Nurten Aka
Nurten Aka
Journaliste scènes
Opinion

06/02/14 à 14:55 - Mise à jour à 15:15

Shakespeare forever

Il y a toujours un Shakespeare quelque part car, comme nous disait Jean-Marie Piemme, indémodable, "il joue sur tous les rapports de force féroces (famille, amour, pouvoir)".

Shakespeare forever

Richard III, au Théâtre du Parc © Isabelle De Beir

Sur fond de guerres, vengeances, meurtres, folie, prophéties, visions, âmes irritées... Et pourtant une mise en scène peut l'aplatir. Isabelle Pousseur avait de vraies propositions dans sa version africaine du Songe d'une Nuit d'été. Dans Richard III, prisonnière d'une adaptation fort sèche, elle se contente d'une scéno banale -un rideau s'enroule et se déroule et devient: boudoir, chambre de seigneur ou Tour de Londres- et d'une conduite d'acteurs inégale. L'intro se veut jazzy, légère et frivole, face au discours cynique du futur Richard III, mais la pièce se poursuit sans relief, au premier degré, a minima. Plus efficace et cocasse, la mise en scène de Roméo et Juliette d'Yves Beaunesne. Les familles ennemies, Capulet et Montaigu, sont flamande et wallonne. Un peu gadget (sans férocité politique) mais savoureuse dans sa langue "bilingue" et sa mise en scène "sur les toits": la scène est délimitée par la maquette d'une ville savamment illuminée, et le drame intériorisé par la musique de MLCD. Les va-et-vient des acteurs sont bien orchestrés avec un final mortuaire digne d'une peinture flamande!

Partager

Il y a toujours un Shakespeare quelque part car, indémodable, il joue sur tous les rapports de force féroces.

Certains ont eu la chance, vendredi dernier, d'assister à la version singulière de Richard III (El ano de Ricardo), "tyran d'aujourd'hui", proposée par la performeuse espagnole Angelica Liddell ("cousine" d'Artaud): "Seul dans sa chambre, avec pour seule compagnie un sanglier empaillé, Richard rage! Rage contre la démocratie, contre la servilité, la lâcheté et l'égoïsme. De l'euphorie à la dépression, Richard maniaco-dépressif se lâche." "D'après" Shakespeare, certes, mais avec son propre grain de folie.

En savoir plus sur:

Nos partenaires