Cinémas d'horreur - Apocalypse, virus et zombies...

04/03/11 à 17:47 - Mise à jour à 17:47

Bouh! On joue à se faire peur dans ce documentaire. Ou plutôt à comprendre ce qui pousse le spectateur à investir les salles obscures en sachant fort bien qu'il y sera terrorisé.

Cinémas d'horreur - Apocalypse, virus et zombies...

© Luc Lagier

L'empreinte de l'époque, assurément. Et le documentaire de Luc Lagier a le joli mérite d'explorer cette relation entre angoisse sociétale et recours aux adjuvants gores pour l'exorciser. Il le fait de bien classique façon dans la construction de son propos, mais avec une véritable patte sur le déroulé formel de l'exposé. Plans et musique se teintent ainsi de l'univers si particulier des films d'horreur. Et c'est via 4 succès du genre, révélateurs d'une véritable nouvelle vague devenue quasi mainstream, que Luc Lagier construit ses hypothèses. On démarre aux Etats-Unis avec Alexandre Aja, fils de la version produit blanc de Francis Ford Coppola, Alexandre Arcady. Avec The Hills Have Eyes en 2006, Aja renoue avec la tradition des films d'horreur américains "sérieux", ceux qui, dans la foulée des images ramenées du Vietnam, déchiquetèrent les corps ou massacrèrent à la tronçonneuse. Pour choquer. Les cinéastes du début des années 70, de George Romero à John Carpenter, figurent d'ailleurs au sommet des sources d'inspiration du ciné d'horreur moderne. "Ce que je veux faire, ce n'est pas un film qu'on regarde, mais une expérience qu'on vit", souligne Alexandre Aja. C'est Eli Roth (photo) qui prend le relais. Réalisateur d' Hostel qui, dans le même registre que l'éprouvante série des Saw, a été qualifié par le New York Times de "torture porn", Roth s'aligne lui clairement dans la contestation anti-Bush des années 2000: les parties de torture d' Hostel mettent en scène, en réalité, tout ce que le monde entier semble vouloir comme bien aux (touristes) américains, pris au piège et massacrés dans une usine désaffectée d'Europe de l'Est... Les exemples du génialissime Rec de Jaume Balaguero et Paco Plaza, ainsi que du terrorisant The Descent permettent à Luc Lagier d'explorer encore et encore les motivations des cinéastes de l'horreur, d'interroger leur rapport aux enjeux sociétaux, de les confronter au message ou aux sensations qu'ils souhaitent diffuser dans le public. "Provoquer tout, sauf le sommeil", s'aventurent les 2 réalisateurs espagnols de Rec. C'est réussi.

Cinémas d'horreur - Apocalypse, virus et zombies..., documentaire de Luc Lagier, ce lundi 7 mars à 22h25 sur Arte.

Guy Verstraeten

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