Vivre de son art en Belgique, "des montagnes russes au niveau financier"

09/01/17 à 16:57 - Mise à jour à 10/01/17 à 10:59

Pas simple de gagner sa vie en tant qu'artiste en Belgique: le parcours est souvent semé d'embûches. La pianiste Grazyna Bienkowski ajoute sa petite pierre à l'édifice. Témoignage.

Vivre de son art en Belgique, "des montagnes russes au niveau financier"

Grazyna Bienkowski © Lara Herbinia

"Être artiste aujourd'hui, c'est de ne pas se laisser démonter par les difficultés que l'on rencontre sur sa route", entame Grazyna Bienkowski quand on l'interpelle sur la difficulté de vivre de son art. Sa passion pour le piano a commencé quand elle avait 7 ans, alors que sa mère décide de l'inscrire dans un cours de danse classique. Mais si les pas de danse en inspirent plus d'un, c'est par le pianiste qui les accompagnait qu'elle était impressionnée.

À la fin du secondaire, elle est attirée par la musique de cinéma. "J'ai essayé de choisir un chemin qui me permettait de faire de la musique tout en gardant le côté instrumental". Elle décide de s'inscrire à l'université pour commencer des études de musicologie. Consciente de la dimension théorique de ce qu'elle étudiait, elle décide de s'inscrire au conservatoire de Bruxelles. Parallèlement, elle entreprend un master en gestion culturelle: "ça rassure d'avoir des cordes à son arc qui paraissent plus concrètes en matière de profession et de travail", confie-t-elle.

Aujourd'hui, après avoir cumulé un statut d'employé dans le secteur culturel en plus de sa carrière musicale, elle est retournée à l'essentiel : la musique. Pianiste composite, elle est active sur plusieurs projets. Un trio qui mélange le jazz et le rock, ainsi qu'un duo nommé "Wolves" où les paroles anglaises accompagnent le piano. "Actuellement, je n'ai plus de travail fixe. Je vis de ma musique, c'est-à-dire que j'essaye de trouver des concerts, de créer des projets, de travailler dans le domaine musical. Je me débrouille, mais c'est assez compliqué, il faut s'accrocher. Ce sont les montagnes russes au niveau financier. Il faut pouvoir assumer", explique-t-elle. Elle est actuellement freelance pour ses prestations artistiques.

Être artiste, c'est aussi être entrepreneur. Pour en vivre, il faut développer son sens du contact, il faut apprendre les outils de la communication et selon Grazyna, surtout faire les bonnes rencontres, "c'est l'entourage qui fait la différence". Elle nous avoue qui si elle n'était pas passionnée, cela ferait longtemps qu'elle aurait arrêté. "Mais dans le fait d'être musicienne et d'en vivre, ce qui est génial, c'est de se dire que tu te lèves le matin pour faire ce que tu aimes le plus."

Selon la pianiste, il est dur de percer dans le milieu de la musique. "Pour faire sa place, il ne faut pas hésiter à pousser toutes les portes possibles tout en préservant son identité artistique. Le public reste curieux. Il aime la diversité. Même s'il existe une certaine tendance à éviter les prises de risque dans la programmation musicale, je reste persuadée que quand on est passionné et que son objet vaut la peine, à un moment donné, il y a une porte qui s'ouvre quelque part. Il ne faut jamais s'arrêter, il faut avoir du culot et il faut bouger pour rencontrer des gens."

www.grazynabienkowskitrio.com

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