Rentrée musique: 12 sorties qu'on attend avec impatience (vidéos)

31/08/15 à 11:55 - Mise à jour à 12:11

Source: Focus

The Libertines, Keith Richards, Disclosure, New Order, Deerhunter... 12 gros morceaux qui feront les temps forts de la saison en musique.

Rentrée musique: 12 sorties qu'on attend avec impatience (vidéos)

The Libertines © DR

Deerhunter

Fading Frontier, chez 4AD. Sortie: 16/10.

Il y a quelques jours déboulait en guise de savoureuse mise en bouche le clip de Snakeskin. Le corps malade et maigrelet d'un Bradford Cox souriant et peroxydé, torse nu sous une salopette de peintre, jouant avec son chien et un crâne humain. Deux ans après le formidable Monomania, disque de garage nocturne au son cradingue, Deerhunter, en bon chasseur, dégainera son successeur à l'automne et aurait peut-être bien, encore une fois, changé son fusil d'épaule. Cerf cerf, ouvre-moi... (J.B.)

Keith Richards

Crosseyed Heart, chez Virgin EMI. Sortie: 18/09.

Marianne Faithfull dit adorer la voix de Keith Richards, fameuse depuis que le guitariste savonna sérieusement Happy sur l'Exile On Main Street des Stones. C'était il y a 43 ans: depuis, Keith ne s'est pas contenté de gondoler approximativement une paire de titres sur scène avec le groupe de Mr Jagger mais a bâti une éparse carrière solo via trois albums en 27 ans. Crosseyed Heart, annoncé par le single Trouble, se présente toujours comme un gumbo funkybluesyrocky guidé par le chant déraillé du désormais septuagénaire. Charme élusif inclus. (Ph.C.)

The Libertines

Anthems for Doomed Youth, chez Virgin EMI. Sortie: 04/09.

Qu'attendre après onze ans d'absence discographique du grand retour des Libertines? De ce groupe à l'histoire imbibée, droguée et mouvementée qui a incité une génération entière de kets anglais à croire à nouveau en le rock et en son électricité? Qu'attendre de ce troisième album dont les démos ont été enregistrées en Thaïlande à côté du centre de désintox de Pete Doherty et dont la production a été confiée à Jake Gosling, complice de One Direction et d'Ed Sheeran? C'est l'une des grandes inconnues de la rentrée. Son titre, Anthems for Doomed Youth (Hymnes à la jeunesse condamnée), fait référence à un poème écrit par Wilfred Owen (avec l'aide de Siegfried Sassoon) pendant la Première Guerre mondiale. The lads are back... (J.B.)

Disclosure

Caracal, chez Universal. Sortie: 25/09.

Caracal ou lynx du désert: félin largement répandu en Afrique et en Asie, vivant principalement la nuit. C'est également le titre du deuxième album de la fratrie dance anglaise, composée de Guy et Howard Lawrence. C'est peu dire que les deux frangins ont actuellement la cote. Après une série d'EP's et de remixes prometteurs, Settle confirmait leur vista en 2013 (les tubes Latch, White Noise). Dans la foulée, les gamins (le plus jeune des deux n'a toujours qu'à peine 20 ans) se sont même retrouvés à collaborer avec la reine Mary J Blige. Avec Caracal, et son lot d'invités (Gregory Porter, Lorde...) et autres habitués (Sam Smith), le duo affine un peu plus sa potion dance sans prétention, dopée à la UK House, et remède déclaré à l'EDM lourdingue. (L.H.)

Abd Al Malik & Laurent Garnier

Titre non communiqué, chez Pias. Sortie: 06/11.

C'est probablement la collaboration la plus improbable de la rentrée. D'un côté, le rappeur/slammeur/réalisateur/prêcheur Abd Al Malik. De l'autre, le "parrain de la French Touch", alias le taulier Laurent Garnier. Deux univers a priori éloignés? En fait, cela fait un moment que les deux se sont rapprochés, notamment à l'occasion du film du premier, Qu'Allah bénisse la France, dont la bande originale a été confiée en partie au second. L'association est aujourd'hui prolongée avec un véritable album. (L.H.)

Mercury Rev

The Light In You, chez Bella Union. Sortie: 18/09.

Pour la première fois de son histoire, le groupe des Catskills se prive d'une collaboration discographique avec le producteur Dave Fridmann, compagnon sonore depuis l'album inaugural sorti en 1991. Pas que cela change fondamentalement l'esthétique de Mercury Rev, désormais ramené au duo nucléaire Jonathan Donahue/Grasshopper: les onze morceaux tapent dans un multicouche rêveur sans limite onirique ou instrumentale. Quelque part entre Phil Spector gentil et BO de Walt Disney désinfantilisée. (Ph.C.)

New Order

Music Complete, chez Mute. Sortie: 25/09.

Ce dixième album de New Order n'est pas qu'une référence de plus dans la discographie du groupe (démarrée, pour rappel, en 1981). A bien des égards, Music Complete marque en effet un tournant. Plus de dix ans après leur dernier passage en studio (Lost Sirens en 2013 n'était constitué que de matériel d'archives), New Order est reparti au front, en retrouvant Gillian Gilbert, mais en se passant désormais de son bassiste historique, Peter Hook, officiellement fâché -ce qui a valu quelques noms d'oiseaux balancés de part et d'autre, par presse interposée. Marqué par un net retour aux synthés, Music Complete est également le premier disque de New Order à sortir sous le label Mute -association pour le coup des plus logiques avec une enseigne née quasi en même temps que le groupe. (L.H.)

Saint-Germain

St Germain, chez Warner. Sortie: 09/10.

Qui se souvient encore de Saint-Germain? Visiblement pas mal de monde. En deux temps, trois mouvements, le concert annoncé à l'Ancienne Belgique en novembre prochain a affiché complet. Un bon indice pour saisir la popularité, visiblement intacte, du projet de Ludovic Navarre, héros discret, voire effacé, de la French Touch, disparu de la circulation depuis une quinzaine d'années (l'album Tourist en 2000, et son classique Rose Rouge). Navarre sort aujourd'hui de son silence avec un disque qui va piocher dans les musiques africaines l'inspiration qui lui avait manqué jusque-là. (L.H.)

Lou Doillon

Lay Low, chez Universal. Sortie: 09/10.

Fin 2012, l'album Places montrait, contre toute attente cynique, que la fille de Jane Birkin et Jacques Doillon avait bien une voix et des sensations à placer dans des chansons loureediennes joliment orchestrées par Etienne Daho. Deux cent mille exemplaires plus tard, sur foi d'un single sans surprise mis en teaser -Lay Low-, la suite des aventures mélancoliques de la jeune femme s'annonce interrogative. A l'image de sa collaboration de l'hiver dernier avec Timber Timbre dans l'environnement glacé de Montréal. (Ph.C.)

Beirut

No No No, chez 4AD. Sortie: 11/09.

Ce n'est pas le titre le plus optimiste de l'été mais Zach Condon va mieux. Merci pour lui. Après avoir beaucoup douté, souffert de problèmes de santé et avoir buté sur le syndrome de la page blanche, jusqu'à se demander s'il était fait pour ce métier, monsieur Beirut a retrouvé la foi en Turquie dans la famille de sa nouvelle dulcinée. Neuf chansons sans révolution pour raconter un corps qui lâche, une santé mentale fragile et la redécouverte de l'amour. (J.B.)

David Gilmour

Rattle That Lock, chez Sony. Sortie: 18/09.

Le nouveau solo de Gilmour ne pourra pas être pire que le Floyd indigne sorti fin 2014: il y a peut-être des limites à la décence. Et l'ex-playboy (certains disent micheton) de la Côte d'Azur fin sixties n'est pas homme à trop baisser la garde. Même si le premier extrait du disque, la plage titulaire, utilise comme improbable gimmick le jingle sonore du Thalys, l'énervant tam-ta-dam... Sur un texte de sa compagne et collaboratrice Polly Samson, d'ailleurs largement présente ici. Un message pour dire que l'aventure cosmique continue? (Ph.C.)

Dans le Focus spécial rentrée du 28 août, retrouvez également nos interviews de Lianne La Havas, Foals et Lonnie Holley.

Retour en salle

Côté live, la rentrée est fixée au 10 septembre. Ce jour-là, Sufjan Stevens viendra présenter son sublime Carrie & Lowell, assurément l'un des disques de 2015. Cela se passera à Bozar et c'est archi-sold out. On appelle ça un événement. Il y en aura quelques-uns cet automne. Une série de gloires planétaires passeront par le Sportpaleis anversois: après avoir vécu chacun une sortie d'album calamiteuse, U2 (les 13 et 14/10) et Madonna (le 28/11) tenteront de regagner quelques points sur scène. Au même endroit, la stadium pop de Florence + The Machine devrait être comme un poisson dans l'eau (le 09/12). Les pimpins de Major Lazer ont choisi eux le Palais 12 pour mettre le brin, tandis que Forest National accueillera Garbage, qui viendra rejouer son album fétiche Queer (le 05/11). La salle forestoise tient bon, restant une étape particulière pour un groupe belge comme Balthazar (le 07/11). Pour rester dans du belgo-belge, Ghinzu effectuera son grand retour lors du festival des Libertés (les 23 et 24/10). Autre festival à tenir à l'oeil: l'Autumn Falls et son lot de sensations indie (du 20/10 au 17/12, Beach House, Girl Band...). Côté français, le concert des Innocents (le 01/11, au Bota) est complet, mais pas celui de Bertrand Belin (le 28/11). Dans un autre genre, le rappeur Nekfeu a blindé l'AB (le 05/11), et rempile donc pour un Forest (le 29/03). Une fois n'est pas coutume, on conclut avec une paire jazz, à la fois novateur et fidèle aux essentiels du genre: Snarky Puppy (le 14/10) et Kamasi Washington (le 16/11), tous les deux à l'AB... (L.H.)

Nos partenaires