouvoirs, d'Histoire et de récits. Des systèmes où la dichotomie bien/mal classique se dissout sous l'effet de sa plume affûtée, érudite et documentée, capable de tracer des dialogues qui, sans rogner sur leur street credibility, élèvent les personnages au-delà de leurs assignations sociales, défèrent leurs déterminismes ou leurs calculs et les rendent chacun indispensables au récit. The Deuce chronique, dans le quartier de la 42e rue, près de Time Square à New-York, l'économie de la prostitution florissante et de l'industrie porno naissante des années 70. Autre temps, autre moeurs (quoique) auxquels David Simon applique sa grille d'analyse et de narration, qui, sans jugement mais pas sans sentence, révèle les liens souvent invisibles entre les membres distants d'un agrégat qui fait biotope: putes, macros, policiers, prolos, caïds du milieu, intermédiaires divers et acteurs bigarrés d'une nuit qui n'en finit pas. Récit trivial au premier abord qui s'ouvre lentement, comme un breuvage long en bouche, vers les entrailles d'une laideur crasse, brutale et fascinante, pour extraire une matière visuelle et narrative sublime, intelligemment composée à la manière des fresques. Dans une galerie de personnages pléthorique (ingénues de province, macros philosophes, flics véreux) tous glorieusement ou pitoyablement humains, de vieilles connaissances (Emily Meade, Chris Bauer, Gbenga Akinnagbe, Ralph Macchio) et des pointures: Maggie Gyllenhaal, incarne une gagneuse s'apprêtant à franchir le Rubicon du porno, tandis que James Franco (voir interview pp. 48-49) joue à la fois Vincent et Frankie Martino, frères jumeaux dont le premier, pour éponger les dettes du second, va devoir connecter son activité de patron de bars à la pègre locale. Aucun hasard, donc, si en anglais, "deuce" signifie la dualité, mais aussi le Diable (à la deuxième place, derrière Dieu): dans le monde selon David Simon, ici colonisé par le sexe, l'important n'est point le salut mais le chemin qui n'y mènera jamais. Comme le chante Curtis Mayfield dans le générique: "If There's a Hell Below, We're All Going to Go". Chef-d'oeuvre. (N.B.)

EL DORADO

Western de Howard Hawks. Avec John Wayne, Robert Mitchum, James Caan. 1966. ****(*)

Dimanche 10/9, 20h55, Arte.

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Le formidable Howard Hawks aimait la comédie (L'Impossible Monsieur Bébé, Les Hommes préfèrent les blondes) et le polar noir (Scarface, Le Grand sommeil). Mais aussi et peut-être surtout le western, auquel il offrit plusieurs chefs-d'oeuvre tels La Rivière rouge et Rio Bravo. Réalisé sept ans après le dernier film cité, El Dorado propose une variation sur le même thème, celui d'un petit groupe réuni autour d'un shérif et faisant face courageusement à l'assaut d'une armée de malfrats. John Wayne est la star des deux films. Dans El Dorado, Robert Mitchum lui donne la réplique en shérif alcoolique, pour un spectacle où l'humour le dispute à l'héroïsme tranquille. Hawks célèbre des personnages puisant leur force dans leurs faiblesses, une approche exaltant les ressources de l'humain, dans un maître western constatant par ailleurs le vieillissement du genre. Sergio Leone, 2 ans plus tôt, avait signé le premier assaut des pastiches italiens (dits "westerns spaghetti") avec Pour une poignée de dollars... (L.D.)

BILLY WILDER OU LE GRAND ART DE DISTRAIRE

Documentaire d'André Schäfer et Jascha Hannover. ***(*)

Dimanche 10/9, 22h55, Arte. Sur Arte +7 du 10/9 au 10/10.

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"Ne surtout pas jouer les artistes. Faire de l'art, oui, mais qui n'ait surtout pas l'air d'en être." Tel est sans doute l'un des plus grands secrets de Billy Wilder qui, avec Boulevard du crépuscule, Certains l'aiment chaud, Assurance sur la mort et La Garçonnière, possède quatre de ses oeuvres parmi les cent meilleurs films américains de l'histoire du cinéma (selon l'American Film Institute). Né Samuel dans l'actuelle Pologne, Billy Wilder est de cette génération de cinéastes qui désiraient tout contrôler. C'est d'ailleurs quand il a vu comment ses scénarios étaient massacrés qu'il a voulu les réaliser lui-même pour les protéger. Le documentaire d'André Schäfer et Jascha Hannover revient sur l'incroyable parcours d'un maître du septième art qui est parti pour New York avec 20 dollars en poche, a logé dans des toilettes (quand le bruit de l'eau le réveillait, il s'imaginait une cascade) et a appris l'anglais en écoutant les commentaires sportifs à la radio. Moraliste pointilleux à cheval sur les principes qui ne frayait pas avec la jet set d'Hollywood et n'a jamais cédé à aucun chef de la Paramount (le succès de ses films lui assurait un pouvoir colossal), Wilder offre un bout de traversée dans l'histoire du cinéma aux États-Unis. Ce pays d'accueil dont il étudiait la mentalité et avait une vision très claire, avec sa culture européenne et son humour juif... (J.B.)

APPALOOSA

Western de Ed Harris. Avec Ed Harris, Viggo Mortensen, Renée Zellweger. 2008. ****

Lundi 11/9, 20h55, France 3.

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Quand Ed Harris passe derrière la caméra (tout en jouant), ce n'est pas pour rien! Après un biopic intense et fascinant sur le peintre Jackson Pollock (Pollock, 2000), il nous offre avec Appaloosa un western de la meilleure veine. Un peu crépusculaire, bien sûr, car c'est le lot du genre depuis la fin de son âge d'or et de ses derniers feux venus d'Italie. C'est l'histoire d'une petite ville minière du Nouveau-Mexique, en pleine conquête de l'Ouest. Un potentat local y fait régner sa loi, le shérif ayant même été abattu par ses hommes. Un marshal (Harris) et son adjoint (Viggo Mortensen) sont appelés à la rescousse. Ils auront fort à faire, mais ils le feront bien! Avec au centre un tandem de comédiens à la chimie prenante, le film revisite les conventions avec âme et brio. Renée Zellweger, en veuve pleine de personnalité, ajoute une touche féminine et féministe à une oeuvre aussi puissante qu'attachante et remarquablement réalisée. (L.D.)

COEUROPE

Documentaire de Giovanni Troilo. **(*)

Lundi 11/9, 23h50, Arte. Sur Arte +7 du 11 au 18/9.

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L'histoire avait fait grand bruit. En mars 2015, le concours de photojournalisme World Press Photo retirait à l'Italien Giovanni Troilo son prix pour une série (La Ville noire) montrant les habitants de Charleroi sous un jour particulièrement misérabiliste et glauque. Si Paul Magnette avait argué d'une déformation de la réalité portant préjudice à la ville et à ses habitants ainsi qu'à la profession de photojournaliste, le jury avait accepté la mise en scène évidente. Moins le fait que l'un des clichés avait été tiré à Molenbeek... Bâti dans pareil moule, le documentaire du même Giovanni Troilo sur l'ancien fleuron industriel hennuyer ne servira évidemment pas de clip promotionnel pour la ville. "À Charleroi, tous ceux qui disent qu'ils ne sont pas armés sont des menteurs. On est tous armés à Charleroi. Et tu y achètes tout ce que tu veux. Armes blanches, grenades..." "C'était une ville riche avant mais maintenant, c'est n'importe quoi. C'est le déluge. Et le soir, vaut mieux pas sortir." Le visage ensanglanté d'un gamin qui s'est mis volontairement la tête dans une vitre, les confessions d'une dominatrice sadomasochiste, les récits d'un père et de son fils qui vident des maisons. Et puis la pluie, encore la pluie. Coeurope montre la ville dans toute sa grisaille et la vie dans toute sa misère. Le film a beau épingler quelques moments de joie, évoquer le caractère chaleureux des habitants, les longs travellings léchés, les images d'archives et les successions de photos lui servent un désespérant reflet. Esthétiquement réussi mais déontologiquement questionnant... (J.B.)

LA GUERRE DU RENSEIGNEMENT

Documentaire de Friedrich Moser. ****

Mardi 12/9, 20h50, Arte. Sur Arte +7 du 12 au 19/9.

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La frontière est mince entre la protection de la vie privée et de la vie tout court. Alors qu'il était fermement question de réaffirmer les droits de l'homme dans la surveillance étatique, l'actualité pousse les gouvernements à une perturbante extension du pouvoir du contrôle de masse. Cet espionnage généralisé et sans discernement n'a pourtant pas permis de systématiquement déjouer les crimes qui ont ébranlé le monde. Les agences, submergées par ce débordement cognitif perpétuel, ne peuvent faire le tri et les rapprochements nécessaires afin d'en extraire la moelle. Pourtant, depuis un bail, les services de renseignement disposent d'un outil, né aux États-Unis et réinventé en Europe, qui a non seulement prouvé son efficience mais garantit, par principe, le respect des libertés fondamentales. Car si le monde est un maillage de relations entre des milliards d'êtres humains interconnectés, il est de fait possible de représenter tous les aspects de leurs vies en forme de réseau. Reste à y appliquer un logiciel d'intelligence artificielle qui, à partir de données strictement publiques, est capable d'analyser, déduire et cibler pour les analystes. Pourquoi diable, alors entretenir cet onéreux Big Brother alors que l'on connait ses faiblesses face à la terreur? Il ne faut pas perdre de vue que les grands groupes privés ont mis la main sur ce domaine gigantesque qui génère des contrats faramineux. La sécurité corsetée au nom du plus lucratif des business? C'est en tous cas ce que cette édifiante et avisée enquête pointe du doigt. (M.U.)

BURNING OUT

Documentaire de Jérôme Le Maire. ****

Mardi 12/9, 22h20, La Une.

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"Mon travail n'a plus de sens." Ainsi débute l'anamnèse d'un mal qui se généralise dangereusement: la souffrance au travail. Non traitée, son issue porte un nom qui fait frémir les DRH, les directeurs financiers et la sécurité sociale: le burn-out. Chez nous, d'après l'INAMI, 80.000 personnes déclarent en souffrir. En 2013, le philosophe belge Pascal Chabot sortait Global Burn-out (Perspectives Critiques-PUF), dans lequel il analysait brillamment les ressorts individuels et sociétaux de ce mal du siècle. Le cinéaste Jérôme Le Maire a voulu appliquer sa grille de compréhension sur un terrain propice à la souffrance: le milieu hospitalier. Pourquoi et comment le travail peut nous rendre à ce point malade? Pour y répondre, il a filmé au plus près l'unité chirurgicale d'un hôpital parisien où règnent le stress, une pression constante à laquelle répond la compression du personnel, du temps et des moyens financiers et où plusieurs cas de burn-out ont été dénombrés. Un plaidoyer convaincant mais étouffant où médecins, infirmières, employés administratifs se heurtent dans des couloirs trop étroits, des blocs opératoires engorgés, des bureaux exigus, une santé bradée sur l'autel de la rentabilité. Hors-champ, une bataille féroce depuis une vingtaine d'années, aux relents politiques et financiers, idéologiques et mercantiles. (N.B.)

L'ÉNIGME FRANCIS BACON

Documentaire de Richard Curson Smith. ***(*)

Mercredi 13/9, 22h30, Arte. Sur Arte +7 du 13/9 au 12/12.

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"Comment capturer la réalité? Comment capturer l'apparence sans en faire une illustration? C'est ça le grand combat et ce qui est passionnant quand on est un artiste figuratif aujourd'hui." Ces mots sont de Francis Bacon. Peintre singulier, sauvage et viscéral qui a, au siècle dernier, imposé sa griffe avec ses grandes toiles aux corps meurtris et mutilés. Ambiances de folie alcoolisée et horreurs difformes. D'où venait le côté obscur de cet homme qui a consumé sa vie et celle des autres? C'est ce que raconte le réalisateur Richard Curson Smith, avec l'aide notamment de Marianne Faithfull. L'homme de casino qui aimait les risques et avait toujours besoin d'argent pour le dilapider, celui qui éprouvait du plaisir à souffrir et appréciait le côté sordide de Londres. De sa relation sadomasochiste avec Peter Lacy à son amant George Dyer (ils se sont tous deux suicidés), L'Énigme Francis Bacon lève le voile sur un homme étrange qui a transformé des actes horribles en quelque chose de magique et imposé au grand public des images inquiétantes et fantomatiques. (J.B.)

KIM KONG

Minisérie créée par Simon Jablonka et Alexis Le Sec. Avec Jonathan Lambert, Frédéric Chau, Christophe Tek, Audrey Giacomini. **(*)

Jeudi 14/9, 20h55, Arte. Sur Arte +7 du 14 au 21/9.

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Mathieu Stannis s'ennuie. Réalisateur de films d'action répétitifs mais populaires, il n'a plus goût pour un métier auquel il ne trouve plus aucun sens. Aussi, lorsqu'il se fait kidnapper par un leader asiatique totalitaire (modèle nord-coréen) pour réaliser un remake de King Kong à la gloire du régime et de son guide suprême, ce qui démarre comme une épreuve pourrait bien se muer en chemin de rédemption et en des retrouvailles avec son amour de toujours, le cinéma (essentiellement français). Égrainant l'humour potache et les situations absurdes, hésitant entre satire et hommage au 7e art, cette minisérie drôlatique et inoffensive donne aussi dans la comédie sentimentale et passe son temps à ne pas choisir son camp. Jonathan Lambert, dans ce portrait du réalisateur en jeune chien dans un jeu de quilles, a l'air aussi perdu que son personnage. Et cela lui donne du coup un charme lunaire. Mais à la longue, même le trublion a l'air de s'ennuyer dans cette histoire dont il est difficile de déterminer si elle dénonce ou s'appuie sur les clichés trop faciles. (N.B.)

2. En DVD, Blu-ray, VOD, streaming...

GRAVE

De Julia Ducournau. Avec Garance Marillier, Ella Rumpf, Rabah Naït Oufella. 1h38. ***(*)

Dist: Twin Pics. Également disponible sur Universciné, iTunes, Proximus TV, VOOmotion...

Édition Blu-ray farcie d'entretiens au long cours pour Grave, le film cannibale choc de la Française Julia Ducournau.

De la nouvelle série de David Simon à T2 Trainspotting, 14 choses à voir à la télé cette semaine

Révélation saignante de la Semaine de la Critique cannoise en 2016, Grave, le premier long métrage de Julia Ducournau, aura réussi à réconcilier les tenants les plus exigeants d'une certaine tradition auteuriste et les amateurs les plus hardcore de cinéma de genre. Pas le moindre des tours de force de ce récit d'apprentissage à l'héroïne sadienne, Justine, ado végétarienne au physique de crevette pour qui l'école de médecine vétérinaire qu'elle s'apprête à intégrer est avant tout une affaire de famille. Transformant le campus du Sart Tilman, à Liège, en véritable stalag, la suite la voit forcée de manger de la viande dans le contexte absurdement coercitif des bizutages, épreuve qui aura le don de la révéler à elle-même en une métamorphose pour le moins radicale. La fin de l'innocence, en somme.

Écrit sur le modèle d'une tragédie antique, le film invite à une lecture psychanalytique mais dénote surtout la culture cannibale de Julia Ducournau, cinéaste à poigne digérant ses influences les plus saillantes (Carrie de Brian De Palma, The Fly de David Cronenberg) dans un festin de références sous le poids desquelles Grave ne ploie jamais tout à fait. La BO de Jim Williams, compositeur attitré de Ben Wheatley (Kill List, Sightseers, A Field in England), rappelle subtilement les plus belles heures du giallo, tout comme ce film stylé, malin et maîtrisé qui évite le piège déréalisant du fantastique pour lui préférer une étrangeté naturaliste explorant le registre de la pulsion, jusque dans les touches bienvenues d'un humour noir plutôt féroce ou l'escalade outrancière de son final grand-guignolesque aux allures de léger péché de jeunesse.

En bonus Blu-ray, Julia Ducournau et son intervieweur Fausto Fasulo, rédacteur en chef du magazine Mad Movies, se livrent à une espèce d'interminable (l'entretien est plus long que le film) séance de tantrisme cinéphile, se chatouillant à distance les zones les plus infatuées de leurs intelligences respectives, tandis que Garance Marillier (17 ans au moment du tournage), révélation à la fragilité carnassière, raconte sans filet son parcours d'actrice initié avec Junior (2011), le court métrage de Ducournau qui traitait déjà de désordre alimentaire et que l'on aurait aimé retrouver ici. (N.C.)

THE GIRL WITH ALL THE GIFTS

De Colm McCarthy. Avec Gemma Arterton, Glenn Close, Sennia Nanua. 1h46. ***(*)

Dist: Universal. Également disponible sur Proximus TV.

Retranchés dans une base militaire de la campagne anglaise, de rares survivants d'une épidémie ayant transformé la planète en terrain de jeu pour morts-vivants y mènent des expériences cruelles sur des enfants-mutants. Jusqu'au jour où, assiégés par des armées de zombies -rebaptisés "affams" pour l'occasion-, une poignée d'entre eux se voient obligés de confier leur destin à Mélanie, la plus douée de ces cobayes n'ayant pas que le sourire de carnassier. Casting de luxe -Gemma Arterton, Glenn Close- pour ce film post-apocalyptique du Britannique Colm McCarthy, aussi habile qu'efficace. Et venu témoigner, après Train to Busan, du Coréen Yeon Sang-ho, de la bonne santé du film de zombies, bien dans l'air du temps il est vrai... (J.F.PL.)

A UNITED KINGDOM

D'Amma Asante. Avec Rosamund Pike, David Oyelowo, Tom Felton. 1h51. ***

Dist: Coming Soon. Également disponible sur Universciné, iTunes, Proximus TV, VOOmotion...

L'histoire est peu connue mais authentique, qui s'attache au destin contrarié de Ruth Williams (Rosamund Pike, la blonde glacée de Gone Girl), jeune employée de bureau londonienne, et Seretse Khama (David Oyelowo, le Martin Luther King de Selma), héritier du trône du Bechuanaland (le futur Botswana). Du fossé culturel qui les sépare aux réticences sévères de leurs familles respectives, du racisme "ordinaire" aux législations ayant cours en Grande-Bretagne et dans le sud de l'Afrique à la fin des années 40: tout semble devoir s'opposer à leur union. Par-delà les excès violoneux, le film d'Amma Asante (Belle), drame suranné à l'académisme certain, illustre avec intensité une belle leçon de courage politique. Pas de bonus DVD. (N.C.)

GIRLS (SAISON 6)

Une série HBO créée par et avec Lena Dunham. Avec aussi Allison Williams, Adam Driver. ***

Coffret 2 DVD. Dist: Warner.

On baise et on pleure beaucoup dans cette sixième et ultime saison qui entérine la difficulté (impossibilité?) à être adulte en trentenaire urbain contemporain. Lena Dunham boucle les boucles de ses multiples micro-intrigues sur un mode doux-amer et sans en faire de trop, à mi-chemin entre l'improbable déchaînement des névroses qui a caractérisé le ventre mou de la série et le portrait générationnel drôle et sensible des débuts. Un final honnête sans être renversant pour un ensemble dont la plus grande vertu aura sans doute été de révéler l'insolent talent d'Adam Driver, comédien à gueule ayant depuis largement confirmé au cinéma chez Noah Baumbach ou Jim Jarmusch -et même du côté de Star Wars. (N.C.)

T2 TRAINSPOTTING

De Danny Boyle. Avec Ewan McGregor, Robert Carlyle, Ewen Bremner. 1h57. ***(*)

Dist: Sony. Également disponible sur iTunes, Proximus TV, VOOmotion...

"Never change a winning team", la formule s'applique aussi bien au football qu'au cinéma. Si bien que vingt ans après un premier essai fulgurant rapidement consacré film-culte, revoilà la fine équipe de Trainspotting: le scénariste John Hodge à l'écriture (d'après l'oeuvre de Irvine Welsh), le réalisateur Danny Boyle derrière la caméra, les acteurs Ewan McGregor, Robert Carlyle, Ewen Bremner et Jonny Lee Miller devant. On avait quelque raison de craindre la resucée inutile. La bonne surprise tient au fait que, sans pouvoir prétendre à la force ni à l'impact de l'original, le film fait mieux que jouer sur la seule fibre nostalgique, à quoi il superpose une réflexion acidulée sur la fuite du temps. Avec ce que cela peut aussi supposer comme amertume."Dans le premier film, ils ressemblaient à The Likely Lads (sitcom très populaire en Angleterre dans les années 60, NDLR) et dans le second, ils sont devenus des papys assez tristes", résume Boyle dans la conversation avec les comédiens figurant au nombre des compléments. L'histoire, on la reprend donc vingt ans plus tard, lorsque, junkie rangé des seringues, Mark Renton (McGregor) quitte son exil amstellodamois pour regagner Edimburgh et renouer, à distance respectable toutefois, avec son passé mouvementé. S'il espérait un accueil triomphal, il en est pour ses frais, ses camarades d'antan Begbie, Sick Boy et Spud, losers patentés devant l'Éternel, ne lui ayant pas pardonné sa trahison d'alors, lorsqu'il s'était fait la malle avec le produit d'un deal de drogue. Le nerf d'une intrigue jonglant avec les époques, jouant avec bonheur des effets-miroir, et la matrice d'un film oscillant entre euphorie acide et désillusion(s): l'urgence en berne sans doute, mais pas moins acéré à sa façon pour autant. Choose Life? (J.F. PL.)

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