Ce jour-là - 31 juillet 1993

25/07/11 à 10:47 - Mise à jour à 10:47

Ce jour-là revient sur le mort du roi Baudouin et les jours qui ont suivi, entre hystérie populaire et urgence politique.

Ce jour-là - 31 juillet 1993

© IMAGE GLOBE

On s'en souvient très bien. On avait 11 ans et on jouait dans le jardin quand les parents nous avaient annoncé la nouvelle, des trémolos dans la voix.

A l'époque, on avait tellement épuisé notre réserve de larmes à la mort du Roi Baudouin qu'il n'en restait plus une seule pour Lady Di, 4 ans plus tard. Pleurer un homme qu'on n'avait jamais rencontré, sangloter comme pour un oncle ou un grand-père? Incompréhensible, pour Nadia Geerts, philosophe, enseignante et militante laïque, qui évoque "l'hystérie" populaire d'alors. L'initiatrice du R.A.P.P.E.L. offre la seule note dissonante dans le concert de louanges orchestré par l'entourage de Baudouin, les journalistes et politiques qui l'ont côtoyé, et les sujets endeuillés, durant cette heure trente d'émission. "Il poussait les gens vers le mieux, vers le bon", se souvient Pierre-Yves Monette, alors conseiller du Roi. Quand il a appris son décès, "tout de suite, je me suis dit que c'était très très mauvais pour l'avenir". Un citoyen, l'oeil humide, a ces mots au micro de François De Brigode, qui lui demande pourquoi il est triste: "Le Roi est mort, et le Roi c'était une Belgique sereine et heureuse."

Ce jour-là revient sur le malaise cardiaque du souverain et sur les jours qui ont suivi. En débutant par la réunion du kern, dès la réception de l'information, pour plancher sur les premières dispositions à prendre. Situation d'autant plus délicate pour le noyau gouvernemental qu'aucun roi encore en exercice n'était mort en Belgique depuis 1934. Melchior Wathelet, qui était vice-Premier et ministre de la Justice, évoque l'urgence de l'instant: " Le pays pourrait être en danger si on ne prend pas à temps les bonnes décisions, si on ne fait pas à temps les bons messages, et si on n'a pas le plus vite possible la perspective d'avenir pour le pays (sic)."

Cette nuit-là, déjà, le pélérinage débute devant les grilles du Palais royal. Rien de comparable cependant avec la marée humaine (dont cette édition de l'émission d'Elodie de Sélys exhale la puissance de l'émotion) qui souhaitera se recueillir quelques instants, au prix parfois d'une dizaine d'heures d'attente, devant la dépouille de Baudouin. Une foule ébranlée par une rumeur qui allait s'avérer fondée: ce ne sera pas Philippe qui montera sur le trône, malgré l'entraînement en ce sens que lui avait offert son oncle, mais son frère, le prince Albert. Pas prêt, le jeune Philippe? Pas moins en tout cas que Baudouin, qui avait dû endosser un rôle lourd et périlleux à 20 ans à peine.

Myriam Leroy

Présenté par Elodie de Sélys.

20h15, La Une.

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