Ovation à Avignon pour la performance-marathon de 18 heures de Henry VI

22/07/14 à 12:18 - Mise à jour à 12:18

Source: Belga

Mardi à l'aube, une longue ovation a salué au Festival d'Avignon (France) la fin de la première représentation d'Henry VI du jeune metteur en scène Thomas Jolly, qui, pendant 18 heures, est restée extraordinairement fidèle à Shakespeare.

Ovation à Avignon pour la performance-marathon de 18 heures de Henry VI

La troupe La Piccola Familia, sur scène pour le spectacle de 18 heures Henry VI. © AFP/Thomas Bregardis

Entrés à 10 heures la veille dans la salle de 600 places, les spectateurs auront été bien peu à déserter ce long spectacle aux sept entractes.

Il fallait peut-être l'audace d'un très jeune metteur en scène - 28 ans au début du projet de quatre ans - pour monter cette pièce de la démesure: Henry VI, c'est trois pièces en une, 15 actes et 150 personnages, une débauche de batailles et des fleuves de sang versés.

L'intrigue est impossible, truffée de pairs du royaume attachés à s'entretuer avec ardeur, traversée par la guerre de Cent Ans, puis celle des "Deux Roses", interminable querelle sur la légitimité du trône.

Sur 13 heures de spectacles (hors entracte), tous les registres du théâtre de Shakespeare sont honorés par la troupe de 21 comédiens, de la farce à la tragédie en passant par une fête techno et un carnaval.

Thomas Jolly compose lui-même un très beau rôle d'ange noir pour le futur Richard III, né difforme et qui se choisit un destin d'assassin. Car Henry VI, première des pièces historiques de Shakespeare, se clôt là ou commence le sanglant Richard III. "Henry VI dessine 50 ans d'histoire d'une nation qui se délite, qui dégénère, au point qu'à un moment est assis sur le trône un monstre", résume-t-il.

Seulement trois représentations de ce marathon sont données à Avignon, avant d'être découpées en plusieurs cycles en décembre à Sceaux dans la banlieue parisienne puis en mai au Théâtre de l'Odéon à Paris.

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