Pukkelpop J2: La pop à toutes les sauces

22/08/15 à 10:04 - Mise à jour à 09:54

Le fun total de Franz Ferdinand et Sparks, l'envoûtement de Courtney Barnett, la leçon pop de Mini Mansions, et les Liégeois d'It It Anita bien cachés. Quelques highlights d'une journée un peu maigre par ailleurs.

Pukkelpop J2: La pop à toutes les sauces

FFS (Franz Ferdinand & Sparks) © Olivier Bourgi

Un festival dans le festival. Il fallait le savoir, même en épluchant consciencieusement le programme, que les Liégeois de It It Anita jouaient à Kiewit ce vendredi. Et pour cause: s'ils étaient bien à l'affiche, c'était au milieu de la Baraque Futur, cet enclos de fraicheur green/bobo/renouvelable au sein du festival mastodonte. Entre deux tagueurs, une gigantesque statue d'ovni steampunk et des insectes qui proposent des "orgasmes verts", le groupe noise-punk pose ses riffs très Sonic Youth dans une indifférence malheureusement assez générale: il est effectivement encore très tôt et le festival très clairsemé. On assistera pourtant à quelques moments de pure anthologie WTF, notamment le (très bon) morceau NPR assorti de danseuses fluo venues arroser les plantes sur scène, ou encore ce final sur un accord pour lequel l'un des deux guitaristes a généreusement refilé sa gratte à un ket anonyme dans le public. Il n'en revient toujours pas...

Un peu plus tard, sous la Marquee, Mini Mansions nous donnera une bonne leçon de pop épurée et néanmoins couillue. Emmené par Michael Schuman, le bassiste de QOTSA recyclé ici en batteur/chanteur/guitariste, le trio puise tant chez les Beatles qu'Elliott Smith et les Beach Boys: Brian Wilson fait d'ailleurs partie des invités de marque de leur deuxième album. On pourrait aisément qualifier le cocktail de lunaire: très à propos, la pochette de The Great Pretenders ne représente d'ailleurs pas moins que ces fameux enregistrements envoyés dans l'espace par la NASA dans les 70 à destination d'autres formes de vies potentielles. Puisant majoritairement leur set dans ce nouvel album, les Californiens feront notamment mouche avec le robotique Mirror Mountain, même si le sommet du concert sera indéniablement Monk, single parfait qui nous les avait fait découvrir à l'époque où ils auraient dû se produire à l'édition... 2011 du Pukkelpop.

On s'attendait à se faire caresser dans le bon sens du poil par la très 90's Courtney Barnett dont on chérit tout particulièrement le deuxième album au titre ironique Sometimes I Sit and Think, and Sometimes I Just Sit. Mais l'Australienne a fait bien mieux que ça en donnant sans doute le meilleur concert de la journée, bien que la concurrence soit rude. En bonne girl next door, Courtney affiche sa coolitude, des pompes au t-shirt Modern Lovers, prend des poses à la Cobain, maltraite sa Telecaster et aligne les pépites pop qui font marcher la machine à nostalgie. Give me all your money and I'll make some origami honey...

Collaborations don't work. C'est avec du second degré à la (très) grosse louche que FFS, soit Franz Ferdinand et Sparks réunis, ont annoncé leur projet aussi inattendu qu'évident. Sur scène, les six musiciens ne manquent pas d'humour, tout comme d'énergie qu'ils déversent avec une générosité sans pareil. À la setlist, on retrouve autant de morceaux de FFS que des deux groupes respectifs, et le mélange est aussi hétéroclite qu'étonnamment judicieux: outre les nouveaux morceaux particulièrement immédiats, la foule reprendra immédiatement en choeur l'hymne de festival Take Me Out. Et tout le concert durant, Ron Mael affichera son look de banquier allemand 50's à l'impassibilité à toute épreuve. Sauf quand, bonheur, il quitte son clavier un instant, dénoue sa cravate et joue les danseurs désarticulés au sourire narquois. Fun, fun, fun.

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