Cosi Fan Tutte à La Monnaie

05/06/13 à 11:15 - Mise à jour à 11:24

Pari dangereux. Deux types friment, persuadés que leurs fiancées sont fidèles. Pour le prouver, ils reviennent déguisés en étrangers, des Turcs à grosse moustache, s'échinant à draguer les filles éplorées, qui finissent par céder.

Pari dangereux. Deux types friment, persuadés que leurs fiancées sont fidèles. Pour le prouver, ils reviennent déguisés en étrangers, des Turcs à grosse moustache, s'échinant à draguer les filles éplorées, qui finissent par céder. Don Alfonso, instigateur cynique du jeu, tire les ficelles, louant le "carpe diem"... Cosi fan tutte est un drame joyeux et féroce sur l'infidélité des femmes (on attend toujours l'inversion des rôles...) et, au-delà, sur la vertu inutile. La mise en scène "événement" est signée du cinéaste Michael Haneke, qui accentue le cynisme de cette gaudriole, terminant sans "happy end" du genre, esquissant plutôt "les ruines de l'illusion". Le décor, les costumes, le choeur sont sans intérêt, on s'accrochera donc à l'essentiel: un jeu de chanteurs/acteurs subtil, des arias déchirantes, avec la remarquée jeune soprano Anett Fritsch, tournoyante dans sa robe rouge écarlate, et quelques scènes de sofa à quatre accentuant le manège rocambolesque. Un opéra trop souvent coincé dans le léger que parvient à assombrir Haneke. Son vrai mérite.

JUSQU'AU 23/06 À LA MONNAIE. REPRÉSENTATIONS À GUICHETS FERMÉS.

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