Assistance mortelle

25/03/13 à 15:33 - Mise à jour à 15:33

Raoul Peck signe un film aussi bouleversant que choquant: l'après tremblement de terre, en Haïti, s'est conjugué avec une ingérence internationale douteuse, sous couvert de bonnes intentions humanitaires.

Assistance mortelle

© RTBF

DOCUMENTAIRE DE RAOUL PECK. ****

Ce mercredi 27 mars à 22h05 sur La Une.

On hésite sur les termes à utiliser. Sombre? Formidable? Dramatique? Le réalisateur haïtien Raoul Peck (lire interview dans Le Vif/L'Express) met toute son âme dans cet essai aussi époustouflant que désespérant. Haïti, l'un des pays les plus pauvres au monde, est frappé en janvier 2010 par un tremblement de terre d'une violence inouïe. Plus de 230 000 personnes y laissent la vie. Les rues de Port-au-Prince croulent sous les gravats, un million et demi d'autochtones se retrouvent sans logement, parqués dans des camps de fortune...

Raoul Peck, deux années durant, balade sa caméra dans les coulisses de la reconstruction. Une reconstruction orchestrée par d'innombrables organisations internationales, institutions politiques, caritatives et humanitaires venues du monde entier. Un véritable magma de bonnes intentions fédérées autour d'un projet flou et mal emmanché. Première étape: s'occuper de nettoyer un pays littéralement enseveli sous les débris. Pas assez sexy pour les bailleurs de fonds, qui préfèreraient tirer le portrait d'une école ou d'un hôpital fraîchement construits. Accusées de corruption et d'incompétence, les autorités locales sont contournées. Et l'aide internationale se transforme en business malsain, désorganisé, laissant sur le carreau des centaines de milliers d'Haïtiens réduits à vivre dans des camps de réfugiés... Construit sous la forme d'une correspondance entre un homme et une femme, remarquablement documenté et écrit, ce film est une véritable claque qu'il est urgent de se prendre en plein visage.

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