"Il n'y a jamais eu autant de femmes" qu'au prochain Festival d'Avignon

23/03/17 à 09:54 - Mise à jour à 09:55

Source: Afp

Les femmes, avec la figure d'Antigone en japonais dans la Cour d'Honneur en ouverture, et l'Afrique sont à l'honneur cette année du Festival d'Avignon, dont la programmation était dévoilée mercredi par son directeur Olivier Py.

"Il n'y a jamais eu autant de femmes" qu'au prochain Festival d'Avignon

Olivier Py, directeur du Festival d'Avignon. © AFP/Boris Horvat

Le programme du plus grand festival de théâtre européen avec Edimbourg affiche 34 créations sur 41 spectacles au total. "Il n'y a jamais eu autant de femmes", a souligné Olivier Py. Elles portent 37% des projets du festival. "Il y a l'idée d'une résistance qui passe par les femmes, des femmes en lutte contre le patriarcat, contre une loi qui n'a pas de sens, pour revendiquer plus d'humanité, particulièrement chez les femmes africaines, qui est la région du monde invitée au festival, avec sept spectacles", explique-t-il.

C'est le Japonais Satoshi Miyagi, auteur d'un Mahabharata enchanteur à Avignon en 2014 qui ouvrira le bal le 6 juillet dans la Cour d'honneur du palais des papes avec Antigone de Sophocle. Un plan d'eau doit "inonder la Cour": "Satoshi Miyagi s'inspire d'un théâtre de marionnettes indonésien sur l'eau", décrit Olivier Py.

Renouant avec le principe du feuilleton quotidien donné tous les midi gratuitement dans un jardin d'Avignon, Olivier Py a demandé à l'ancienne Garde des Sceaux française Christiane Taubira, "grande amoureuse de la littérature et de la poésie", d'écrire "une sorte de grande leçon de démocratie" à partir de textes fondateurs de la conquête des droits.

L'Afrique est en vedette, avec notamment Unwanted de la Britannique d'origine rwandaise Dorothée Munyaneza, sur les enfants nés de viols pendant le génocide au Rwanda. Le Sud-africain Boyzie Cekwana monte quant à lui The Last King of Kakfontein (littéralement "fontaine de caca"), spectacle grinçant sur la désillusion de l'après-Apartheid.

Senghor dans la Cour d'honneur

Dans Kalakuta Republik le chorégraphe burkinabé Serge Aimé Coulibaly évoque la "république" fondée par le musicien et homme politique Fela Kuti. En clôture du festival, la Cour d'honneur accueillera le 26 juillet Femme noire de Léopold Sédar Senghor, avec Angélique Kidjo, Isaach de Bankolé et le musicien Manu Dibango.

Les soubresauts de l'Europe ne sont pas oubliés, avec le Birgit Ensemble, qui présente deux pièces, Memories of Sarajevo et Dans les ruines d'Athènes. Le deuxième spectacle dans la Cour accueillera le Sévillan Israel Galvan, figure du renouveau du flamenco, avec La Fiesta, qui mettra aussi en scène une danseuse de buto.

Parmi les grands noms du théâtre européen, Frank Castorf fait ses adieux à la célèbre Volksbühne de Berlin avec un spectacle franco-allemand, Le Roman de Monsieur de Molière d'après le Russe Boulgakov, où "il ne renonce pas à la démesure", selon Olivier Py. Emma Dante, qui avait donné les bouleversantes Soeurs Macaluso en 2014, revient avec Bêtes de scène qui met l'Homme à nu, au propre comme au figuré. Tandis que la Britannique Katie Mitchell donne sa vision féministe de la pièce de Jean Genet Les Bonnes, sans utiliser la vidéo qui avait jusqu'à présent fait sa marque de fabrique, mais avec un homme dans le rôle de "Madame".

Le Belge Guy Cassiers, qui a monté une version glaçante des Bienveillantes de Jonathan Littell en 2016 propose à Avignon Le Sec et l'Humide, autre récit de l'auteur franco-américain à propos du fasciste Léon Degrelle.

Tiago Rodrigues a été chercher la souffleuse du théâtre national de Lisbonne qu'il dirige pour monter Souffle. Quant au patron du festival Olivier Py, il crée Les Parisiens, adaptation de son dernier et copieux roman. "C'est Paris sous son plus mauvais jour", dit-il. "J'ai voulu raconter une sorte d'effondrement du politique et comment des réseaux obscurs arrivent à remplacer l'intérêt général."

Pas de festival d'Avignon sans un marathon théâtral: ce sera Les Atrides: huit portraits de famille, mis en scène par l'Italien Antonio Latella. Huit pièces, chacune d'un auteur différent, données à raison de quatre par jour: de quoi nourrir tous les affamés de théâtre.

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