À la télé ce soir: Soundhunters, une expédition musicale

19/09/15 à 07:00 - Mise à jour à 18/09/15 à 16:23

Source: Focus Vif

Miaulement d'un chat, roucoulement d'un oiseau, crissement d'un pneu, cliquetis de l'eau... Tout pour les soundhunters peut a priori être source de musicalité.

À la télé ce soir: Soundhunters, une expédition musicale

Simonne Jones dans la ville de Sao Paulo © SWR/a-Bahn/Camera Talk Production

"Il est facile d'être chasseur de sons. Le son est partout et on ne peut pas l'éteindre. Mais le défi est de faire entendre des sons inhabituels. L'important, c'est de donner à entendre une histoire. Des sons venus d'autres pays ou de derrière une porte. Comme la vie sexuelle de la reine." Les mots sont de Matthew Herbert. Ce Britannique un peu barjot qui a avec son album One Pig mis en musique la vie d'un cochon. De sa naissance à son dernier jour sur terre, dans une assiette de restaurant. Herbert est l'un de ces artistes qui fouillent les bruits du quotidien et samplent la réalité pour la mettre en musique. De ces explorateurs qui, à l'aide de petits magnétophones portatifs ou d'équipements plus sophistiqués, traquent les sons. Que ce soit au British Museum, dans leur cuisine, les égouts de Londres ou en montgolfière.

Miaulement d'un chat, roucoulement d'un oiseau, crissement d'un pneu, cliquetis de l'eau... Tout pour ces soundhunters peut a priori être source de musicalité. Depuis la fin des années 40 et l'avènement de la musique concrète, les recherches de Pierre Schaeffer, de Karlheinz Stockhausen et d'un John Cage, les bruits de la vie courante et du monde qui nous entourent se sont frayé un chemin dans la musique pop et expérimentale.

"Ai-je le droit de créer un morceau de musique avec le son d'un accident de voiture arrivé à des inconnus sans leur autorisation?" Dans ce passionnant documentaire de Beryl Koltz où l'on suit le duo français KIZ, Herbert, qui a commencé avec une pomme et un moulin à poivre avant de comprendre l'importance du lieu de captation, se pose des questions morales. Blixa Bargeld (Einstürzende Neubauten), pour qui le goût mène à une impasse, questionne la valeur du son. Drew Daniel et Martin Schmidt de Matmos, dont un des albums ne fait entendre que des sons médicaux et dont le prochain est bâti sur les bruits de leur lave-linge, affichent tout leur sens de l'humour. Tandis que Joseph Bertolozzi raconte sa bridge music et ses aventures avec la Tour Eiffel.

Rébellion contre le système, conversation avec le monde, dialogue avec les souvenirs? Où se cache le sens dans le son? Comment ce son restitue-t-il les caractéristiques d'un lieu ou d'un vécu? Jean-Michel Jarre (à qui un documentaire est déjà consacré plus tôt dans la soirée) et Chassol sont aussi de l'expédition musicale. Le genre de programme qui invite à percevoir l'environnement sonore autrement, à entendre le camion poubelle faire de la musique de bon matin avec le chien du voisin. Fascinant.

DOCUMENTAIRE DE BERYL KOLTZ.

Ce samedi 19 septembre à 23h15 sur Arte.

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