[À la télé ce soir] Mensonges d'État (Body of Lies)

24/03/17 à 07:00 - Mise à jour à 17/03/17 à 11:23

Source: Focus Vif

Ridley Scott s'intéresse au travail de la CIA au Moyen-Orient et signe un film d'espionnage au rythme soutenu porté par un excellent Leonardo DiCaprio.

[À la télé ce soir] Mensonges d'État (Body of Lies)

Leonardo DiCaprio dans Body of Lies de Ridley Scott. © DR

"Dans l'univers trouble de l'espionnage, le pouvoir ne se mesure ni à la qualité de votre armement ni à la technologie dont vous disposez. Il se mesure à la quantité d'informations vitales que vous êtes capables d'obtenir, d'exploiter ou de prétendre contrôler", dit Ridley Scott dans son nouveau long métrage.

Mensonges d'Etat suit les pérégrinations de Roger Ferris, le meilleur homme de terrain des services de renseignement américains. Ferris tente de repérer un redoutable chef terroriste. Sur ses traces, il court d'Irak en Jordanie, de Washington à Dubaï guidé par le vétéran Ed Hoffman. Hoffman est un autre genre d'agent. Il mène la guerre à distance depuis son salon. Scotché à son téléphone et son ordinateur portable. Bienvenue dans un monde de trahisons et de faux-semblants. Bienvenue dans un monde où la confiance est la plus dangereuse des tactiques.

Mensonges d'Etat est adapté d'un roman (Body of Lies) de David Ignatius, journaliste au Washington Post. Le bouquin, publié en 2007, avait été loué pour sa description des méthodes d'espionnage américaines. L'auteur a suivi pendant dix ans les activités de la CIA et la crise au Proche-Orient pour le Wall Street Journal. Il a aussi été profondément marqué par les nombreuses anecdotes que son père, ancien membre de la Navy, lui a contées.

Soit dit en passant, le film a été tourné aux Etats-Unis, en Europe et au Maroc. Ridley Scott voulait poser ses caméras à Dubaï et plus généralement aux Emirats Arabes Unis mais vu la sensibilité du sujet de son film, les autorités locales ne l'y ont pas autorisé.

Bilan mitigé

Si son oeuvre est inégale, le réalisateur de Thelma et Louise peut se targuer d'une qualité. Celle de parvenir à traverser le temps avec succès. De nous plonger dans le passé (Gladiateur, American Gangster) et de nous lire l'avenir (Alien, Blade Runner) avec autant de succès. Ici, le frère de Tony se conjugue au présent avec, disons, un bilan mitigé. Bien ficelé, enlevé, Body of Lies oppose deux visions un peu sommaires de la politique étrangère américaine. L'une, idéaliste, incarnée par l'impeccable Leonardo DiCaprio, homme de terrain, de parole, qui maîtrise l'arabe et s'est laissé pousser la barbe. L'autre, agressive, symbolisée par Russell Crowe, employé de bureau boursouflé prêt à toutes les méthodes et tous les sacrifices.

S'il pointe l'absence de scrupule et l'incompétence de la CIA, évite un patriotisme déplacé, Scott aurait sans nul doute pu aller plus loin. Body of Lies est un bon divertissement mais manque de substance.

Reste un coup de coeur. Mark Strong, à l'affiche du Rocknrolla de Guy Ritchie, mais aussi de Good, drame historique sur la montée du nazisme dans lequel il donne la réplique à Viggo Mortensen, crève l'écran. Fascinant dans le rôle d'Hani, chef des Forces spéciales jordaniennes.

De Ridley Scott. Avec Leonardo DiCaprio, Russell Crowe, Mark Strong. 2008. ***

Ce vendredi 24 mars à 20h00 sur La Deux.

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