Stan Getz Quintets - The Clef & Nogran Studio Albums

06/06/11 à 10:32 - Mise à jour à 10:32

JAZZ | Célèbre pour ses disques de bossa, Stan Getz fut l'un des saxophonistes majeurs de la seconde moitié du XXè, comme nous le rappelle ce luxueux coffret.

Stan Getz Quintets - The Clef & Nogran Studio Albums

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Assimilé aux musiciens West Coast, propagateur du style cool, Stan Getz, même s'il débuta comme nombre d'entre eux dans le big band de Woody Herman -dont il fut le fer de lance de la célèbre section de sax connue sous le nom de The Four Brothers, section incluant à ses côtés 3 autres ténors, Zoot Sims, Herbie Stewart (puis Al Cohn), et un baryton, Serge Chaloff-, est né à Philadelphie, et non sur la côte californienne, en 1927, sous le nom de Stanley Gayetzsky. Mais comme beaucoup de saxophonistes influencés par Lester Young, il a toujours possédé dans son jeu cette décontraction caractéristique d'un certain jazz blanc des années 50 qu'il mêlait à un phrasé bop. Ce coffret de 3 CD regroupe les sessions qu'il enregistra, entre 1952 et 1955, pour le producteur Norman Granz, et 2 de ses labels, Clef et Norgran Records, sessions qui sortirent sous forme de 45 tours et surtout de Ten Inch LP (sans oublier 4 titres en 78 tours) avant d'être repris un peu plus tard sur Verve sous forme de LP baptisés ou rebaptisés Stan Getz Plays, The Artistry Of Stan Getz, Stan Getz and the Cool Sounds, Interpretations By The Stan Getz Quintet auxquels s'ajoutent un inédit, quelques "alternate takes", plus 6 plages en quartette -malgré l'intitulé du coffret. On y croise, aux côtés d'un saxophoniste âgé de 25 ans en 1952 et au fil des différents albums, Bob Brookmeyer au trombone à pistons, Tony Fruscella à la trompette, Jimmy Raney à la guitare, Duke Jordan, John Williams, Jimmy Rowles au piano, Bill Crow, Bill Anthony, Teddy Kotick, Bob Whitlock à la contrebasse, Frank Isola, Al Levitt ou Max Roach à la batterie, interprétant un répertoire de standards (Stella by Starlight, Lover Come Back To Me, Body And Soul, How Deep Is The Ocean, Willow Weep For Me, etc.), de compositions de ses pairs (Hymn of The Orient de Gigi Gryce, Cool Mix, Rustic Hop, Minor Blues de Bob Brookmeyer, It Don't Mean A Thing de Duke Ellington -mais aucun titre de sa plume, lui qui déchiffrait difficilement les partitions.

Un rêve de son

La musique développée tout au long de ces plages, outre ses qualités intrinsèques (son lyrisme et son sens mélodique), aura une influence certaine (parallèlement au quintette sans piano de Gerry Mulligan) sur l'évolution des petits blancs de la côte Ouest (en particulier chez ses confrères saxophonistes déjà cités) mais aussi chez un Miles Davis (qui participa, ne l'oublions pas, à l'historique Birth Of The Cool en 1948), conduisant peu à peu ce dernier du hard bop des premiers quintettes (1955/56) à la musique très arrangée de Sketches of Spain ou laid-back du magistral Kind Of Blue (1959). Admiré par John Coltrane, qui rêva un temps de posséder sa sonorité, Stan "The Sound" Getz n'atteindra jamais la profondeur de Trane (sinon à la toute fin de sa vie et alors qu'il était rongé par la maladie) ni ne recherchera la beauté convulsive à la façon d'un Art Pepper -dont, par contre, il partagera les addictions (en plus de son goût pour l'alcool) comme l'héroïne, ce qui lui valut d'être arrêté 2 fois pour possession de substances prohibées (la seconde précédée d'une tentative de suicide) durant les 3 années où se déroulèrent ces sessions-, mais il fut un grand formaliste, un sculpteur de sons dont la sensualité nous parle aujourd'hui encore.

Philippe Elhem

Stan Getz Quintets, The Clef & Nogran Studio Albums, Hip-O-Select/Verve BOO14657-02 (Universal). *****

* À NOTER QUE C'EST LA PRISE LIVE DE FLAMINGO QUE REPREND LE 3E CD DU COFFRET. AFIN DE RÉPARER CETTE BÉVUE, LA VERSION STUDIO DEVRAIT ÊTRE PROPOSÉE PROCHAINEMENT EN TÉLÉCHARGEMENT (GRATUIT) PAR UNIVERSAL...

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