Un week-end de bulle sur Internet, la tête à l'envers

20/03/17 à 10:10 - Mise à jour à 10:09

La vie en barreau de chaise étant ce qu'elle est, c'est un Serge Coosemans au cerveau déclassé qui nous livre cette semaine un Crash Test en forme de weboscope (remember, remember). Autrement dit, on le suspecte d'avoir encore passé un week-end à buller sur le Net avec uniquement une boîte de Dafalgan 500mg et des paquets de chips à portée de main. On sait pourquoi, il est donc tout excusé. Maousse gueule de bois et carambolages, voici le Crash Test S02E25.

Un week-end de bulle sur Internet, la tête à l'envers

Chuck Berry en duo avec Dorothée en 1993. © capture d'écran Dailymotion

Clic clac Kodaaargghhh

En 2015, il y eut dans notre vaste monde plus de gens tués alors qu'ils se prenaient en photo que de nageurs dévorés par des requins. Entre le début 2014 et la fin 2016, 127 personnes sont ainsi décédées en se tirant un selfie. La plupart en dévalant d'immeubles et de montagnes, en se noyant, en posant avec des armes à feu chargées et en se prenant en photo sur des rails sans avoir tenu compte de la vitesse à laquelle foncent réellement les trains. Il y a désormais un terme pour ça: le "killfie" et le "killfie" tue le plus en Inde, au Pakistan et aux États-Unis. Des hommes, la plupart du temps, souvent en-dessous de 24 ans. Ce qui a a donné une riche idée à un certain Ponnurangam Kumaraguru, étudiant à l'Indraprastha Institute of Information Technology. Altruiste avant tout, le bonhomme entend en effet mettre sur le marché une application qui avertit les gens lorsqu'ils entrent dans une zone dangereuse où se prendre en photo. Bref, si j'ai bien tout compris: ce monsieur propose de checker sur votre téléphone, donc d'être inattentif à la réalité qui vous entoure, lorsque vous pensez pénétrer des zones présentant des dangers potentiellement mortels. Comme des rails de train ou des sommets de montagnes. Moi, je dis bravo, champion.

>> http://www.mirror.co.uk/tech/death-selfie-app-created-stop-9310669

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Un ton plus bas, les meufs

Curiosité: un article d'une revue allemande repéré par les Français de Brain nous apprend que les hommes s'expriment aujourd'hui sur une fréquence moyenne de 110 Hz et les femmes de 168 Hz. Or, il y a 20 ans, on mesurait la voix féminine à 220 Hz de moyenne. "Le résultat, disent les scientifiques, ne serait pas dû à une évolution biologique, mais bien à une évolution des rôles sociaux; les hormones féminines n'ayant pas subi de modifications au cours du temps, ceci indique que les femmes d'aujourd'hui auraient tendance à se conformer à un rôle plus actif et plus déterminant dans la société en adoptant naturellement des fréquences plus masculines. En effet, une voix plus grave est synonyme de pouvoir, de volontarisme et d'une personnalité digne de confiance dans un environnement professionnel masculin, alors qu'auparavant, on attendait des femmes qu'elles manifestent fragilité, féminité et besoin de protection." Autrement dit, si Angela Merkel avait parlé comme Barry White, elle l'aurait eue, sa poignée de mains...

>> http://www.brain-magazine.fr/article/brainorama/36224-En-20-ans-la-voix-des-femmes-a-baisse-dune-demie-octave

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Hippie Hippie Hourrah

Les hippies, c'est comme les punks, ils n'ont jamais vraiment disparu. Pourtant, on continue d'annoncer avec régularité leur retour, leur renaissance, même si c'est pour les critiquer, comme ici dans un article du Guardian qui, sous le couvert d'une enquête amusée, nous dit surtout que les hippies, c'était mieux avant Instagram et que depuis 1975, le mouvement a surtout été commercialement récupéré. Sans blague.

>> https://www.theguardian.com/society/2017/mar/18/hippy-back-instagram-not-so-cool-remember-first-time-round

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C'est la drogue qui te parle

Manfredas est un DJ lituanien qui, comme on dit du côté de Louvain-La-Neuve "il est vraiment, il est vraiment, il est vraiment phénoménaaaaal". Chaque année à l'Opium Club de Vilnius, le bonhomme propose un mix d'une nuit entière, 12 heures chrono et ce mix, tronçonné en 4 parties, commence justement à être disponible sur Soundcloud. C'est de la dance-music électronique complètement barrée, camée, au-delà du bon et du mauvais goût, mélangeant nouveautés, raretés, bizarreries inconnues et oldies remixées. My definition of a boombastic jazz style, comme disait l'autre. Et si votre truc, c'est d'en prendre encore plus plein les gencives, le mix au Rex Club de Paris de 2014 ("Mix I Did for Rex"), lui aussi toujours disponible sur les réseaux, est également un tapis de bombes parfait pour s'exciter tant à l'apéritif qu'en passant l'aspirateur.

>> https://www.residentadvisor.net/dj/manfredas

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Jim "Grossbouf" Harrison

Si vous suivez mes tribulations sur ce même site, vous savez très certainement que mon aversion pour la nouvelle culture fooding est inversément proportionnelle à mon amour pour la littérature américaine des années 60/70. Normal donc que lorsqu'un article raconte un repas gargantuesque de l'écrivain Jim Harrison, ça me parle un peu plus que des photos de dîners au Crab Club sur Instagram.

>> http://www.newyorker.com/books/page-turner/inhaling-life-with-jim-harrison

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The Queen is Dead

The Guardian balance tout: que se passera-t-il dans les coulisses des médias lorsque la Reine d'Angleterre, qui va tout de même sur ses 91 printemps, passera le chapeau mauve à plumes roses à gauche? Des choses plutôt étranges, obéissant à de très bizarres rituels et à des codes assez inattendus. Ainsi, nous prévient-on, si jamais vous devriez soudainement entendre en pleine journée le In The Nursery Remix du Haunted Dancehall des Sabres of Paradise, un morceau il est vrai un poil lugubre (même si jadis repris sur une très ensoleillée compile du Café Del Mar) sur BBC Radio One, c'est que le staff de journalistes se prépare à une annonce et à des flashs d'infos vraiment perturbants.

>> https://www.theguardian.com/uk-news/2017/mar/16/what-happens-when-queen-elizabeth-dies-london-bridge

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Et puis, RIP, Chuck

Petit A: Chuck Berry en duo avec Dorothée en 1993 (oui, oui, celle du Club du même nom).

Petit B: Ce que pensait Chuck Berry (en 1980) des Sex Pistols, du Clash, des Ramones, des Talking Heads, des Romantics, de Wire et de Joy Division.

>> http://dangerousminds.net/comments/chuck_berry_reviews_sex_pistols_talking_heads_clash_and_many_more_1980

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