Jérôme Bel: "C'est quoi la perfection? Qui décide?"

13/12/17 à 14:36 - Mise à jour à 15:00
Du Le Vif/L'Express du 08/12/17

Créé en 2015 au Kunstenfestivaldesarts, Gala de Jérôme Bel revient à Bruxelles après une tournée aux quatre coins du monde. L'occasion de se repencher sur cette pièce hors norme, qui dramatise la place de l'amateurisme sur scène.

La scène, au sol blanc, délimitée par un rideau noir, est vide. Quelqu'un entre côté jardin et dépose à l'avant un panneau bricolé, portant ce mot: "Ballet". Un par un, la vingtaine d'interprètes de Gala vont défiler pour exécuter une figure de danse classique, une pirouette. Les corps, d'abord, ne répondent pour la plupart pas aux canons: trop jeunes, trop vieux, empâtés, raides, voire immobilisés en partie par un handicap. Et leurs mouvements, ensuite, dégagent une certaine maladresse: les bras manquent de grâce, l'équilibre est incertain, la rotation imprécise. Ce n'est pas la première fois que le Français Jérôme Bel déconstruit ce qu'on attend d'un spectacle de danse. Dans Jérôme Bel (1995), pièce manifeste s'il en est, il réduisait le dispositif spectaculaire à sa plus simple expression: des corps nus dans l'espace, qui ne dansent pas mais s'explorent, se mesurent et se manipulent, avec une unique lampe pour tout éclairage et une voix fredonnant pour toute musique. Dans Cour d'honneur, créé au festival d'Avignon en 2013, il mettait en scène... des spectateurs. La majorité des danseurs de Gala sont une nouvelle fois des amateurs (du latin amator, "celui qui aime"). Certains foulent même les planches pour la première ...

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