À la télé ce mardi soir: Sur la route avec Socrates

10/03/15 à 07:00 - Mise à jour à 09/03/15 à 15:32

Source: Focus

Sur les traces du grand footballeur libertaire Socrates, Daniel Cohn-Bendit sillonne le Brésil et en tire un portrait tout en contraste entre ombre et lumière.

À la télé ce mardi soir: Sur la route avec Socrates

Daniel Cohn-Bendit © Acajou Films

Rio. Juin 2014. A trois jours du coup d'envoi de la Coupe du monde, Daniel Cohn-Bendit prend les clés du camping car ("naissance en 1968, vitesse maximale 80 km/h") avec lequel il va traverser le Brésil et l'emmène se faire maquiller par un tagueur dans les favelas... Nostalgique, Dany Le Rouge se souvient. Il se rappelle de ces temps pas encore si lointains où "le football était politique et où la politique occupait le terrain". Quand, au début des années 80, alors que le pays était soumis à la dictature militaire, les joueurs de Corinthians emmenés par le charismatique Socrates marquaient leur soutien aux révoltes du peuple. Participaient au mouvement et à la mobilisation sociale pour les élections directes. Et montaient sur la pelouse en brandissant des banderoles "Gagner ou perdre mais toujours en démocratie"...

Devenue un symbole de la lutte pour la liberté, la démocratie corinthiane trouve ses origines en novembre 1981. En déroute sur le plan sportif, le club de Sao Paulo est repris en main par un sociologue de 35 ans qui s'est jadis opposé au régime. S'il propose dans un premier temps aux joueurs de redistribuer les recettes du stade et de la télé à tous les salariés plutôt que de les payer avec des primes, les footballeurs finiront par prendre les décisions sportives collectivement. De la préparation des matchs au recrutement des joueurs et entraîneurs... Un exemple unique dans l'histoire du football.

Il y a quelques années, Cohn-Bendit et Socrates ont sympathisé et se sont mis en tête de revisiter à l'occasion du Mondial le rêve d'une exception brésilienne où le football ne serait pas seulement un spectacle. Le mythique milieu de terrain étant décédé en décembre 2011 à l'âge de 57 ans, l'ancien politicien a pris la route seul. Se mettant un peu trop en scène (c'est le seul reproche qu'on lui adressera), il s'est promené dans les quartiers populaires. Est parti à la rencontre d'opposants à la Coupe du monde qui dénonçaient la privatisation du Maracana et auraient préféré des hôpitaux et des écoles aux normes de la FIFA que des stades de foot. Il a regardé les matchs du Brésil avec des habitants exclus des stades par les tarifs prohibitifs. Rencontré le mouvement des sans terre au paradis de l'agro business et des cultures transgéniques, Wladimir, l'arrière gauche et le bras droit de Socrates, la star Gilberto Gil, ex-ministre de la Culture, ou encore l'ancien joueur du PSG et révolutionnaire Raï. City trip le poing levé au pays du foot roi...

DOCUMENTAIRE DE NIKO APPEL ET LUDI BOEKEN.

Ce mardi 10 mars à 20h50 sur Arte.

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