Ferré chez les Belges
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05423252016-08-24 14:34:142016-08-24 15:04:38Le VifPas de parutionNormalArticlePhilippe CornetPar Philippe CornetMusiqueBelgiqueLeVif Focus

Ferré chez les Belges

Un siècle après sa naissance, Léo Ferré (24 août 1916 - 14 juillet 1993) incarne toujours l'ultime poète libertaire fasciné par la musique. Amour et anarchie, déception et révolte... Son arme de séduction massive continue à produire ses effets. En Belgique aussi.

yesrmgimport newsgate2016-08-24 14:34:00http://focus.levif.be/culture/musique/ferre-chez-les-belges/article-normal-542325.htmlhttp://m.focus.levif.be/culture/musique/ferre-chez-les-belges/article-normal-542325.htmlhttp://focus.levif.be/culture/musique/http://m.focus.levif.be/culture/musique/http://www.levif.be/actualite/belgique/http://m.levif.be/actualite/belgique/
Ferré chez les Belges

"Tout début des années 1950 à Paris, je parcourais les cabarets de la rive gauche: aux Trois Mailletz, il y avait quelques tables et puis ce type s'accompagnant au piano, qui portait des lunettes recollées au scotch. Plutôt doté d'un physique de chef d'orchestre (sourire), il chantait déjà Monsieur Tout-Blanc: "Monsieur Tout-Blanc/Vous enseignez la charité/Bien ordonnée/Dans vos châteaux en Italie/Monsieur Tout-Blanc/La charité/C'est très gentil/Mais qu'est-ce que c'est ?/Expliquez-moi." Je me suis dit que celui-là, je voulais le faire venir dans mon lieu, La Poubelle, à Bruxelles." Une soixantaine d'années plus tard, Jo Dekmine, directeur du Théâtre 140 de 1963 à 2015, peu porté par la nostalgie, parle de Léo comme d'une partie importante de sa vie. Coup de foudre artistique qu'il invite dans ses cabarets puis à quatre reprises au 140 entre 1964 et 1972: "La première fois, Ferré a logé chez mes parents à Schaerbeek, dans la chambre de mon grand-père, avec son grand chien adorable. Il était charmant et on parlait des poètes, notamment ceux qu'il adaptera plus tard en musique, Aragon, Verlaine, Rimbaud ou Apollinaire dont il voulait faire un oratorio. Ferré n'était pas une petite voix intéressante, mais un chantre, un cantor qui écrivait des chansons mais aurait supporté de composer des symphonies. Ce qu'il fera d'ailleurs plus tard, devenant son propre Mozart, son propre Beethoven."

Philippe CornetJo Dekmine, directeur du Théâtre 140 de 1963 à 2015, et découvreur de Ferré.

Le gamin Ferré est issu de la classe moyenne monégasque - son père est directeur du personnel du casino de Monte-Carlo - et a été abreuvé aux sillons classiques, croisant Ravel et rêvant d'orchestres larges. Les relations entre Jo et Léo se tendent dans les seventies, lorsque le chanteur accepte une apparition à Forest National, entraînant l'annulation d'une série prévue au 140, mais Dekmine garde une image plutôt préservée des contradictions de l'anar-vedette: "Dès les débuts, j'ai senti l'anarchie en lui et il tirait le diable par la queue. Plus tard, il a chanté ses chansons révolutionnaires devant les nantis du Brabant wallon à Louvain-la-Neuve, les bourgeois sur lesquels il crachait (sourire): on venait écouter religieusement le poète, le gauchiste généreux. Ferré était son meilleur fan, il avait une grande confiance en lui. Il a été le premier à oser une certaine parole, même s'il n'a pas évité les pompiérismes d'une écriture aux excès un peu faciles, abusant parfois des majuscules..."

"Il a été le premier à oser une certaine parole, même s'il n'a pas évité les pompiérismes d'une écriture aux excès un peu faciles"

Rêves de singe

"Avec le temps... /Avec le temps va tout s'en va/Et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu/Et l'on se sent glacé dans un lit de hasard/Et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard/Et l'on se sent floué par les années perdues." La plus célèbre chanson de Ferré, celle la plus reprise à l'international, est aussi la plus conventionnellement sombre d'un répertoire qui sourira peu à la vie, soumise à des tempêtes de mots et de doutes puissants. Un verbe aussi rêveur qu'inventeur fasciné par ses propres cruautés et ses néologismes tentés par le cosmique. Avec le temps, écrite et composée par Ferré en 1969, enregistrée à l'automne suivant, ne sort en 45-tours qu'en 1971 avec, en guise de face B, un court texte d'Apollinaire. La densité de la tristesse exprimée vient de la faillite de son second mariage, avec Madeleine, sur les contreforts de 1968 et l'assassinat de sa guenon Pépée. "T'avais les mains comm' des raquettes/Pépée/Et quand j'te f'sais les ongles/J'voyais des fleurs dans ta barbiche/T'avais les oreill's de Gainsbourg/Mais toi t'avais pas besoin d'scotch/Pour les r'plier la nuit/Tandis que lui... ben oui !/Pépée".

Né à Monaco le 24 août 1916, le quinquagénaire Ferré, est alors au pinacle de sa popularité, bientôt dopée par C'est extra, mélodie en tube majeur inspirée par les Moody Blues anglais et toujours des paroles qui osent: "Une robe de cuir comme un oubli/Qu'aurait du chien sans l'faire exprès/Et dedans comme un matin gris/Une fille qui tangue et qui se tait/C'est extra". Le triomphe d'une "graine d'ananar" comme il le beugle déjà sur son troisième album, paru en 1954, devenu dans les sixties, l'un des trois rois de la chanson française, adoubé par cette interview en compagnie de Brel et Brassens pour le magazine Rock & Folk, début 1969. Ferré y définit son sens de la politique: "Non, je ne suis pas, je ne peux pas être un militant. Je ne peux pas militer pour quelque idée que ce soit car je ne serais pas libre. Et je crois que Brassens et Brel sont comme moi, parce que l'anarchie, c'est d'abord la négation de toute autorité d'où qu'elle vienne. L'anarchie, ça a d'abord fait peur aux gens, à la fin du XIXe siècle, parce qu'il y avait des bombes. Après, ça a fait rigoler. Ensuite, le mot anarchie a pris comme un mauvais goût dans la bouche des gens. Et puis, depuis quelques mois, singulièrement depuis mai, les choses se sont remises en place." (1)

DRL'affiche du concert donné pour payer la caution de libération du libertaire Roger Noël détenu en Pologne.

Léo mène sous les traits de l'icône blanchie - toison christique, fringues noires - un répertoire incendié par les spasmes continus de la révolte. Les étudiants le plébiscitent et les concerts de la Mutualité, à Paris, et d'ailleurs, fleurissent de drapeaux noirs et d'applaudissements-slogans. Ferré aménagera ses colères: en 1982, lorsque le libertaire belge "Babar" - Roger Noël - se fait pincer en Pologne avec du matériel destiné au syndicat Solidarnosc, le chanteur accepte de venir faire sa grand-messe laïque à l'auditorium Janson de l'ULB pour payer la caution exigée du pouvoir polonais. Mais pas de diminuer son cachet usuel : anarchisme pragmatique donc.

Cubisme musical

Ferré a d'abord écrit pour les autres: Catherine Sauvage est la première à mettre de la lumière sur ses chansons, faisant de Monsieur William le succès de 1953 qui tire l'auteur de la mouise financière. Sauvage enregistrera près de cent titres de Ferré qui, depuis sa mort en 1993, vagabonde toujours dans le répertoire des autres. Philippe Léotard, cocaïnomane royaliste, sera parmi les interprètes transcendants du libertaire. Quand on le voit sur scène, en 1995 à La Louvière, accompagné d'un seul accordéoniste, la voix défoncée, les choix de l'acteur anoblissent les mots princiers du sujet monégasque: la littérature encore et toujours. La langue ferréenne joue du néologisme comme du contre-pied: on l'attend poulbot ou métaphorique, il débarque narquois. "Elle m'sex appeal/Et dans l'black out/Je smash facile/Sur son standing/In extremis/J'fais du pressing/Au self service/Et j'cause français/C'est un plaisir", brame-t-il dans La Langue française de 1962 qui annonce le verbe Gainsbourg.

Rue des archivesEn coulisses après un concert au Théâtre 140 à Bruxelles, Léo Ferré est assailli par les journalistes, les admirateurs et les contestataires, en 1970.

En 2003, paraît chez Universal un album de reprises de l'artiste où la génération Miossec, Katerine, Dominique A côtoie les fans Lavilliers et Bashung, laissant ce dernier tordre la mélancolie originale d'Avec le temps dans un arrangement quasi country. "On retrouve l'audace de Ferré chez Bashung dans l'album L'Imprudence, en moins verbeux, moins ampoulé: il y a moins de mots mais des similitudes existent. Si tu chantes en français, tu ne peux pas passer à côté de Ferré qui considérait la chanson comme un art majeur, contrairement à Gainsbourg." Le Belge Ivan Tirtiaux reprend en scène La vie d'artiste, Est-ce ainsi que les hommes vivent? ou ce Monsieur William qu'il bénit particulièrement. "J'adore les débuts de carrière de Ferré, confie Tirtiaux. Parce que c'est là qu'il chante le mieux, qu'il est plus dans la mélodie, avant que le poète ne prenne le dessus sur des cadences harmoniques se répétant davantage. Sa forme classique, nourrie aux alexandrins, est remplie d'associations de mots dingues. A la fin, il écrivait pratiquement tous ses textes, avec un sens aigu de la liberté: quand il reprend Aragon dans Est-ce ainsi que les hommes vivent?, il taille dans le texte original. Ce sont des chansons-monuments et Ferré est le chanteur du spleen, on ne l'écoute pas tous les jours: il est un peu comme Picasso, passé d'une période bleue à une forme de cubisme musical."

Philippe CornetVingt-trois ans après sa mort, les chansons de Ferré vagabondent encore dans le répertoire des autres, comme dans celui du chanteur belge Ivan Tirtiaux.

L'héritage, c'est aussi le soin apporté par Mathieu Ferré, l'aîné de ses trois enfants, à soigner les archives parfois en errance, à les réhabiliter tout en les contextualisant via des disques riches en détails. La société d'édition créée du vivant du pater - La mémoire et la mer - reprise par la famille pour la diffusion de l'oeuvre, a par exemple publié, en 2003, un triple CD bouclé en 1984 lors d'un récital parisien au théâtre des Champs-Elysées. Ferré y rassemble tout le toutim, soit l'orchestre symphonique et les percussions de Milan, la chorale de la cathédrale de Monaco, plus un accordéoniste. Bombastique, lyrique, absolutiste. Il en signe les orchestrations et dirige l'ensemble, en Toscanini amateur de Bakounine. La langue, fouillée et fruitée, s'insinue dans tous les pores d'un vocabulaire libre, emprunte "des goémons de nécropole" et puis, sur les 23 minutes de La Solitude, devient fleuve. Pas Meuse mais Amazone de sensations qui mouillent dans différents ports via l'histoire racontée, peut-être en partie improvisée: Ferré parle autant qu'il ne chante, d'un grand-père, cocher de fiacre, d'un futur proche qui questionne l'existence des computers [...] et puis aussi de Nietzsche s'en allant embrasser un cheval maltraité. Les multiplicités biographiques de l'existence, sublimées en une chanson-symphonie, eldorado d'un nouvel or musical. Quel mec quand même, Ferré!

(1) Léo Ferré, une vie d'artiste, par Robert Belleret, Actes Sud, 2016, 848 p.

MEDIUMPZ15cornet-philippeJournaliste musiqueCornetPhilippereporter/assets/88/avatar_45377.jpghttp://focus.levif.be/culture/auteurs/philippe-cornet-15.htmlhttp://m.focus.levif.be/culture/auteurs/philippe-cornet-15.htmlJo DekmineLéo FerréIvan TirtiauxThéâtre 140
Astrid Van Impe: "perdre des subsides, c'est comme se faire taper sur les doigts"
Astrid Van Impe: "perdre des subsides, c'est comme se faire taper sur les doigts"
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Astrid Van Impe: "perdre des subsides, c'est comme se faire taper sur les doigts"
04173792015-09-08 16:29:192015-09-08 16:31:53FocusPas de parutionNormalArticlePhilippe CornetPar Philippe CornetScènesLeVif Focus

Astrid Van Impe: "perdre des subsides, c'est comme se faire taper sur les doigts"

Après un demi-siècle de Jo Dekmine, Astrid Van Impe prend la direction du 140 alors que ses subventions se trouvent réduites. L'occasion de parler du couple compliqué fric-culture.

yesKevin Dochain2015-09-08 16:29:00http://focus.levif.be/culture/scenes/astrid-van-impe-perdre-des-subsides-c-est-comme-se-faire-taper-sur-les-doigts/article-normal-417379.htmlhttp://m.focus.levif.be/culture/scenes/astrid-van-impe-perdre-des-subsides-c-est-comme-se-faire-taper-sur-les-doigts/article-normal-417379.htmlhttp://focus.levif.be/culture/scenes/http://m.focus.levif.be/culture/scenes/
Astrid Van Impe: "perdre des subsides, c'est comme se faire taper sur les doigts"

Astrid Van Impe, 33 ans depuis le 4 juillet, n'est pas sans rappeler, au physique, Joëlle Milquet, en plus jeune. N'empêche. A la mi-juillet 2015, suite à un avis négatif du Conseil de l'Art Dramatique (CAD), la Ministre Milquet de la culture, en place depuis juillet 2014, annonce son "verdict": le Théâtre 140 voit sa subvention annuelle (de 600.962 euros) rognée de 5%. Etonnement dans la mesure où, dixit Astrid, "le théâtre tourne, le public vient, la presse aime, et il n'y a aucune raison que cela change. L'argent est une chose, mais symboliquement, c'est un peu lourd, c'est comme taper sur les doigts d'un mauvais élève."

L'affaire commence en juin 2014 lorsque le CAD -composé de quatorze pros du monde du théâtre- rend l'avis défavorable: celui-ci n'est connu du 140 qu'en décembre de la même année. "Là, avec Jo et Olivier qui s'occupe notamment du développement des partenariats, on est allé voir la ministre Milquet. Elle nous a rassurés et demandé de lui remettre une liste de missions qu'on pourrait remplir dans notre prochain contrat-programme. Notamment d'étendre notre travail de créations étrangères -la première "mission"du 140 depuis ses débuts- à des artistes de la FWB. On nous a fait également comprendre qu'il fallait trouver un successeur à Jo." Dekmine, né en 1931, est le fin nez qui a fait venir au 140 les Gainsbourg, Pink Floyd et Living Theatre débutants: il est prié de prendre sa retraite après 52 ans d'un parcours explorateur hors-norme. La ministre a peut-être oublié qu'elle venait au même 140 voir des spectacles avec sa mère, merveilles débusquées par Mr Jo. "Cette coupure financière est d'autant plus injuste, enchaîne Astrid, qu'on a répondu aux nouveaux critères de la ministre, ceux qui consistent à "faire bouger les lignes". J'ai bien l'intention de voir le cabinet Milquet à la rentrée et d'avoir l'occasion de nous défendre." Quelques jours après la rencontre avec Astrid, un membre du Conseil de l'Art Dramatique de la FWB, Michel Kacenelenbogen, nuancera ceci dit "l'affaire" de Dekmine et des 5% (voir notre dossier).

Malade imaginaire

Astrid, fille d'une classique famille bourgeoise de Chaumont-Gistoux, est attirée par le dessin mais "pas trop assidue à l'école, qui m'emmerdait un peu. Je ne rentrais pas dans le moule et n'avais aucune faculté à me mettre devant. Je brossais facilement les cours mais pas les jours de représentation théâtrale. J'avais envie d'apprendre les faits de société et les bases, comme Shakespeare. Etre comédienne? Non, trop peur d'être mauvaise." Une fin d'après-midi d'août, dans le 140 vide, Astrid est un rien nerveuse à l'idée de passer au banc médiatique. "Je suis réservée et pas toujours sympathique au premier abord, je n'aime pas la mentalité des gens qui pensent tout savoir", dit-elle. Pas non plus du genre à renoncer. La passion théâtrale lui tombe sur le nez, un jour d'adolescence via le très classique Malade imaginaire de Molière donné à l'Atelier Jean Vilar de LLN. Elle découvre la fibre du comédien, le souffle du verbe, le vertige scénique, sensation différente de la voie scolaire prémâchée, genre études de droit à l'UCL. Elle écoute le rap -"français ou américain, une sorte de pied de nez à mon milieu"-, choisit des études de tourisme et se retrouve à vivre dans la maison familiale avec sa jeune soeur de 17 ans. Elle en a 20 et les parents, divorcés, ne sont plus là. Pas plus que le frère, parti au Brésil. Plus tard, en Erasmus dans une ville anonyme du nord de la Finlande, elle partagera un immeuble avec 80 étudiants: "Je pensais que j'aimais le soleil, la chaleur, et en fait, non: j'adore le froid sec." Sourire discret mais affirmé: un peu son passeport de vie, tiens.

"J'avais bossé dans une boîte à Wavre qui organisait des séminaires et je ne me voyais pas être à la disposition des clients. J'ai suivi une formation en commerce à Charleroi, et un stage au Manège de Mons, travaillant sur une expo consacrée à l'affiche politique que j'espérais faire tourner, mais je n'ai pas été engagée. Là, j'apprends que le 140 cherche une assistante administrative. Je ne connaissais pas le théâtre de Jo, c'est horrible, c'est triste (...) mais j'ai lu ses éditos et j'ai adoré. On s'est tout de suite bien entendu." Astrid est embauchée et commence alors, en 2008, une période où elle "veut tout aller voir". D'abord dans le sillage de Dekmine et puis aussi en roue libre, qui se précise lorsque la co-directrice du 140, Renée Padua, quitte le paquebot. "Jo m'a appris à décrypter le pourquoi, à comprendre ce qui était bon dans les choses même dispensables. J'ai commencé à défendre mon point de vue, à aller au spectacle sans lui." Lors des séjours d'été à Avignon -grand-messe du théâtre et de la danse-, Astrid voit trois à six shows au quotidien, sur dix-douze jours, sinon c'est 150 fois théâtre par an. Elle adore "la découverte, les codes non utilisés où je dois serrer les dents pour ne pas pleurer". Cet été, elle a été bouleversée par une pièce qui raconte l'histoire d'une jeune Maghrébine brûlée vive parce qu'elle voulait se marier à un Français. "Là, j'ai envie de partager cette histoire", dit-elle, en rajoutant: "Je ne pense jamais à remplacer Jo, je vois au jour le jour et je savoure. Pourvu que cela dure. Je suis quelqu'un d'assez solitaire mais je profite des compétences de chacun, j'aime que l'on trouve des solutions ensemble, au Théâtre 140."

L'avenir, c'est aussi travailler en amont avec le Botanique sur des artistes belges (francophones, deal FWB oblige) pour les accueillir en résidence: Ivan Tirtiaux et Karim Gharbi sont déjà au programme de l'avenue Plasky. "Etre de nouveau dans la découverte, comme aux débuts du 140", précise Astrid, qui va filer au Festival d'Edimbourg débusquer de la qualité, du sens et de la surprise. "Il ne faudrait pas que les arts de la scène ne soient qu'une valeur marchande"...

WWW.THEATRE140.BE

>> Lire également: Subsides et culture: je t'aime, moi non plus.

15cornet-philippeJournaliste musiqueCornetPhilippereporter/assets/88/avatar_45377.jpghttp://focus.levif.be/culture/auteurs/philippe-cornet-15.htmlhttp://m.focus.levif.be/culture/auteurs/philippe-cornet-15.htmlThéâtre 140jo dekmineAstrid Van Impe011http://focus.levif.be/culture/musique/subsides-et-culture-je-t-aime-moi-non-plus/article-normal-417255.html

Subsides et culture: je t'aime, moi non plus

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Astrid Van Impe succède à Jo Dekmine à la tête du Théâtre 140
Astrid Van Impe succède à Jo Dekmine à la tête du Théâtre 140
Astrid Van Impe succède à Jo Dekmine à la tête du Théâtre 140
Astrid Van Impe succède à Jo Dekmine à la tête du Théâtre 140
Astrid Van Impe succède à Jo Dekmine à la tête du Théâtre 140
Astrid Van Impe succède à Jo Dekmine à la tête du Théâtre 140
03999872015-06-11 15:26:482015-06-11 15:26:49BelgaPas de parutionNormalArticleFocus VifPar Focus VifScènesLeVif Focus

Astrid Van Impe succède à Jo Dekmine à la tête du Théâtre 140

Jo Dekmine passera laissera son poste de directeur du Théâtre 140 à Astrid Van Impe le 1er septembre 2015, indique un communiqué du théâtre bruxellois.

yesKevin Dochain2015-06-11 15:26:51http://focus.levif.be/culture/scenes/astrid-van-impe-succede-a-jo-dekmine-a-la-tete-du-theatre-140/article-normal-399987.htmlhttp://m.focus.levif.be/culture/scenes/astrid-van-impe-succede-a-jo-dekmine-a-la-tete-du-theatre-140/article-normal-399987.htmlhttp://focus.levif.be/culture/scenes/http://m.focus.levif.be/culture/scenes/
Astrid Van Impe succède à Jo Dekmine à la tête du Théâtre 140

Née en juillet 1982 à Bruxelles, Astrid Van Impe a rejoint l'équipe du Théâtre 140 en 2008 et assure depuis 2010 la programmation de l'institution culturelle bruxelloise aux côtés de Jo Dekmine.

Fondé en 1963 par Jo Dekmine, le Théâtre 140, situé au n°140 de l'avenue Eugène Plasky à Schaerbeek, fera preuve d'ouverture en accueillant dès sa première saison un mélange - osé pour l'époque - de Cool jazz et Free jazz, de chanteurs, de théâtre et de danse dite contemporaine.

Serge Gainsbourg, Léo Ferré, Barbara, Georges Moustaki, Juliette Greco, Claude Nougaro, Jacques Dutronc, Michel Polnareff, William Sheller, Renaud fouleront ainsi au fil des ans les planches de l'institution bruxelloise aux côtés de jazzmen et de bluesmen tels que Thelonious Monk, Lionel Hampton, John Lee Hooker, Al Jarreau, BB King. La jeune chanson française ne sera pas oubliée puisque des artistes comme Jeanne Cherhal, Emilie Loizeau ou encore Renan Luce s'y produiront également à l'instar de Dominique A., Benjamin Biolay et Arthur H. pour ne citer qu'eux.

Jo Dekmine fera également beaucoup pour la danse contemporaine en Belgique en programmant les spectacles d'Anne Teresa De Keersmaeker, Alain Platel ou encore de Wim Vandekeybus.

De nombreux humoristes se produiront aussi au 140: Guy Bedos, Pierre Desproges, Francis Blanche ou Raymond Devos.

>> Notre interview, bourrée d'anecdotes, de Jo Dekmine à l'occasion des 50 ans du Théâtre 140: "Pink Floyd a donné 9 concerts en 2 ans chez nous".

10focus-vif-la-redaction-deRédaction en ligneVifFocusreporter/assets/126/avatar_64963.jpghttp://focus.levif.be/culture/auteurs/focus-vif-10.htmlhttp://m.focus.levif.be/culture/auteurs/focus-vif-10.htmlThéâtre 140jo dekmineAstrid Van Impe011http://focus.levif.be/culture/scenes/50-ans-du-theatre-140-pink-floyd-a-donne-9-concerts-en-2-ans/article-normal-10525.html/medias/315/161425.jpg

50 ans du Théâtre 140: "Pink Floyd a donné 9 concerts en 2 ans"

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En images: Miossec au Théâtre 140
En images: Miossec au Théâtre 140
En images: Miossec au Théâtre 140
En images: Miossec au Théâtre 140
En images: Miossec au Théâtre 140
03171972014-10-20 09:52:532014-10-20 09:54:26FocusPas de parutionNormalDiaporamaFocus VifPar Focus VifMusiqueLeVif Focus

En images: Miossec au Théâtre 140

Ce samedi, le chanteur breton donnait un concert d'anthologie au Théâtre 140 bruxellois. Retrouvez les photos du concert, ainsi que celles de Fiodor Dream Dog, le groupe de Tatiana Mladenovitch, batteuse de Bertrand Belin, qui assurait la première partie.

auto2014-10-20 09:52:00http://focus.levif.be/culture/musique/en-images-miossec-au-theatre-140/diaporama-normal-317197.htmlhttp://m.focus.levif.be/culture/musique/en-images-miossec-au-theatre-140/diaporama-normal-317197.htmlhttp://focus.levif.be/culture/musique/http://m.focus.levif.be/culture/musique/En images: Miossec au Théâtre 140/medias/2592/1327277.jpg/medias/2592/1327269.jpg/medias/2592/1327273.jpg/medias/2592/1327281.jpg/medias/2592/1327293.jpg/medias/2592/1327305.jpg/medias/2592/1327289.jpg/medias/2592/1327301.jpg/medias/2592/1327297.jpg/medias/2592/1327285.jpg10focus-vif-la-redaction-deRédaction en ligneVifFocusreporter/assets/126/avatar_64963.jpghttp://focus.levif.be/culture/auteurs/focus-vif-10.htmlhttp://m.focus.levif.be/culture/auteurs/focus-vif-10.htmlMiossecThéâtre 140Fiodor Dream Dog011http://focus.levif.be/culture/musique/miossec-tout-feu-tout-flammes/article-normal-317149.html

Miossec tout feu tout flammes

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Miossec tout feu tout flammes
Miossec tout feu tout flammes
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Miossec tout feu tout flammes
Miossec tout feu tout flammes
Miossec tout feu tout flammes
03171492014-10-19 11:25:302014-10-20 10:29:32NonePas de parutionNormalArticleLaurent HoebrechtsPar Laurent HoebrechtsMusiqueLeVif Focus

Miossec tout feu tout flammes

Après Bastogne et Charleroi, le chanteur breton était de passage samedi au Théâtre 140 à Bruxelles pour un concert d'anthologie.

auto2014-10-19 11:25:00http://focus.levif.be/culture/musique/miossec-tout-feu-tout-flammes/article-normal-317149.htmlhttp://m.focus.levif.be/culture/musique/miossec-tout-feu-tout-flammes/article-normal-317149.htmlhttp://focus.levif.be/culture/musique/http://m.focus.levif.be/culture/musique/
Miossec tout feu tout flammes

Samedi soir, sur le coup de 23h. Tout le Théâtre 140 est debout pour applaudir longuement Miossec et son groupe. Un vrai triomphe. On plussoie, confirme, et renchérit même: cela faisait un petit moment que l'on n'avait plus vu le bonhomme dans une telle forme. En fait, on ne l'a même peut-être jamais vu comme ça. C'est nous? Ou bien la douceur inhabituelle pour un mois d'octobre qui donne des airs de printemps aux terrasses du quartier Plasky? Ou alors s'agit-il du lieu? Visiblement fâché avec l'Orangerie du Botanique où il avait ses habitudes, le Breton débarquait pour la première fois sur la scène "historique" du 140, toujours tenue par ce vieux marabout de Jo Dekmine.

C'est peut-être encore une question de formule tout simplement. Sur scène, Christophe Miossec est sacrément bien entouré: à sa droite, les mecs (Hugo Cechosz à la basse, Florent Savigny à la batterie, et Vincent David à la guitare), à sa gauche les filles (Valentine Duteil au violoncelle,?claviers, Nathalie Réaux aux percussions, claviers), tout le monde en tenue de soirée, classe. Officiellement, il s'agit de se délaisser un peu l'électricité pour jouer davantage les nuances. Moins de bourre-pif, plus de caresses. En vrai, on a plutôt l'impression inverse: en passant par la "chanson", Miossec n'a jamais sonné aussi... rock. Chaque titre ressemble en effet à un morceau de bravoure - sur la grosse heure quarante de concert, quasi aucun temps mort. L'art du crescendo en particulier est ici transcendé, Miossec et son groupe envoyant dans les hauteurs aussi bien les nouveaux Bêtes, comme j'étais avant ou A l'attaque! que des classiques comme La fidélité, La facture d'électricité, ou surtout A Montparnasse qui vire quasi à la transe bruitiste. Même l'hymne Brest, abordé par la face acoustique, est investi d'une tension poignante. Du coup, on a beau connaître la poésie du bonhomme par coeur, certains mots reprennent une nouvelle épaisseur, une nouvelle charge. En pleine forme, Miossec chante aussi comme jamais, flèchant régulièrement son grain chancelant d'éructations animales, à la manière d'un Gainsbourg punk (ou d'un Mark E. Smith à jeun). Pendant les rappels, il se permet même de revenir seul avec sa guitare, pour une version dépouillée des Bières s'ouvrent aujourd'hui manuellement.

Sur scène, Miossec a toujours cette dégaine un peu "bancale", gêné par une jambe amochée. Longtemps, en concert, ses chansons vacillaient de la même manière, ne sachant pas toujours sur quel pied s'appuyer. Samedi soir cependant, elles n'ont jamais paru se tenir aussi droites, puissantes et racées, comme si Miossec assumait toutes leurs qualités et leur permettait de s'épanouir enfin complètement. En décembre prochain, le chanteur fêtera ses 50 ans, et franchement, après ce qu'on a vu samedi soir, il a peut-être bien raison: "on vient à peine de commencer"... ?

Miossec sera de retour le 14 février à la Maison de la culture de Tournai.

Retrouvez également les photos du concert.

25hoebrechts-laurentJournaliste musiqueHoebrechtsLaurentreporter/assets/88/avatar_45384.jpglaurent.hoebrechts@levif.behttp://focus.levif.be/culture/auteurs/laurent-hoebrechts-25.htmlhttp://m.focus.levif.be/culture/auteurs/laurent-hoebrechts-25.htmlMiossecThéâtre 140022http://focus.levif.be/culture/musique/en-images-miossec-au-theatre-140/diaporama-normal-317197.html

En images: Miossec au Théâtre 140

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50 ans du Théâtre 140: "Pink Floyd a donné 9 concerts en 2 ans"
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50 ans du Théâtre 140: "Pink Floyd a donné 9 concerts en 2 ans"
0105252013-09-25 15:23:28Focus VifPas de parutionNormalArticlePhilippe CornetPar Philippe CornetScènes

50 ans du Théâtre 140: "Pink Floyd a donné 9 concerts en 2 ans"

Le Théâtre 140, jeune de 50 piges, a embauché le Floyd, Pina Bausch, le Living Theater, les New York Dolls, Gainsbourg, entre mille autres stimulants culturels. Refusant d'être archivé, son mentor Jo Dekmine parle du lien entre passé signifiant et futur immédiat...

2013-09-25 15:31:29LeVif Focusauto2013-09-25 15:31:29http://focus.levif.be/culture/scenes/50-ans-du-theatre-140-pink-floyd-a-donne-9-concerts-en-2-ans/article-normal-10525.htmlhttp://m.focus.levif.be/culture/scenes/50-ans-du-theatre-140-pink-floyd-a-donne-9-concerts-en-2-ans/article-normal-10525.htmlhttp://focus.levif.be/culture/scenes/http://m.focus.levif.be/culture/scenes/
50 ans du Théâtre 140: "Pink Floyd a donné 9 concerts en 2 ans"

Pantalon de toile clair, chemise à motifs, pull sombre, Jo Dekmine constate que le temps de septembre, brusquement d'automne, n'est guère propice au port de sandales d'été... Il rit, interloqué par sa propre distraction météo, de ce fameux spasme bref qui accentue le couple d'yeux perçants. À 82 ans, il ferait un aigle crédible ou un très bon cardinal (dévoyé) dans une production de Jodorowsky. Mais sa vie vraie -directeur du Théâtre 140 depuis un demi-siècle- et les explorations antérieures avec Barbara ou Ferré suffisent à l'introniser dans le flux de l'Histoire. Celle des audacieux, qui font de la culture une aventure, un gymkana, un trekking, un chemin de Compostelle pour jouisseurs. D'ailleurs, Jo est croyant et il porte des sandales. Devant des cèpes poêlés et une assiette de spaghettis vongole, il confirme que la vie est goûteuse.

L'anniversaire du 140?

Les Halles de Schaerbeek ont 40 ans, le 140 en a 50 et le Théâtre des Galeries, 60, alors ça va... J'ai vu construire le théâtre, j'en suis le créateur et je suis toujours là, ce qui est, paraît-il, assez rare comme profil. Comme le fait que je sois en écriture l'avocat de mes découvertes et des spectacles qui m'emballent (1). Je suis un homme libre dans mes choix, ni prisonnier d'une compagnie, ni d'un devoir, si ce n'est d'être la vitrine d'une certaine sensibilité d'aujourd'hui à travers le théâtre, la danse et la musique, et cela au niveau international...

(les champignons arrivent, Jo fait des: "mmmmh mmmmh!"). Tu as le même genre de plaisir en voyant un spectacle?

Oui, les mêmes mugissements (sourire) mais, en 50 ans, j'ai appris mon métier sur le tas: jusque-là, j'avais surtout fait des cabarets littéraires en étudiant à La Cambre ou créé des foulards qui faisaient parler de moi dans Vogue (sourire). Avant d'avoir le 140, je n'allais pas beaucoup au théâtre, au départ je ne l'aimais d'ailleurs pas beaucoup. Puis, il y a eu le Living Theater, les premiers, je crois, à travailler avec la nudité, Roland Dubillard, Jérôme Savary. Avant même de monter Le Grand Magic Circus et ses animaux tristes, Savary avait fait Le Labyrinthe d'Arrabal, une forme de théâtre clochard, avec des personnages dichotomiques, la toute petite, la très grande...

Un zoo humain qui renvoie par exemple au Grand Magasin (du 15 au 17 octobre)?

Eux sont plutôt des scientifiques de l'absurde: ils ont accompagné les deux tiers du parcours du 140. Ce type d'humour a été l'une des lignes de spectacles qui ne sont pas fréquentés par les amateurs de rire aux éclats. Il y a le rire "AhAh" et puis il y a l'autre, et certains se situent à mi-chemin en équilibre joyeux, comme mon copain Christophe Alévêque qui joue chez nous le 18 octobre. Le rire le plus rigoureux, c'est Desproges venu plusieurs fois au 140. Le rire le plus fort, c'est (Roland) Topor qui secouait la table du restaurant. Notre saison s'ouvre avec Twerk (les 10 et 11 octobre, ndlr), un spectacle de danse importé de New York bourré d'humour: ils se poilent, se marrent, strictement sans aucun message (sourire) mais il s'agit d'une très belle danse, un peu travelo...

Début 1983, pour sa deuxième venue en Belgique, le 140 invite Pina Bausch à La Monnaie. Et aujourd'hui, il y a cette étonnante danseuse allemande qui vient chez vous, Andrea Sitter (du 19 au 21 novembre). Quel est le lien?

Andrea Sitter a bien connu Pina Bausch et elle est de la même forte identité: elle écrit ce qu'elle dit et c'est beau. Elle fait un spectacle avec une circassienne bavaroise et il y a même un yodel: elle se fout de la gueule de son enfance. Sur scène, il y a Max -dont j'ai fait la connaissance-, cochon-philosophe qui guide merveilleusement le spectacle. Michèle Noiret adore Andrea: pour elle, c'est une toute grande mais le grand public est toujours en retard. D'ailleurs, en dehors de certaines vedettes consacrées, généralement de la chanson, je présente des choses avant la célébrité et c'est parfois inconfortable. Quand j'ai programmé Pina Bausch à La Monnaie, je me suis levé et j'ai dit: "Le 140, c'est ici!"

Le 15 mars prochain, le 140 accueille Jeanne Cherhal, une fille qui met un peu de fraîcheur dans la chanson. Tu avais la même impression quand tu programmais Higelin et Brigitte Fontaine, "l'ange du bizarre", dans Maman j'ai peur en février 1967?

C'était le trio Fontaine, Higelin et Rufus dans une comédie musicale, émouvante, drôle et bizarre, proche de leur triple sensibilité. J'avais découvert ces gens à la Vieille-Grille, un cabaret-théâtre parisien et c'était vraiment mon univers: loufoque mais avec des options! Quand j'ai eu Higelin au bout du fil, récemment, pour lui demander de venir pour les 50 ans du 140, il m'a répondu: "Moi, je voudrais beaucoup mais l'agent..."

Philippe CornetPink Floyd, 9 fois au 140 entre 1968 et 1969

Hormis peut-être la présence d'Axel Bauer (le 19 octobre), plus aucune trace de rock au 140. On connaît l'histoire: les voisins du théâtre crisent lors du double concert de Public Image le 20 décembre 1978, soirée qui vire à la quasi-émeute. Pourtant le 140 a très tôt débusqué Yes, Soft Machine, les Kinks, Black Sabbath et en particulier Pink Floyd, qui y donne neuf concerts entre mai 1968 et septembre 1969...

Ils sont venus au 140 avec un petit camion mais faisaient quand même autant de bruit qu'avec un gros (sourire). Ma mère qui était musicienne et chantait merveilleusement Mozart, m'a dit: "C'est beau." Pink Floyd a incarné la grosse période du rock artisanal, puis on est passé à la période industrielle. Maintenant, on vit celle où des groupes rejouent les morceaux des autres.

L'un des choix étonnants de la saison, c'est Antigone par Le Théâtre National Palestinien, tragédie antique de Sophocle, proposée en arabe et surtitrée en français (du 12 au 14 novembre). La langue arabe, les révolutions actuelles?

Leur version d'Antigone en arabe est un bijou, toute en émotions: ils témoignent non seulement du texte classique mais aussi de la réalité telle que décrite par Mahmoud Darwish, le poète palestinien. Créon, le roi despote et intraitable d'Antigone, joue avec à la main un chapelet, armé de sa foi... et ce n'est donc pas un islamiste. Je suis croyant mais je ne me suis pas projeté dans la culture par réaction au catholicisme, j'ai senti que j'avais droit à un accompagnement et cela m'a convenu. Je suis rigoureusement armé contre les intégrismes: je crois que la culture peut avoir un rôle réformateur mais à très longue échéance. Il faut d'abord que toutes les maladies et mouvements se vivent, dans les pays arabes comme ailleurs. La Syrie est un monstre qu'il faut arrêter mais après?

Comment fait-on pour ne pas devenir un vieux con, Jo?

archivesJo Dekmine, en 1969

En étant un peu le vieux con que je suis, en sachant bien ce qui ne m'appartient pas, ce que je ne connais pas, ce que je ne sais pas faire. J'ai une très grande connaissance de mes impuissances et de mes éventuels manques intellectuels. J'ai vu un grand ami qui s'appelle Jacques Brel s'exprimer sur tout, comme Montand qui s'est pris pour un philosophe et un politologue alors que c'était un artiste. Je suis sans arrêt perturbé par ce qui se passe dans le monde mais sans être le politologue des solutions. Je consomme la culture de manière jouissive, je n'ai pas de vocation pour les spectacles sérieux, à haute portée intellectuelle, mais j'ai une propension aux spectacles remplis de gravité et d'intelligence. Tous les artistes présentés au 140, d'une certaine manière, parlent d'eux, de leur vécu, de leur sensibilité. Le 140, c'est des personnes plus que des personnages.

Jo dans le texte

"En 1968-1969, Pink Floyd n'était pas au cachet mais au pourcentage des entrées. On est allés manger des frites Place Jourdan dont ils ont dit: "Best chips in our life." Plus tard, je les ai recroisés et ils ont parlé du 140 comme des souvenirs d'enfance."

"Barbara écrivait des mini-romans -c'est notre Marguerite Duras- mais elle avait un côté bonne vivante: par exemple, elle me montrait comment elle allait entrer en scène. Très drôle et bien mieux qu'Amélie Nothomb qui en fait toujours des paquets."

"Léo Ferré, c'est ma découverte à l'âge de 17 ans, il chantait à La Poubelle et ensuite à La Tour de Babel (cabarets ouverts par Jo, ndlr). Il est venu au 140, puis n'a pas été rigoureux. Je l'ai vu à Louvain-la-Neuve devant un public de chapeaux de pluie (sic) avec des chansons révolutionnaires qui n'intéressaient plus personne: cela n'a jamais empêché un bourgeois à piscine du Brabant Wallon de venir l'applaudir!"

"J'ai personnellement peu d'amertume mais je peux partager celle des autres..."

(1) Jo signe les éditos et une partie des textes des programmes du 140.

www.theatre140.be15cornet-philippeJournaliste musiqueCornetPhilippereporter/assets/88/avatar_45377.jpghttp://focus.levif.be/culture/auteurs/philippe-cornet-15.htmlhttp://m.focus.levif.be/culture/auteurs/philippe-cornet-15.htmlpink floydThéâtre 140jo dekmine
Veence Hanao, le noctambule insomniaque (vidéos)
Veence Hanao, le noctambule insomniaque (vidéos)
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Veence Hanao, le noctambule insomniaque (vidéos)
074362013-02-21 10:06:062013-03-18 20:39:16FocusPas de parutionNormalArticleKevin DochainJulien BroquetPar Kevin Dochain et Julien BroquetMusique

Veence Hanao, le noctambule insomniaque (vidéos)

Oiseau de nuit, le Bruxellois à la poésie urbaine, crue et masculine sort un nouvel album au nom de poisson lanterne et embarque Focus pour une virée nocturne.

LeVif Focusauto2013-02-21 10:06:05http://focus.levif.be/culture/musique/veence-hanao-le-noctambule-insomniaque-videos/article-normal-7436.htmlhttp://m.focus.levif.be/culture/musique/veence-hanao-le-noctambule-insomniaque-videos/article-normal-7436.htmlhttp://focus.levif.be/culture/musique/http://m.focus.levif.be/culture/musique/
Veence Hanao, le noctambule insomniaque (vidéos)

Le 21/2 au Botanique (complet). Le 23/2 au centre culturel de Silly et le 22/3 au centre culturel d'Aubange. Le 11/05 aux Nuits du Botanique, à Bruxelles.

18h

L'inénarrable et truculent Jo Dekmine, 82 ans, le cheveux ébouriffé et le verbe haut, attend au bar de son théâtre, le 140, une bouteille de vodka au frais. C'est dans son antre qu'on a fixé rendez-vous à Veence Hanao. Première étape d'une nuit d'errance, de glandouille et de rencontres à parler de son nouvel album Loweina Laurae, de lui, de son noctambulisme insomniaque: "Je me souviens d'un concert ici: après trois morceaux, je m'éclipse des planches et réapparais dans la salle par la porte d'entrée. Je croise un couple qui ne me reconnaît pas. La femme me dit: "mon mari et moi, on s'en va. Le spectacle est affreux. Par contre, il a oublié son chapeau. Si vous pouviez le ramener à l'accueil. On viendra le rechercher...""

Ça fait rire Jo. Jo lui a raconté son théâtre, les prestigieux artistes qui en ont foulé les planches. Il lui a même sorti des coupures de presse. Une critique catastrophique de Gainsbourg: "Quelqu'un dont on n'entendra plus jamais parler..."

Dekmine a accueilli Veence dans ses murs par deux fois, pendant plusieurs soirées. Il l'a découvert au Botanique. "On sortait d'une résidence de quatre jours. Et au deuxième morceau, plantage de laptop. Obligation de passer au-dessus du truc. J'improvise. Je sors de scène. Je tape dans un mur de colère. Je me pète la main. Et cinq secondes après, Jo débarque dans ma loge."

"C'était une vraie parole. Il y a des slammeurs un peu courts. Courts de tête et forts d'épaule. Je connais peu de choses. Mais beaucoup ne m'ont pas exalté, explique Jo Dekmine. Je ne dirai pas ce que je pense de Grand Corps Malade mais tout de même. On me le citait en exemple. Je me disais mais non, c'est un Breton. Il a le droit d'être breton. Mais à ce point breton, ça me paraît beaucoup. Il n'est pas breton d'ailleurs. ça doit être un Parisien. Sans doute malade. Mais je vois très peu de signes de sa maladie. Je le trouve affreusement bien portant. C'est bien torché. Bien écrit. Mais, c'est l'une de mes réserves face au slam, politiquement correct."

Veence Hanao ne fait pas de slam. Pas plus que du rap ou de la chanson. Veence est un électron libre. Libre comme cette parole qui claque et plaît tant à Jo: "Nous sommes tous des malades en bonne santé. Nous éprouvons des choses mais nous cachons celles qui sont crépusculaires. Veence, lui, parle. Et c'est quand même glauque n'est-ce pas. Je perçois en lui du Rimbaud, du Verlaine. Du Tarkos aussi: un poète français mort à 40 ans qui déconstruisait la langue pour la réinventer. Exactement comme Picasso détruit les lignes et les formes pour les reconstruire. Il est important aujourd'hui de casser les mots pour les retrouver. De briser les images pour qu'elles deviennent réellement vivantes."

21h

Troisième tournée de Carlsberg au Café Panisse. Un recommandable petit resto méditerranéen. A côté de Veence, il y a Bruno. Bruno Tracq. Le Français a débarqué à l'INSAS après des études de cinéma à Montpellier. Il enseigne à l'ERG. A bossé pour Jaco Van Dormael sur le montage d'Eole et Mister Nobody. Puis aussi réalisé des clips de m'sieur Hanao et géré l'artwork de son nouvel album. "Je n'écris jamais sur commande. C'est pour ça qu'il s'est écoulé quatre ans depuis Saint-Idesbald, raconte Veence. J'écris quand j'en éprouve vraiment le besoin. Quand je suis heureux, je veux juste vivre mon bonheur tranquille sans le raconter ou l'étaler. Par contre, quand je me sens mal, c'est comme si j'avais le brûlant. Qu'il fallait que je sorte des choses. Une certaine intensité, une urgence qui me pousse à faire de la musique."

Cette intensité, elle transpire, suinte même, de textes durs, cinglants, incisifs... Drôles aussi pour ceux qui savent en rire. "Le côté je me fais chier, je raconte de la merde, ça me fait marrer. Rien n'est grave. Je dis plein de choses très noires mais ce n'est jamais dramatique. D'accord, le premier morceau débute sur "Je te vendrais bien du rêve avec des couplets vides" et se termine avec "Qui envoie les mouches sur les plaies béantes". Tu n'écoutes pas ça sur la route des vacances. Allez, les enfants, on frappe dans les mains! Mais après, c'est Kick, Snare, Bien . Ce gimmick d'une génération qui s'abîme vachement raconte une constante de l'autodestruction mais fait bouger les têtes. Constater ne signifie pas dramatiser. C'est aussi rassembler, fédérer."

"Cette manière d'être, d'envisager ce qui arrive à une génération spécifique, pas mieux pas pire que la précédente, me parle, commente Tracq. Le plus important, c'est de ne pas se complaire dans la victimisation, la dramatisation, le pathétique permanent et le "c'était mieux avant"..."

Comme Bruno, Veence aura 30 ans cette année. "Les générations se définissent souvent avec le recul. Mais j'ai l'impression qu'on est la génération des extrêmes. On manque clairement de rêve. Beaucoup de jeunes se foutent en l'air et de plus en plus tôt. On est aussi la génération du porno super accessible. La génération du virtuel. De la disparition des supports."

22h15

Pousse-café. L'heure avance. Veence est dans son élément. S'il a intitulé son disque Loweina Laurae, nom d'un poisson de nuit adepte de la migration verticale, c'est qu'il se retrouve en lui. "Il y a ce côté nocturne dans mon mode de vie. Dans mon processus de création. Fan de documentaires animaliers, je suis tombé sur un docu consacré aux poissons lanternes et j'ai découvert ce Loweina Laurae. Il vit dans un cadre super hostile. Et j'ai un rapport à la ville plus ou moins similaire au rapport de ce poisson avec son environnement. Il traîne dans les profondeurs, dans le noir. Il y reste terré le jour et pendant la nuit, remonte dans les couches superficielles pour se nourrir. Il est d'apparence un peu monstrueuse. On le schématise. On le caricature. Je ne vais pas dire que c'est un poisson abyssal et que je suis dans mes tourments. Mais il y a un peu de ça."

Pourquoi cet amour de la nuit? "Il y a moins de gens et, c'est très rappeur de base, j'ai du mal avec la réalité du jour: la centralité du travail, l'agitation, le stress, les transports en commun, les mecs qui se croisent sans se croiser. Petit à petit, après ma scolarité, je me suis décalé naturellement. Je n'ai jamais voulu ce statut de noctambule insomniaque. Il est venu à moi. Je ne sais pas si c'est mieux mais je retrouve les gens après leur journée de boulot. On boit des coups. Je les vois différemment. J'ai l'impression d'avoir la face B, mais la face vraie. Quand ils ont déposé leur costume à la maison..."

23h00

Le night shop. Passage obligé dans la vie du noctambule. Réapprovisionnement. Clopes, bibine et sueurs froides. "Putain mon sac à dos." L'ordi et la mixette ont gentiment attendu sur un banc pendant un gros quart d'heure devant l'église de la Trinité. "Sans eux, pas de concerts..." Grosse frayeur.

01h

Simonis. A.R.E. Music Studio. C'est ici, dans le repaire de son manager Mike Toch, que Veence répète. Vieille connaissance, Mike essaie de l'aider sur la sortie du disque, l'évolution de son projet de carrière, son travail d'auteur compositeur... "Tu peux trouver beaucoup de partenaires mais souvent, ils ne prennent pas de risques, proposent des solutions que tu peux envisager toi-même. Certains labels en Belgique fonctionnent avec les mêmes moyens que les tiens quand tu es tout seul dans ta cave. C'est quoi l'intérêt? Ce ne sont pas des gens qui se mouillent. Je suis conscient que la réalité de Mike n'est pas la mienne. On sourit de ce grand écart. Mais c'est un jeune entrepreneur passionné."

"Ma deuxième passion, c'est la cuisine. Et j'aime autant le cheeseburger que le caviar, image Toch. Je travaille pour l'instant sur des trucs plus mainstream (Jali par exemple). Avec des grosses majors. Des gros fonds. Des gros moyens. Mais Veence est l'un des auteurs les plus talentueux de sa génération en langue française."

On parle de Babx, de Bashung et sa capacité à faire vivre les textes des autres. Rémi Zombek, qui accompagne Veence sur scène, est aussi passé boire des coups. "A la base, j'écoutais du jazz, du pop rock alternatif junkie folk. Mais quand je me suis intéressé au rap en français, j'ai passé trois carrefours et je suis tombé sur Veence. A travers VH et des projets comme Autumn. Il y a un côté très spontané dans l'écriture, nonchalant dans le flow et la manière d'aborder les sujets qui me touchait."

Veence n'aime pas traîner en permanence dans les mêmes endroits. Ils lui donnent l'impression de tourner en rond. Mais il adore marcher la nuit. "Jusqu'à mes 26 ans, j'habitais Stockel. J'étais quatre ou cinq jours par semaine dans le centre, à faire l'une ou l'autre connerie. Et je suis toujours rentré à pied. Deux heures de marche. C'était génial. Ca me permettait de réfléchir. De dessaouler." D'enregistrer aussi sur ses ancêtres de téléphone. C'est ce qui a donné naissance aux Dictaphone. Petites parenthèses d'ambiance qui rythment ses disques. "J'ai en marchant des idées qui peuvent le lendemain se révéler parfaitement bidon. Tu es bourré, tu crois à la magie et tu te rends compte que c'est super crétin et prévisible. Mais parfois non. Parfois, tu as un truc. Parce que t'étais à 4 heures du mat dans la rue, que tu as vu un bazar de dingue et qu'il fallait que tu en parles. ça m'arrive encore maintenant. Je peux rentrer et gueuler dans mon téléphone. Parce que je viens du rap. Parce qu'il y a des mots, des phrases, des pensées qui sortent."

5h10

La nuit touche à sa fin. Le visage fatigué, les propos lucides, Veence résume la gestation de son disque tout juste dans les bacs, mais terminé depuis plus d'un an maintenant. "J'ai commencé en mai 2011. J'ai jeté plusieurs morceaux et puis est arrivé Kick, Snare que j'ai directement sorti en juin. En décembre, tout était en boîte. C'est super psychologique, ça m'a libéré. Débridé. Au début, je me demandais ce que je devais faire après Saint-Idesbald. Je me posais plein de questions qui m'empêchaient d'être spontané."

Or chez Veence, c'est en chipotant que les choses se passent. "Je suis plus dans le bricolage que dans la musique pensée. La mélodie, la compo sont toujours accidentelles. La mélodie crée une ambiance sur laquelle le thème vient se dessiner. Les mots sortent dès que j'ai une boucle intéressante. C'est un truc d'autiste. J'écris en la laissant tourner de 23h à 7h du matin. Jusqu'à la nausée. Tous les gens qui font de la zik y sont exposés. J'ai même de la chance. Certains bossent sur un titre pendant quinze jours."

C'est avec son vieux pote Noza (Baloji, Carl) que Veence a appris la création dans le moment présent. "Ce jusqu'auboutisme. On allait dormir quand c'était fini. Déglingués. On se réveillait, couchés comme des vieilles étoiles de mer desséchées et on se disait putain, il s'est passé quelque chose. On ne touchait presque à rien. Remettre en question ce que tu viens de faire peut te fragiliser. Ce qui ne veut pas dire que tu as raison. Mais te rend moins vrai. Tu t'es vautré, tu t'es vautré. ça arrive à tout le monde. Tu te le prends juste un jour dans la tronche." Le taxi klaxonne. Boucle le tour de l'horloge. Sur ce coup-là, l'artiste peut dormir sur ses deux oreilles.

Rencontre Julien Broquet / Image Kevin Dochain

12dochain-kevinJournaliste focusvif.beDochainKevinreporter/assets/88/avatar_45375.jpgkevin.dochain@levif.behttp://www.twitter.com/kevindochain<Para>Rédaction en ligne <Lien Url="http://www.focusvif.be" Cible="_blank">www.focusvif.be</Lien></Para>http://focus.levif.be/culture/auteurs/kevin-dochain-12.htmlhttp://m.focus.levif.be/culture/auteurs/kevin-dochain-12.html16broquet-julienJournaliste musique et téléBroquetJulienreporter/assets/88/avatar_45378.jpghttp://focus.levif.be/culture/auteurs/julien-broquet-16.htmlhttp://m.focus.levif.be/culture/auteurs/julien-broquet-16.htmlveence hanaointerviewThéâtre 140jo dekminebruno tracqmike toch74350

Veence Hanao - Loweina Laurae

110/culture/musique/veence-hanao-loweina-laurae/article-review-7435.html0
"Fuck you Vandekeybus!"
"Fuck you Vandekeybus!"
"Fuck you Vandekeybus!"
"Fuck you Vandekeybus!"
"Fuck you Vandekeybus!"
"Fuck you Vandekeybus!"
065482012-10-24 15:01:492013-03-18 20:43:20FocusPas de parutionNormalArticleNurten AkaPar Nurten AkaScènes

"Fuck you Vandekeybus!"

"Radical Wrong" de Wim Vandekeybus est une bombe d'énergie sur la rébellion adolescente. La fureur de vivre commence d'ailleurs par une insulte au chorégraphe.

LeVif Focusauto2012-10-24 15:01:48http://focus.levif.be/culture/scenes/fuck-you-vandekeybus/article-normal-6548.htmlhttp://m.focus.levif.be/culture/scenes/fuck-you-vandekeybus/article-normal-6548.htmlhttp://focus.levif.be/culture/scenes/http://m.focus.levif.be/culture/scenes/
"Fuck you Vandekeybus!"

Radical Wrong, jusqu'au 26 octobre au Théâtre 140. www.theatre140.be

Radical Wrong de Wim Vandekeybus est une bombe d'énergie sur la rébellion adolescente. La fureur de vivre commence d'ailleurs par une insulte au chorégraphe: les performeurs nous disent qu'ils emmerdent le chorégraphe qui les a rassemblés là: "Fuck you Vandekeybus, baise mes couilles!" Le ton est ainsi donné d'un spectacle insolent et facétieux, baigné dans une bande-son efficace, des Beastie Boys à Nina Simone, en passant par du hardcore, de la musique folk, du métal, de la fusion et même du Michèle Torr! Le tout reste en communion avec une mise en scène, juste et sans excès, flirtant avec un imaginaire connu: des tentes, un casier de bière, une moto, quatre mecs, deux filles. L'ambiance est donc au camping de festival où Radical Wrong enchaîne les scènes avec un propos parfois anecdotique mais dans un rythme communicatif, très "rage de vivre". C'est que dans Radical Wrong, tout est possible, d'un instant à l'autre: s'embrasser comme se bagarrer, se prendre la tête, avoir les rêves les plus fous, danser, roupiller ou prendre d'assaut le public dans une véritable interactivité effrontée et "sauvage", dont on vous laisse la surprise...

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