Sean Rowe, mi-corsaire, mi-hipster

13/06/17 à 14:51 - Mise à jour à 14:50
Du LeVif Focus du 09/06/17

New Lore est l'un des beaux disques de saison: Sean Rowe y balade son baryton profond en chansons fortes, bouclées chez le découvreur d'Elvis à Memphis.

Bossue et ligaturée, explosée par endroits. On n'a jamais vu pareille guitare accidentée toujours en fonction. La Takamine semi-acoustique de Sean (prononcez Shone), n'a que dix ans mais les excès ont dramatisé le vieillissement du bois de cèdre, creusant deux trous là où la main droite tape la rythmique. On imagine les caresses charnues subies par l'engin, rapiécé par du tape. "C'est la seule guitare que j'emmène en tournée avec moi dans cette virée européenne. Il n'y avait de toute façon pas beaucoup de place dans la bagnole. Et j'aime sa sonorité en creux, sa caisse sans chevilles qui évite de se blesser les mains." En cette bouillante fin mai, Rowe est sorti dans la rue face à la salle de concert du jour, l'Arenberg d'Anvers. Hormis l'instrument borgne, il y a la gueule: mi-corsaire mi-hipster, du poil abondant et un nez généreux qui semble faire avancer le reste du visage. On sort d'une heure de conversation où l'Américain de 1975 cause tout en changeant les cordes de son bébé, testant leur tension au fil des mots. Parfois, le duo intense des pupilles glisse sur les fils de métal, visiblement enamouré des futures promesses instrumentales. "J'avais ...

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