Un très beau clip en plan séquence pour Human Moon, du jeune groupe Neufchâtel

08/03/18 à 16:30 - Mise à jour à 15:36

Le groupe bruxellois Neufchâtel revient avec le clip léché de Human Moon, quelques mois après avoir sorti leur single Aliyah, tous les deux extraits d'un EP disponible prochainement. À écouter en exclusivité...

Neufchâtel, c'est l'histoire de quatre types. Tout d'abord, il y a Nelson Beumer, chanteur et guitariste, Colin Le Roux, guitariste et David Temprano, batteur. Trois potes issus de l'École Européenne de Bruxelles, qui se sont rapidement trouvé une amitié autour de leur attrait commun pour la musique. À ces trois potes est venu se rajouter un peu plus tard Maarten Vanooteghem, remplaçant le bassiste initial, Emmanuel Delettrez. Sur la scène musicale, ils ne se prennent pas la tête, font beaucoup de choses selon leur feeling, mais prennent le temps de bien les faire, sans trop se précipiter.

À l'âge de 15-16 ans, ils ont commencé à se rassembler, boire des verres et écouter de la musique dans un appartement appartenant à la famille de Nelson, rue de Neufchâtel, un lieu laissé à peu près vacant en temps normal, où l'on ne trouve que le strict minimum en termes de meubles, soit en gros une table, une chaine hi-fi et de quoi s'assoir. C'est le début de l'histoire du groupe. "Il y a un lien très fort entre la musique et Neufchâtel (le nom qu'ils donnent à l'appartement)", raconte David Temprano, le batteur du groupe, "c'est là où l'on a appris à se connaître, notre perception de la musique elle vient de cet appartement, on a découvert plein de trucs qu'on se montrait au niveau musical. C'était donc normal pour nous d'appeler le groupe Neufchâtel." Leur première démo, ils l'ont sortie en novembre 2011. Suite à cela, ils ont participé au célèbre Humo's Rock Rally, le concours révélateur de nombreux groupes belges tels que Black Box Revelation, Balthazar, dEUS... "C'était notre premier vrai concert, on avait genre seize piges, c'était horrible, les mecs dans le magazine ont écrit des choses horribles sur nous et du coup on peut plus refaire ce concours, on est un peu sur liste noire, mais bon, on avait seize ans!"

Malgré tout, ils ont persévéré et en 2017, ils remportent le concours du Rock Race, ce qui leur a permis de jouer à l'Ancienne Belgique, là où ils avaient plus l'habitude d'être dans le public que sur scène. Plus que le fait d'avoir gagné, c'était le fait de jouer devant le public bruxellois dans cette salle mythique qui était important pour eux. Le prix, qui était d'être aligné lors du festival étudiant Brussel Brost, était plus anecdotique pour eux. Une belle reconnaissance tout de même pour un groupe dont deux membres, Colin et David, ont appris la musique par eux-mêmes, aidés évidemment par les deux autres, qui ont eux eu une formation musicale.

Human Moon, le nouvel extrait du prochain EP

Inspirés par des groupes comme Radiohead, Queens Of The Stone Age, Metz ou encore Protomartyr, mais aussi par du hip hop, les Bruxellois produisent un rock assez sombre. "C'est rarement arrivé à Nelson d'écrire une chanson avec un côté plutôt heureux, c'est surtout très naturel pour nous, ça se fait spontanément. On est influencés par beaucoup de choses très différentes et aussi sombres, donc c'est peut-être pour ça qu'on a eu envie de choper là-dedans." Human Moon, ce n'est pas une histoire. Quand Nelson Breumer a écrit le morceau, il imaginait plus des images. "J'étais sur mon balcon, la nuit, et j'imaginais en fonction de ce que je voyais, notamment la lune. Ce n'est pas une histoire comme dans Odessa, mais plus soit des choses personnelles, soit des images visuelles. Ça évoque des idées, des sentiments. Pour Human Moon, c'est la musique que j'ai écrite qui m'a inspiré à écrire ces paroles."

Human Moon, c'est le second extrait de leur premier EP Aliyah. Cinq titres qu'ils se tardent de faire découvrir au grand public. "Ce sont des morceaux qu'on a enregistrés il y a un an, on les a gardés pour nous, et quand on le sort on a envie que tout le monde puisse l'écouter, et avec chaque morceau qu'on sort, on essaye qu'il y ait de plus en plus de gens qui entendent le nom de notre groupe et qui apprécient notre musique", commente David Temprano.

Tournage compliqué pour un clip réussi

Le clip met en scène une table au bout de laquelle est assise une mère de famille, immobile presque tout le long de la vidéo et voyant les différents personnages vivre leurs histoires, entremêlées par une série de zooms et de dézooms. Une vidéo très compliquée à tourner. "Les mecs de Farmboy ont eu l'idée de faire un plan séquence dans notre appartement de Neufchâtel et de filmer un repas où tout serait filmé en une prise avec les membres du groupe et d'autres acteurs", explique David Temprano. "On avait une caméra sur un rail, vingt personnes dans un petit appartement... On a fait plein de prises, parfois on s'arrêtait au bout de dix secondes mais parfois tu devais arrêter au bout de 4'30 parce qu'un mec a mis un bras dans le champ ou bien il reste une fourchette de l'autre scène. On a commencé à installer tout vers neuf heures du matin et on a eu terminé avec la bonne prise à deux heures du matin donc c'était intense, mais c'était cool, ça valait la peine."

Indépendant et sans booker, le groupe se démène pour trouver des dates et sera en concert le 20 mars prochain à Arras, le 21 mars au Dies Natalis Festival à Gand, le 26 mai à De Ressort à Geraardsbergen et le 28 juillet au festival Rockelingen à Enghien.

Le EP Aliyah devrait sortir dans le courant du mois de mars.

Guillaume Scheunders

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